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24 septembre 2002 | Imprimer cette page

A Alexandrie, le Sommet pour l’Emploi des Jeunes lance une Décennie d’Action

Le sommet mondial de l’Emploi des Jeunes vient de se tenir à Alexandrie en présence de plus de 1800 délégués venus du monde entier. Ensemble, ils se sont attaqués à des sujets aussi divers que le chômage des jeunes, la culture entreprenariale, le SIDA ou le « micro crédit » (lire le document explicitant les bases de la problématique - format PDF). Ce sommet jette les bases pour une Décennie d’Action « afin que 500 million jeunes adultes, en particulier la jeunesse au cœur de la pauvreté, puisse jouir de moyens d’existence productifs et durables d’ici l’an 2012 ».

Notre correspondant au Burundi, Eddy Rubakana, a assisté à ce sommet et fait maintenant partie de « l’Alliance Globale pour l’Emploi des Jeunes ». Vous pouvez lire également son rapport de mission. Eddy est à votre disposition pour tout renseignement complémentaire : eddy@aedev.org.

Vous trouverez ci-dessous la déclaration finale du sommet. (Vous pouvez également consulter la version originale en anglais)


Nous les participants du premier Sommet pour l’Emploi des Jeunes (YES 2002 – Youth Employment Summit), réunis à la a Bibliotheca Alexandrina, à Alexandrie en Egypte, affirmons notre engagement profond à une campagne globale longue d’une décennie pour la création de centaines de millions d’opportunités nouvelles pour des moyens d’existences durables pour la jeunesse du monde entier. Un changement d’optique concernant l’emploi est nécessaire. La qualité des emplois créés est aussi importante que leur quantité. Les plus pauvres, ceux vivant avec moins d’un dollar par jour, ne peuvent être enfermés dans une vie de privation. Nous devons passer d’emplois sans qualification à des emplois qualifiés, d’emplois mal rémunérés à des emplois bien payés, d’emplois publics subventionnés à des emplois productifs durables.

Nous reconnaissons que ces buts ne peuvent être atteint uniquement si tous les acteurs s’accordent sur des sujets cruciaux tels que paix, commerce équitable, accès aux marchés mondiaux, transfert de technologies, gestion des flux de capitaux ou encore éviction de la pauvreté. Ceci nécessitera un redoublement d’efforts de la part de la communauté internationale, et les donateurs doivent suivre leurs engagements et accorder une attention toute particulière aux projets concernant l’emploi des jeunes. La convergence des synergies entre différentes initiatives concernant l’emploi des jeunes bénéficiera à la jeunesse.

Alors que les gouvernements nationaux ont la responsabilité toute particulière concernant l’éradication de la pauvreté et la création des cadres politiques nécessaires, nous reconnaissons que toutes les parties de la société doivent collaborer pour donner à la jeunesse le pouvoir de devenir les artisans de leur propre futur.

A ces fins, nous nous engageons à soutenir des actions vitales dans chacun des secteurs suivants :

- Employabilité : afin d’assurer l’accès à l’ensemble des jeunes à une éducation et une formation adéquates, suivis d’un support adapté lors de la transition vers le monde du travail, quels que soient leur lieu de naissance ou leur milieu d’origine. Il n’est pas possible de confronter les défis de demain avec les qualifications d’hier. Les institutions éducatives doivent montrer une imagination et une vision sans précédent, utilisant des outils novateurs pour une époque nouvelle. Elles doivent transmettre des qualifications utiles sur le marché du travail, mettre l’accent sur l’estime de soi et former une vue de l’esprit qui accueille la nouveauté à bras ouverts, s’ouvre sur autrui, et s’élève vers de nouveaux défis.

- Création d’emplois : Adopter des politiques qui encourageront une croissance économique dirigée par l’emploi, réduire l’inégalité de l’accès aux capitaux et semer les fondations de structures institutionnelles qui puissent donner les avantages de la taille à des micro entreprises, à la fois sur le plan de la production et du marketing. Le secteur privé a une responsabilité majeure dans le soutien de micro entreprises et de jeunes créateurs de leur emploi à travers des mécanismes tels que la franchisation, la sous-traitance ou l’option de rachat.

- L’équité : Fournir des opportunités égales à tous afin que chacun puisse développer son potentiel propre. L’éducation, la santé et la nutrition sont des droits fondamentaux pour tous. Une attention spécifique doit être apportée aux besoins des handicapés, des ruraux et de manière plus générales, des marginaux, et particulièrement les jeunes femmes, que ce soit lors de l’éducation ou de l’entrée dans le monde du travail, car elles souffrent dans de nombreux endroits dans le monde de barrières discriminatoires. Aucune société n’a jamais vraiment progressée en se privant des talents et capacités de la moitié de sa population.

- Entreprenariat : Engendrer la créativité particulière de jeunes entrepreneurs, qui voient des opportunités sociales et économiques là où d’autres ne voient que des problèmes. Les entrepreneurs, qu’ils travaillent sur le marché du village ou le marché mondial, sont les visionnaires qui génère des moyens de subsistance pour eux-mêmes et leurs proches. Il nous faut encourager, nourrir et soutenir leur quête de nouveauté et de défis.

- Environnement durable : Chercher des opportunités d’emploi durables basées sur la nécessité de faire attention à l’eau, la terre, l’énergie, l’atmosphère, la biodiversité et la gestion de l’écosystème. Ce serait un manque de prévoyance de détruire notre environnement dans une quête d’emplois éphémères.

- Nouvelles technologies : Utiliser les opportunités nouvelles de la révolution des technologies de l’information et de la communication (TIC) afin d’inclure les exclus et atteindre les inatteignables en termes de connaissances et de qualifications. L’ensemble des montages institutionnels, du crédit au marketing en passant par la connectivité et le contenu, doit être structuré de telle manière que la jeunesse puisse s’en servir dans leur quête de moyen de subsistance.

Nous reconnaissons que les solutions à ces problèmes doivent originer des pays et jeunes eux-mêmes et être sensibles au contexte économique et socioculturel local. Mais chacun peut apprendre des expériences d’autrui et tirer une force individuelle de notre but commun. Par conséquent, les campagnes nationales des Réseaux Nationaux YES (YES Country Networks) doivent s’inscrire dans une campagne globale qui permettra de partager connaissances et expériences. La Base de Connaissance Globale (Global Knowledge Resource) de la campagne devrait aider à faire des meilleurs pratiques de certains les pratiques habituelles de la majorité.

Le coût de l’inaction sur le sujet de l’emploi des jeunes est trop élevé pour y rester insensible. Nous devons agir dès à présent pour que débute la création de ce futur meilleur. Nous agirons maintenant ainsi que dans le future.

Les buts à atteindre donnent l’inspiration, mais la tâche est énorme. A ceux qui demandent, est-ce possible ? Nous répondons, à l’unisson avec les organisations et réseaux de jeunes qui mèneront cette campagne, OUI [1] !

Nous pouvons le faire. Nous devons le faire. Nous allons le faire.


Pour plus d’informations sur le sommet et notamment pour lire les très intéressantes publications, visitez le site officiel du Sommet pour l’Emploi des Jeunes.


[1En anglais YES, acronyme du sommet (Youth Employment Summit).