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2 novembre 2004 | Imprimer cette page

La Bretagne, nouveau territoire sans OGM

La Bretagne, nouveau territoire sans OGM

Le Conseil Régional de Bretagne a adopté une délibération pour interdire la culture d’OGM sur son territoire. Elle rejoint ainsi les quatorze autres régions françaises " sans OGM ". Une décision qui s’inscrit dans la campagne menée actuellement par l’association des régions d’Europe et les Amis de la Terre.

Non seulement la région a interdit les cultures d’OGM en plein champ, mais elle entend diminuer également les importations et la commercialisation des OGM, notamment pour l’alimentation animale. "C’est une initiative de première importance, quand on sait que la Bretagne produit, par exemple, 60 à 70% des poulets et porcs français, animaux dont la ration alimentaire comprend près de 25 % de soja susceptible d’être OGM. Nous espérons que les producteurs bretons saisiront cette opportunité afin de promouvoir une alimentation animale non OGM et de faire des émules dans toute la France" a déclaré Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM pour Greenpeace France. "C’est en effet par le biais de l’alimentation animale que les OGM pénètrent en masse dans la chaîne alimentaire, à l’insu de tous puisque la réglementation sur l’étiquetage des OGM ne concerne pas les produits d’animaux nourris aux OGM, (comme la viande, le lait, les oeufs, etc."

La région a par ailleurs engagé la création d’une filière non OGM avec l’Etat du Parranà, territoire du sud Brésilien producteur de soja non OGM. Cet accord prévoit des échanges commerciaux de soja entre le port de Paranaguá, principal port céréalier du Brésil, et plusieurs ports français en Bretagne et Pays de Loire.
Cette initiative bretonne fait écho à la campagne menée actuellement au plan européen par l’Assemblée des régions d’Europe et les Amis de la Terre, réclamant " des zones et régions sans OGM". Objectif : obtenir la mise en place d’une réglementation communautaire contraignante sur la coexistence entre les cultures traditionnelles et les cultures OGM afin d’éviter toute contamination.

Actuellement, cette décision relève en effet des Etats membres, mais seul le Danemark a légiféré pour protéger les exploitants traditionnels en cas de contamination. Depuis 1999, près de 2000 collectivités locales et régionales en Europe se sont ainsi déclaré "zones sans OGM". Elles demandent l’application du principe pollueur-payeur et la définition de distances minimum de séparation entre cultures traditionnelles et transgéniques.

Véronique Smée