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7 janvier 2005 | Imprimer cette page

"Stop Killer Coke" relance l’activisme contre Coca Cola

par N. Wihlm

Depuis 2001, le groupe Coca Cola a fait l’objet de plusieurs plaintes contre ses pratiques sociales et environnementales en Inde et en Colombie.

En Inde, l’ONG India Resource Center dénonce les pratiques environnementales du groupe : utilisation importante d’eau diminuant les ressources locales, pollution du sol et des eaux de nappes phréatiques et présence de pesticides dans les produits indiens à un niveau 30 fois supérieur aux standards européens ou américains. Publiés en juillet 2003 par l’ONG CSE, les résultats de tests se sont avérés accablants. Le poids moyen total de pesticides était de 0,0180 mg/l (36 fois la norme de l’UE) pour les marques PepsiCo, et de 0,0150 mg/l (30 fois la norme) pour Coca-Cola. Les deux entreprises avaient immédiatement réfuté ces accusations. Le 3 novembre dernier, une décision de justice demandait à Coca et Pepsi de faire figurer sur les étiquettes le taux de pesticides présents dans leurs produits.

En Colombie, on accuse Coca Cola de violences contre les syndicalistes depuis 2001. Le syndicat colombien Sinaltrainal a déposé en Floride une plainte affirmant que des escadrons de la mort paramilitaires, agissant pour le groupe, ont commis des assassinats, des séquestrations et des tortures contre les membres du syndicat. Le 31 mars 2003, le syndicat a obtenu une victoire partielle, le juge fédéral ayant accepté de poursuivre les firmes colombiennes qui travaillent pour Coca Cola, mais pas la multinationale elle-même.

Aux Etats-Unis, la campagne « Stop Killer Coke » relance la mobilisation contre le groupe, tandis que l’activiste actionnarial Max Keiser, ancien trader de Wall Street converti à la RSE, vient de créer un fond spéculatif contre la multinationale. Objectif affiché : faire plonger le titre en bourse.

La campagne actuelle contre le groupe commence à porter ses fruits. L’Université de New York vient de décider d’arrêter de distribuer des produits de la marque Coca-Cola. Un boycott qui pourrait prendre de l’ampleur dans les mois à venir.

Pour en savoir plus, voir l’article de Véronique Smée :
Mis en ligne sur Novethic le 05/01/2005