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11 septembre 2004 | Imprimer cette page

Aedev au Togo

par Kouma Laurent Dekalikan

Aussitôt confirmés dans nos nouvelles attributions de correspondant permanent de AEDEV au Togo nous nous sommes mis à la tâche.
Notre première mission a consisté à répertorier toutes les associations qui sont en relation avec AEDEV.
Une correspondance leur fut adressée afin d’obtenir des rendez-vous de prise de contact.
Les réactions ne se sont pas fait attendre ; ainsi une programmation de sortie pour les rencontrer chacune à son siège fut élaborée.
La première chose pour nous était de nous présenter pour mettre en confiance les responsables auxquels nous aurons à faire face, ceci avant d’aller à l’essentiel.


AEDEV AU TOGO

Etat des lieux avec les Associations partenaires.
Stratégies et perspectives d’avenir.

(Par Kouma Laurent DEKALIKAN- Correspondant Permanent de Aedev au TOGO)

De nos jours, tout développement durable reste lié à l’usage des TIC comme véritable outil dans les échanges de connaissances et de compétences.

Dans la vie associative, il est d’autant plus important en raison de cette nécessité qu’il y a pour elles de partager leur savoir faire dans un partenariat basé sur une communication plus rapide et l’appropriation des connaissances.

Les associations au Togo, partenaires de AEDEV , ont adhéré à cette philosophie pour développer un réel partenariat qui a connu ses débuts par la mise sur pied de plusieurs actions dont la création des sites Internet pour leur promotion .Aujourd’hui, le moment est plus que venu de connaître l’impact de la création du site Internet pour ces organisations et c’est ce qui fait l ’objet de notre enquête de terrain auprès de ces associations.

Ces dernières années, des centres informatiques et Internet ont poussé au Togo comme des champignons, au même titre que les associations. Cette coexistence n’a pas pu être profitable pour les associations. Les raisons sont simples. Certains de ces centres ont trouvé dans cet outil l’ultime moyen de se faire fortune en proposant des services et des formations aux publics souvent au delà de leur possibilité financière. Les attentes n’ont pas été à la hauteur des espérances car ces centres disparaissent un à un en raison des obstacles majeurs à un meilleur accès à l’Internet, notamment le manque d’infrastructures, les coûts de connexion, l’insuffisance des ordinateurs et leur maintenance, les coupures de courant et la mauvaise gestion des recettes.
C’est alors là certaines des difficultés d’accès aux TIC pour ces associations

Dans le cas précis des associations partenaires de AEDEV au Togo, un espoir est enfin permis car le constat suivant est unanime. Disposer d’un site Internet comme service rendu par Aedev est un véritable atout. Les responsables en tirent profit en raison de leur connaissance par les volontaires et stagiaires qui les identifient et passent des moments d’été dans l’organisation des camps chantiers. Un des témoignages d’un responsable d’association notamment JVSM depuis son camp chantier à l’intérieur du pays, nous confirme : « Vraiment Aedev nous a fait et continue de nous faire du bien. » Chaque association accueille des expatriés et organise dans les communes et villes de l’intérieur ces camps chantiers qui leur procurent des retombées économiques suite aux frais de participation compris entre 135 et 180 Euros. Cela est demeuré leur unique préoccupation car au delà des intérêts économiques, se tissent de petites relations qui se caractérisent par l’achat et la revente des objets d’arts.

Leur seconde préoccupation reste l’actualisation des sites pour présenter d’une façon annuelle leurs résultats et susciter de nouveau l’intérêt d’autres campeurs. Les autres objectifs de développement qu’elles se sont fixés sont laissés de côté pour simple ignorance.

D’une manière générale, plusieurs n’ont pas un PC dans leur bureau et beaucoup passent leur temps dans les cybercafés les uns pour écrire ou répondre à des e-mails, ou en quête de partenaires. Mais disons sans hésiter que la plupart méconnaissent l’usage des TIC, surtout dans leur mise au service du développement.

