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2 décembre 2004 | Imprimer cette page

Sida : un combat contre l’ignorance et les préjugés

par N. Wihlm

La journée mondiale contre le sida s’est ouverte mercredi 1er décembre 2004 sur des promesses de lutte contre l’ignorance et les préjugés concernant une maladie qui a d’abord été présentée par beaucoup comme un mal occidental limité aux toxicomanes, homosexuels et prostituées.

LES FEMMES AU CENTRE DE LA CAMPAGNE

"Le monde ne peut plus se permettre d’ignorer l’énormité de l’épidémie de sida", a déclaré à Pékin, Antonio Costa, directeur délégué du bureau de l’Onu pour la lutte contre les drogues et la criminalité. "Il est temps de riposter à une fléau meurtrier qui est transmis par l’usage de drogues et par la sexualité mais aussi par l’ignorance et les dénégations."
A travers le monde, militants et autorités devaient marquer la journée par une série de manifestations conçues pour attirer l’attention sur la maladie et les efforts à multiplier en vue de son éradication.

A Ahmedabad (Inde), des volontaires travaillant avec des malades du sida ont annoncé qu’ils distribueraient des rubans rouges confectionnés par des femmes séropositives afin d’éveiller la population aux risques de cette maladie.
"Les femmes seront au centre de la campagne cette année. Si elles sont éduquées et prémunies contre la contamination, cela réduit le risque dans une famille", a expliqué Laxman Malodia.
L’Inde compte plus de 5,1 millions de personnes contaminées, ce qui la place au deuxième rang mondial après l’Afrique du Sud.

Lors d’un office organisé à la cathédrale du Cap pour briser le tabou du sida, le chef zoulou Mangosuthu Buthelezi, qui a perdu deux de ses enfants terrassés par cette maladie, a déclaré : "Le sida est en train de décimer nos populations, de déchirer nos familles et de déraciner nos communautés".

Au Botswana, le président Festus Mogae, dont le pays compte la plus forte proportion de séropositifs au monde, a déclaré qu’il fallait désormais s’abstenir de relations sexuelles non protégées ou mourir.
Le Botswana ne peut, avec ses seuls moyens, maintenir en vie un nombre croissant de patients. Il dépend d’un financement extérieur, a expliqué le président dans une interview à la BBC. "Ce n’est pas supportable à long terme si rien ne se passe. Nous devons dire des choses comme ’s’abstenir ou mourir’", a déclaré Mogae, ajoutant que le taux de prévalence dans son pays s’établissait à 37%.

Le sida frappe des zones rurales dans des pays comme le Cambodge, où femmes et jeunes filles sont très touchées. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, où l’on fait état de nombreux viols et d’un système de polygamie favorisant la propagation de la maladie, on juge probable que le nombre de cas se situe entre un million et 1,5 million vers 2015-2020 contre 67.000 environ à l’heure actuelle, perspective littéralement catastrophique.

Par contraste, en Thaïlande, une campagne de sensibilisation massive menée depuis les années 1990 passe pour avoir réduit le nombre d’infections par le VIH. Mais au Vietnam, où sont signalés environ 85.000 cas d’infection par le virus, le ministre de la Santé Tran Thi Trung a noté que la situation restait préoccupante.

Reuters - Lindsay Beck - 1er décembre 2004