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4 août 2015 | Imprimer cette page

Les nombreuses dimensions du fossé numérique de l’Afrique.

par auriant-thauvin

Avec le Sommet africain d’Internet en cours, le continent attend toujours une révolution qui pourrait être critique pour les opportunités économiques fournies.

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Docteur Nii Narku Quaynor de Ghana, qui a été mentionné comme le « père de l’Internet » en Afrique . Photo : la société Internet /PR.

L’accès à Internet est essentiel pour débloquer l’avenir de l’Afrique et permettre une ouverture aux opportunités économiques et sociales que ce réseau mondial de réseaux peut apporter. Alors qu’il y a eu une croissance vigoureuse de l’usage d’Internet à travers le continent depuis quelques années et que l’adoption continue de grimper, l’Afrique trône sur la « corne » de la révolution Internet et il reste beaucoup de travail à faire.

Avec Tunis en toile de fond, l’avenir d’Internet en Afrique sera mis sur le devant de la scène en 2015, au Sommet africain d’Internet, où les ministres, les politiciens, les participants du monde des affaires,les représentants de la société civile et ceux qui développent les nouvelles se réuniront pour parler des principaux problèmes de développement liés à Internet, auxquels l’Afrique fait face aujourd’hui. Ils parleront également de la façon dont les différents pays, à travers le continent, abordent ce fossé numérique.
Le Rwanda a longtemps reconnu la valeur de l’aide qu’Internet apportait pour transformer son économie agraire et à faible revenu, en une autre, qui soit à la fois basée sur des connaissances et à revenu intermédiaire. Mais, le gouvernement, ayant mis en oeuvre les mesures standard, avec des résultats significatifs, comprend à quel point la manière de combler le fossé numérique est un véritable défi multidimensionnel. Se concentrer sur le développement d’une infrastructure pour accéder à Internet n’est pas suffisant, il est également important de construire une capacité à promouvoir, à développer et héberger du contenu local.

En 2000, le gouvernement a dégagé son champ de vision pour 2020 avec le premier de quatre plans d’Infrastructure de Communication nationale de L’information (NICI). Comme l’un de ses premiers éléments, le gouvernement a libéralisé les télécommunications dès 2001, une action qui a eu beaucoup de succès jusqu’à présent, conduisant à trois opérateurs de téléphonie mobile avec des réseaux mobiles 2 / 3 / 4G avec une couverture pour l’accès à 98% de la population.

Non content d’en rester là, le gouvernement a également ouvert la voie aux infrastructures, comme un moyen de réduire les coûts. En tant que pays enclavé, le gouvernement a négocié avec des pays voisins pour acheter la capacité Internet internationale en gros et transmettre des remises aux fournisseurs d’accès Internet locaux. Pour faire avancer les coûts inférieurs, le gouvernement a aidé à établir un point d’échange Internet en 2009, afin de conserver la circulation locale à l’intérieur du pays. Enfin, le gouvernement a aidé à mettre en place une vente en gros d’avant-garde réseau mobile 4G.
Alors que cela a permis la chute des prix et des coûts ainsi que l’augmentation de l’usage d’Internet, selon les statistiques du régulateur TIC du Rwanda, seulement 25 % de la population était en ligne à partir de décembre 2014. Un chiffre élevé quant à ses pairs, mais pas assez pour satisfaire les buts ambitieux du gouvernement.
Au Rwanda, les chiffres illustrent un changement dans la conception du fossé numérique. Tandis qu’à un certain point, et toujours dans certaines régions, le fossé numérique était défini par un manque de disponibilité, aujourd’hui, presque toute la population du Rwanda a accès au haut débit mobile 3G. Pourtant moins de 10% des gens ont adopté les services.

Bien sûr, être disponible n’est pas suffisant pour les services. Ils doivent aussi être abordables. Là encore, le Rwanda a fait de grands progrès, bien qu’il y ait encore clairement du travail à faire. Dans son Index d’Accessibilité, publié récemment, l’Alliance pour l’Internet abordable (A4AI), a classé le Rwanda en dixième place dans tous les domaines, et d’abord parmi tous les pays en voie de développement. Cela indique que le coût du haut débit en tant que pourcentage du revenu mensuel moyen est toujours plus haut que l’indice de référence de 5% fixé par la Commission Haut Débit de l’ONU.
Néanmoins, des données d’enquête dans beaucoup de pays révèlent que les gens qui n’utilisent pas Internet citent un manque d’intérêt, plutôt que l’accessibilité, comme raison pour ne pas aller en ligne. Cela suggère un manque de sensibilisation à Internet, dans certains cas,mais plus important, un manque de justification convaincante lié à la disponibilité de contenu local qui conduit les utilisateurs en ligne.

Le ministère rwandais de la Jeunesse et des TIC a récemment travaillé avec la société Internet (dont Michael Kende et Karen Rose sont les représentants) sur un projet qui se concentre sur l’amélioration du contenu local. Le projet est basé sur une observation : le contenu local existe dans beaucoup de pays, incluant le Rwanda, mais il est souvent hébergé à l’étranger, dans des centres de données « low-cost » en Europe ou aux Etats-Unis. Comme l’accès au contenu local hébergé à l’étranger est cher, cela a pour effet de diminuer le marché local, et l’expérience des utilisateurs qui en résulte est faible en raison des retards de livraison au Rwanda.
Les preuves montrent que lorsque le contenu est hébergé localement et qu’il y a une diminution des retards, l’utilisation augmente. Le gouvernement du Rwanda a développé un contenu pour accroître la demande, et exige qu’il soit hébergé localement. De plus en plus, le contenu international, tels que des vidéos YouTube, sont aussi disponibles localement. Inciter l’hébergement de contenu donne des alternatives locales pour les fournisseurs de contenu, tout en rendant l’internet plus attractif pour davantage de citoyens. I y a encore une autre étape dans la création d’un écosystème Internet local prospère, pour aider à atteindre les objectifs économiques et sociaux du Rwanda et d’autres pays.

Le fossé numérique n’est pas un gouffre qui peut être facilement ponté. Bien sûr, l’accès à Internet est critique, mais il doit être abordable. Localement, le contenu pertinent est également perçu comme de plus en plus critique, mais encore une fois cela ne suffit pas pour promouvoir l’intérêt s’il n’est pas disponible à un coût abordable et efficace.

S’il était facile d’éliminer le fossé numérique, cela aurait été fait depuis longtemps. A la place, cela exige une approche « multi-facette » avec un soutien clair et concerté du gouvernement, ainsi qu’une vue clair que le résultat final est essentiel pour fournir des opportunités économiques et de l’inclusion sociale pour tous les citoyens de chaque pays.

L’Honorable Jean Philbert Nsengimana est le ministre de la Jeunesse et des TIC au Rwanda. Michael Kende est l’économiste en chef de la société Internet. Karen Rose est la directrice-en-chef du bureau de stratégie et de recherche de la société Internet.

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