Tenez : plus de 2 ou 3 responsables nous ont posé la question de savoir pourquoi accède-t-on à l’Internet ?
Partout il nous faut chanter le refrain suivant :

« On se connecte à l’Internet pour accéder aux informations les plus récentes sur divers sujets (la santé, le développement etc), pour épargner du temps et de l’argent contrairement aux communications classiques, échanger des idées avec d’autres, accéder à des formations en ligne et à des sources de financement, soutenir le partenariat, la coopération, la mise en réseau, le partage d’expériences et l’acquisition des connaissances » .

Cela a suscité un grand intérêt chez tous. Ils optent pour une formation en ligne (campus numériques) et celui sur place des responsables dans l’usage des TIC, notamment par l’initiation aux courriers électroniques, Internet, la mise en place de réseaux de développement d’initiatives démocratiques, de développement institutionnel des associations. Aussi il est possible de croire que la plupart des responsables soient prêts pour : utiliser les TIC pour le développement, rester connectés pour se tenir au courant des sujets importants pour leur travail et pour eux-mêmes.
Ils viennent enfin de se rendre compte de cette nécessité et de l’application qu’on peut en faire , au delà de ces habituels camps chantiers.
En définitive plus d’une dizaine d’associations ont déjà pris l’engagement de s’unir dans un réseau associatif des partenaires de AEDEV au Togo, lequel sera jeté sur les fonds baptismaux dans un proche avenir.

Pour répondre à toutes ces inquiétudes, tous s’accordent à demander la création d’un centre Informatique et Internet où nous allons nous retrouver pour échanger, nous former, élaborer en commun des projets, rechercher des partenaires par le biais de Aedev, et la faire connaître à d’autres associations ; bref nous ouvrir pour le bien être de tous et de chacun.

Les villes, les communes de l’intérieur du pays et les collectivités locales qui abritent les camps chantiers pourront aussi être nos prochaines cibles car elles ont le vif désir de se faire connaître ailleurs à travers les sites web pour entretenir des partenariats sur le plan touristique et de développement communautaire.
Nous avons entre autre mission de faire comprendre aux acteurs de développement que sont ces responsables d’association que : « On peut avoir l’information sans développement mais on ne peut pas avoir de développement sans information et sans les moyens de communiquer ».

Nous voyons l’ampleur de la tâche qui nous attend et le rôle d’animateur que nous devons jouer pour insuffler un nouveau dynamisme à ce réseau, nous alignant sur les objectifs de développement qui caractérisent notre partenariat avec Aedev, le tout dans le cadre d’un plan de travail validé par le Président.

N’exagérons pas pour autant car certains responsables d’associations partenaires ou non de Aedev, ont une partielle maîtrise de l’outil informatique et Internet.
Cela se matérialise d’une part par la présence d’un PC dans leur bureau mais pas connecté.
D’autre part ils sont les véritables clients des détenteurs de cybercafés, y passent plusieurs heures en fouillant les principaux sites de recherche que sont google.fr, voila.fr, yahoo.fr, excite.fr etc, en quête d’appel à proposition de projet. Là encore c’est des confusions car les recherches sont mal orientées.
On se plaint de ne pas trouver de financement et c’est parfois en raison de la mauvaise présentation des projets. L’amateurisme et le système D les caractérisent assez. Il faudrait à moyen terme s’orienter vers un professionnalisme qui passe nécessairement par les formations, les séminaires, les échanges d’expériences et l’appropriation ou le transfert du savoir faire dont celui de AEDEV.
Disons sans autres formes de procès que certaines associations ont tout simplement disparu, et que d’autres (minoritaires) sont animées d’un égoïsme, les obligeant à ne point s’ouvrir à d’autres associations sœurs ; ce qui ne répond pas pour autant à l’éthique même du monde des NTIC. Mais dans l’ensemble, plusieurs ont maintenu le cap et nombreuses sont celles qui s’annoncent encore.

La tâche est ardue mais très noble ! Au travail.