Accueil : Le développement durable : Histoire et Culture Africaine :

31 mai 2003 | Imprimer cette page

Le Griot

par Stéphane Siramy

Il réconciliait le peuple et le souverain à chaque occasion en enseignant à ce dernier que chaque couche de la Société habite le cœur du chef étant donné qu’il est le père et l’espoir de tous. Le griot est celui qui s’incline au pied du chef pour solliciter le bonheur du peuple.

Cheik Oumar Camara (Historien, journaliste à la RTG Radio télévision Guinéenne) : « Aujourd’hui le griot a perdu beaucoup de son rôle dans la société africaine. Avant il était témoin des règnes ; avocat, procureur, réconciliateur du peuple avec son roi, c’était la voix du peuple et le conseillé de la cour royale. L’administration aujourd’hui remplace beaucoup de ses fonctions. Le griot a d’autres rôles, car les lois sont écrites par les conseillers du président qui sont des intellectuels. Cependant le message du griot passe quand cela ne va pas dans le pays, il compose une chanson pour informer le peuple et le roi. Puisqu’en Guinée principalement les griots ne chantent pas pour rien, je ne parle pas des artistes qui foisonnent chez les marchands de disques, ceci pour avoir du pain. Ils sont artistes sans être griot, ils s’éloignent du message du griot. »

Les vrais griots sont ceux qui sont prêts à donner des conseils très sages au roi ou à travers des chansons, des proverbes et des contes. S’il ne peut pas porter le message personnellement et s’adresser directement au chef président, il compose une chanson très populaire qui sera chantée partout jusqu’à atteindre l’oreille du chef, et qu’il fût compris que cette chanson lui est adressée. Voilà le rôle diminué du griot dans notre Société contemporaine.

Il y a une différence entre faire de la musique et du griotisme. Les chansons des griots sont dirigées, orientées principalement vers un chef, c’est le message du peuple, de la sagesse vers la classe dirigeante. Djelitomba, cercle des hommes de la parole, vrais griots aujourd’hui organisés en société. Ils ont joué un rôle important dans l’opposition entre Malinkés et Sussus. Ils ont apaisé, calmé l’agitation en rappelant l’histoire, les racines. C’est grâce à eux que le feu n’a pas pris, n’a pas grossi.

Kalifala Kante actuellement chante la paix afin que les chefs d’états arrêtent de nourrir la guerre. Il dit « une minute de guerre est un siècle de perte », il le démontre. Les coeurs échauffés allaient s’allumer mais grâce à ses chansons le calme revient sinon la Guinée serait toujours sous tension.

Salik Keita est un des plus grand griot, dans tout ce qu’il a dit, il y avait un message pour l’humanité et qui pénètre. Pourtant il n’est pas griot, il est de la descendance de Soundjata Keita, c’est un prince et c’est pourtant devenu un grand homme de la parole mais comme sa vocation est un message utile pour toute la communauté Noire alors on le laisse faire.

Momo Wandel Soumah : « Le griot a un rôle dans la vie quotidienne, rôle profane, les mariages...

Le griot est celui qui relate la vie d’un roi, d’un peuple, mais cela se perd ; car en 200 ans on perd la vérité.

Si on raconte vraiment l’histoire de l’Afrique, il y a des gens qui vont baisser la tête. Pour nous, il y a des choses qui sont cachées pour faire plaisir à un Soumah, un Keita, un Bongoura, mais la vraie histoire on ne la connaît pas.

Les griots en général sont des quémandeurs, ils chantaient dans la cour du roi, ils étaient là pour encourager les guerriers, quand le roi était fâché, ils leur chantaient des choses.

Les griots aujourd’hui ce ne sont que des quémandeurs, ils viennent chez toi pour te chanter des louanges et tu donnes l’argent et ils partent. Mais les vrais griots c’est l’histoire mais ne l’ont il pas tronquée ? ».