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30 novembre 2004 | Imprimer cette page

L’occident et le tiers-monde sous le signe de la mode éthique à Paris

dimanche 21 novembre 2004

PARIS (AFP) - Créateurs et professionnels de la mode du tiers-monde et de l’occident avaient rendez-vous ce week-end à Paris pour la première édition de "Ethical Fashion show", destinée à montrer une mode à la fois tendance et soucieuse des conditions sociales et environnementales de fabrication.

"La mode éthique met le monde occidental en relation avec des influences et des ressources des pays en voie de développement, ce qui donne aux gens dans ces pays une opportunité de mener des vies décentes", explique l’organisatrice française de l’événement Isabelle Quéhé.
"Je pense que des gens qui aiment les beaux vêtements seront contents de savoir que le fait d’acheter ces produits naturels en soie et coton nourrit des villages entiers en Inde et au Sénégal, au lieu d’augmenter les bénéfices des grosses sociétés par l’achat des vêtement faits par des enfants de 12 ans dans des petits ateliers et des usines", explique-t-elle.

Le fils de la créatrice Oumou Sy, originaire du Sénégal, montre des ceintures et des bracelets en cuivre fabriqués par des Touaregs et des Peuls au pays.
Sakina M’sa, originaire des Comores dans l’Océan Indien, utilise du coton pour faire des vêtements en Inde avec de la broderie faite main. "Je connais personnellement les collectivités familiales qui fabriquent ces vêtements", dit-elle. "Je sais qu’ils n’envoient pas leurs enfants au travail".
Eric Raisina montre des écharpes et des chemises en soie très fine aux couleurs mates et non-occidentales. Il est né à Madagascar et travaille au Cambodge. "J’emploie 15 personnes, seulement des adultes. Elles travaillent et vivent dans le confort", explique-t-il.

L’association mode et développement durable est très récente. "Au premier regard, le développement durable, qui mélange l’environnement, les produits naturels, des salaires équitables et la justice sociale, n’a rien à voir avec la mode", explique Guillaume Sainteny, professeur d’économie à Sciences Po. "Mais de plus en plus, les grosses sociétés doivent répondre non seulement à leurs actionnaires, mais aussi à leurs +stakeholders+, ceux qui fournissent le matériel brut, qui fabriquent les pièces, et puis les clients qui achètent les produits finaux", ajoute-t-il.

Les entreprises sont jugées de plus en plus sur leurs rapports avec la société en général, ce qui implique le respect des travailleurs et de l’environnement, rappelle-t-il.

Selon l’universitaire français, un changement majeur s’est produit en 1996 à l’époque où Nike était accusé d’utiliser des enfants de 10 à 12 ans pour fabriquer des ballons de football au Pakistan et des chaussures de sports en Indonésie.
Des boycottages organisés sur des campus américains ont fait baisser les actions de Nike en Bourse. Des entreprises multinationales ont par la suite établi des cellules sur le développement durable au sein de leurs propres structures pour regarder de près l’environnement et le travail équitable.