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9 juin 2013 | Imprimer cette page

Pourquoi le mouvement « Shale Gas Outrage » a investi les rues de Philadelphie

par Rivery

Des manifestants venant des « zones sacrifiées » par le gaz de schiste et de collectivités en amont et en aval défilent contre un congrès industriel, et exigent à un moratoire visant à « stop fracking now ».

(NDT : Peut être traduit par « Arrêtons la fracturation hydraulique dès maintenant », un slogan ayant donné son nom à une pétition.)

Philadelphie, Pennsylvanie – Des habitants des quatre coins de la Pennsylvanie et des régions concernées par l’exploitation du schiste dans les états voisins de New-York, de l’Ohio, de la Virginie occidentale et au-delà, ainsi que de nos voisins au sud le Maryland et le Delaware, se sont rejoints afin de protester contre le congrès industriel de la Marcellus Shale Coalition dans le centre de Philadelphie aujourd’hui, et appellent à l’unisson à « Stop Fracking Now » .

Mené par Protecting Our Waters et soutenu par plus de 45 organismes, le mouvement Shale Gas Outrage s’est rassemblé de midi à 14h à l’extérieur du centre des congrès sur Arch Street, appelant à un moratoire sur le développement du gaz de schiste où qu’il ait lieu. Parmi les orateurs figuraient Josh Fox, Bill McKibben, Maya van Rossum, Sandra Steingraber, Stephen Cleghorn, Stewart Acuff, Wes Gillingham, John Scorsone, Wenonah Hauter, Doug Shields, et des représentants des Pennsylvaniens affectés par l’extraction et le développement du gaz –Tammy Manning et sa petite-fille, du Comté de Susquehanna ; Carol French et Carolyn Knapp, agricultrices dans le Comté de Bradford ; Craig Stevens du Comté de Susquehanna ; Mary Rodriguez, infirmière dans le Comté de Luzerne ; et Kevin Heatley, un écologiste du Comté de Lyoming. Des musiciens ont également participé à cette journée : Rhetta Morgan, chanteuse de Philadelphie ; Spiritchild, de Brooklyn ; le compositeur-interprète Zach Freidhof et le guitariste pennsylvanien Freebo.

Ce rassemblement, très animé, a été suivi d’une marche tumultueuse dans les rues de Philadelphie. Les manifestants se sont arrêtés à quatre reprises pour transmettre le message de « Stop Fracking Now ». Au quartier général de la campagne du Président Barack Obama, les manifestants ont réclamé que « plus une seule goutte » ne soit retirée de la rivière Susquehanna pour la fracturation hydraulique ; le Président Obama vote dans les Commissions des bassins fluviaux du Delaware et de la Susquehanna par l’intermédiaire du Corps des ingénieurs de l’armée [1]. Les manifestants ont également affronté la PNC Bank (très investie dans le développement du gaz de schiste et dans les mines à déplacement de sommet), le bureau du Gouverneur Tom Corbett (pour un moratoire dans tout l’état et pour mettre un terme à la pollution qui touche nos communautés et notre environnement), et la chambre de commerce de Pennsylvanie (qui s’est opposée à la régulation des émissions de gaz à effet de serre et promeut agressivement les exportations de gaz de schiste à l’étranger).

À 17h aujourd’hui, une Bénédiction des Eaux (Blessing of the Waters), un événement interreligieux, aura lieu à l’église méthodiste d’Arch Street, au croisement de Broad et d’Arch Streets à Philadelphie.

« Comme l’ont montré aujourd’hui les personnes affectées par l’eau souillée, l’air pollué et la menace de leur moyens de subsistance, les forages de gaz de schiste sont polluant en soit. Les familles ne devraient pas être obligées de vivre avec de tels dangers et conséquences sur la santé. Le meilleur moyen d’endiguer le déplacement des familles, la dégradation des écosystèmes et le fiasco climatique est d’arrêter la fracturation hydraulique dès maintenant, et de retirer notre soutien aux méthodes extrêmes d’extraction de combustible fossile. Nous prenons la position moralement responsable par nécessité, puisque notre gouvernement fait la sourde oreille face à ces questions d’intérêt vital, » a déclaré Iris Marie Bloom, directrice exécutive de Protecting Our Waters et principale organisatrice du mouvement Shale Gas Outrage.

Le programme du rassemblement de Shale Gas Outrage a mis en avant les difficultés et les souffrances auxquelles les personnes et les collectivités font face dans le pays du schiste.

Un large éventail de citoyens – dont des orateurs issus de milieux religieux et ouvriers, des biologistes, des spécialistes du climat et de l’énergie, et des personnes venues de leur propre initiative – se sont réunis pour faire une déclaration conjointe et claire, afin de résoudre les problèmes effroyables auxquels fait face la population des « zones sacrifiées » : la pollution et les dégradations entraînées par le développement du gaz de schiste, notamment par le forage, la fracturation hydraulique, les infrastructures et toutes les opérations en relation avec l’exploitation du gaz. Cette déclaration du mouvement Shale Gas Outrage et des participants au rassemblement d’aujourd’hui propose une solution efficace et réalisable, et parfaitement logique lorsque l’on tient réellement compte des faits : « Stop Fracking Now » en établissant un moratoire sur l’extraction du gaz de schiste.

Le vendredi 21 septembre, les participants assisteront à une conférence sur les conséquences sur la santé au Collège de Médecine de Philadelphie, situé au 19. S. 22nd St à Philadelphie, Pennsylvanie. Shale Gas Outrage y projettera de 13h à 14h les vidéos « Gas Rush » de Kirsi Jansa au Friends Center, suivi par des ateliers sur les stratégies à adopter. Une action directe non violente est également programmée pour vendredi matin.

Shale Gas Outrage : www.shalegasoutrage.org

Contacts : Iris Marie Bloom, Protecting Our Waters, 215-840-6489 protectingourwaters@gmail.com

Tracy Carluccio, Delaware Riverkeeper Network, 215-692-2329 tracy@delawareriverkeeper.org


[1Le Corps des ingénieurs de l’armée des États-Unis est une institution de génie civil dépendant du département de la Défense et rattaché a l’Armée de terre des États-Unis. Sa mission est comparable à celle des ponts et chaussées en France.