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20 février 2005 | Imprimer cette page

Lula se décide à protéger la forêt amazonienne

par N. Wihlm

Le président brésilien vient d’ordonner la création d’un parc naturel et d’une réserve écologique pour tenter de freiner la dévastation de la forêt amazonienne. Une mesure réclamée depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans par des dizaines d’ONG locales et
internationales.

Il aura fallu l’assassinat, le 12 février 2005, d’une
missionnaire d’origine américaine, Dorothy Strang, par des pistoleiros à la solde d’exploitants forestiers, suivi de trois autres meurtres en une semaine, pour que le Président se décide à agir.
Cinq millions d’hectares au total ont été placés sous protection fédérale. Par ailleurs, huit millions d’hectares, l’équivalent de la forêt guyanaise française, font l’objet de l’interdiction de toute nouvelle activité pour une période de six mois.

Gabriel Domingos dos Santos, vice-président du Syndicat des travailleurs ruraux d’Anapu, explique comment un groupe d’exploitants forestiers a changé de camp : « Ils ont compris que la forêt préservée était plus utile que la forêt dévastée. Ils nous ont donné 600 000 boutures de cèdre, d’acajou, de cacao notamment, pour la replanter. » Mais le syndicaliste n’est pas très
optimiste pour la suite. « Au moment de l’assassinat, la presse débarque, le gouvernement se mobilise, l’armée arrive. Mais après, on retombe dans l’oubli. »

Si le Brésil dispose d’un impressionnant arsenal juridique de protection de sa biodiversité, le pays peine à contrôler les activités dans ses forêts.

Par Denis DELBECQ (avec AFP)
samedi 19 février 2005
Source : Libération