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19 décembre 2004 | Imprimer cette page

SIDA en AFRIQUE : les chiffres qui font peur

par El Ghassem Ould Ahmedou

Le 1er Décembre 2004, journée mondiale de mobilisation contre la pandémie du VIH/SIDA est une occasion spécialement triste pour le continent africain...
Plus précisément pour l’Afrique subsaharienne dont la population ne fait que 10% de la population mondiale et qui, en dépit de cela, compte 25 Millions de malades du Sida sur un effectif mondial de 37 Million pour l’année 2004. Les détails d’un tel palmarès invitent à retenir la respiration...

Le 1er Décembre 2004, journée mondiale de mobilisation contre la pandémie du VIH/SIDA, a été une grande occasion pour les pays africains de mener un certain nombre de manifestations en vue de sensibiliser les citoyens sur la réalité du danger.
Autorités, Membres de la société civile et Institutions Internationales en sont venus à constater la triste évolution des choses .
Le 4ème Rapport d’ONUSIDA, publié en 2004 confirme la tendance rouge de l’évolution de la pandémie en Afrique.


- 37.8 Millions de personnes infectées dont 4.8 Millions au titre de l’année 2004

- Plus de 20 Millions de morts du SIDA depuis 1981, dont 2.9 Millions en 2004-12-18

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(Source Rapport ONUSIDA, 2004)

Le poids de cette maladie est nettement plus important en Afrique Subsaharienne que partout ailleurs dans le monde.

-  25 Millions de personnes infectées se trouvent en Afrique subsaharienne sur un total de 33.4Millions en 2003

-  pour la seule année 2003 on estime qu’il y a eu 3 Millions de nouveaux cas dans la région et 2.2 Millions de décès

-  Les 21 pays présentant les taux de prévalence les plus élevés sont situés en Afrique.

-  Au Botswana et au Zimbabwe, un adulte sur quatre est infecté.

-  Dans au moins 10 autres pays africains, les taux de prévalence dépassent les 10%.

-  Dans neuf pays africains affichant une prévalence de 10% au moins chez les adultes,
l’espérance de vie moyenne devrait reculer à un peu plus de 47 ans à l’horizon 2015 (Banque mondiale 1999).

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(Source Rapport ONUSIDA,2004)


Un aspect particulièrement dévastateur de cette pandémie est qu’elle touche habituellement les personnes dans leurs années les plus productives :

-  Un taux de mortalité de 3% de la tranche d’âge entre 20 et 30 ans -dans laquelle les taux d’infection sont les plus élevés se traduit par le décès de la moitié de cette tranche d’âge dans un délai de 14 années.

-  Dans lespays les plus touchés, le VIH/SIDA annihile les années d’investissements dans l’éducation et dans la formation en créant des pénuries de personnel qualifié dans le secteur moderne et en alourdissant le budget de la santé déjà surchargé

-  Au Botswana, où le taux de prévalence parmi les adultes est proche de 25%, l’épidémie pourrait réduire à néant des années d’impressionnante croissance économique en créant de graves pénuries de main-d’œuvre

-  Plus de 30% des enseignants au Malawi et en Zambie sont infectés. En 1996, la Zambie a annoncé le décès de plus de 600 professeurs ; en 1999, ce chiffre avait plus que doublé. Le nombre de décès de professeurs des suites d’affections liées au SIDA excède désormais le nombre d’enseignants en formation dans les écoles du pays. De même, le personnel académique des universités décède à un rythme effrayant.

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(Source Rapport ONUSIDA,2004)


L’infection survient chez les femmes à un âge plus jeune que chez les hommes et l’écart du taux d’infection entre femmes et hommes continue à grandir. Au début de l’épidémie en Afrique subsaharienne, il y avait beaucoup plus d’hommes infectés que de femmes mais aujourd’hui on compte environ 13 femmes infectées pour 10 hommes infectés- le ratio étant de 12 femmes infectées pour 10 hommes infectés en 2002. La différence entre les niveaux d’infection est plus prononcée dans les zones urbaines avec 14 femmes infectées pour 10 hommes que dans les zones rurales où on compte 12 femmes infectées pour 10 hommes...