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4 décembre 2004 | Imprimer cette page

LE COMMERCE AU TOGO : FAUT IL UN MINI OMC ?

par Kouma Laurent Dekalikan

Depuis bientôt 05 ans, de nombreux produits allant des tissus pagnes, des habits en passant par les montres les bracelets, les jouets, les gadgets, l’électroménager, les téléphones portables jusqu’aux motos (Dubaï), ont envahi le marché togolais.
Une véritable bataille non déclarée s’est alors engagée entre les nouveaux importateurs principalement les chinois et les traditionnels Nana Benz pour les tissus pagnes, les béninois pour les motos mate 50 (usagers) et autres nigérians et togolais ayant le quasi monopôle de l’importation des produits de première nécessité.

Au niveau des tissus pagnes :
L’importation de ce produit est détenu depuis bientôt 30 ans par les fameuses Nana Benz, commerçantes revendeuses de pagnes fabriqués en Hollande et appelés « wax hollandais ».
Mais aujourd’hui, leurs produits sont imités presque parfaitement, notamment au niveau des motifs, du coloriage et de l’étiquetage, massivement déversés sur le marché togolais. Ces pagnes contrefaits sont fabriqués en Chine et ce sont souvent des commerçantes togolaises en connivence avec les chinois qui disposent de licences d’importation. Le consommateur est dans l’impossibilité de faire une distinction entre le vrai wax hollandais et le faux.
Frappés par une situation socio économique qui perdure, le choix devenait plus facile à faire pour le consommateur surtout entre la qualité et le prix. Alors qu’une demi-pièce originale coûte 30.000F cfa (environ 60 $), la demi-pièce de la version falsifiée est vendue à 8.000 FCFA ( environ 16$).
Cette descente des commerçants chinois sur les marchés togolais fait le bonheur des moins nantis et les sans emploi qu’ils engagent et leur payent mieux par rapport au fonctionnaire moyen. Les femmes qui font du détail tirent leur compte en faisant de belles affaires quotidiennes.
Pour les motos, le togolais peut cette fois ci rouler à moto à moindre coût et une moto toute neuve. Les fameuses mate 50 (usagers) sont vendues à 700.000 FCFA (environ 1400$) et il faut 3 années d’économie pour le togolais fonctionnaire pour l’obtenir ; alors que les motos neuves (Dubaï) : importées par les marques ACCESS, LEOPARD, SANILI, EXCEL etc…, sont sur le marché au prix de 350.000 FCFA (environ 700$) soit la moitié du prix des vieilles mate 50, avec une garantie d’entretien de 06 mois.
Les téléphones portables de différentes marques sont vendues à des prix défiant toute concurrence, les appareils électroménagers accessibles à toutes les bourses.
Les uns se plaignent de cette ouverture du marché togolais au moment où cela fait le bonheur des autres. Où est alors l’Etat dans tout ceci ? L’association togolaise des consommateurs regarde tout cela avec bonheur. Il va sans dire que le rôle d’arbitre que doit jouer le ministère du commerce doit se faire jour ; mais doit il piétiner ses intérêts ou laisser cour au désordre économique s’instaurer ?
Faudra-t-il penser à un mini OMC pour les commerçants au Togo ? En tout cas l’intérêt économique de la Nation doit être préservé et le bien être social des populations doit faire la une des priorités du pays.
Aidez nous à résoudre ce dilemme pour la satisfaction de tous.