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5 février 2013 | Imprimer cette page

Le centre de ressources Kenyan utilise les Technologies de l’information et la communication pour rassembler et partager des informations sur l’agriculture.

par Eberschweiler

Dans la région ouest du Kenya, un centre de ressources adapte ses services d’informations aux besoins de la communauté. Les TIC jouent un rôle majeur dans le rassemblement et le partage d’information.
Fondé en 1988 et enregistré en tant qu’ONG en 2004, Ugunja Community Resource Centre (UCRC) sert la région Siaya et les comtés voisins de l’ouest kenyan. L’UCRC est une organisation populaire, agissant comme une plateforme d’informations pour les communautés locales sur les questions liées à l’agriculture, la préservation de l’environnement, les droits de l’homme et des questions sensibles.

A travers la connexion 3G, le centre offre un accès à internet aux gens vivant dans les communautés voisines. La connexion est fiable et fournit un débit suffisant à l’équipe de l’UCRC pour mener à bien leur travail et permet aux clients de surfer sur le web.

L’UCRC organise des cours d’alphabétisation numérique basés sur le programme Unlimited Potential de la société Microsoft. Ces cours sont majoritairement suivis par des femmes et des jeunes de la région. L’UCRC a aussi une bibliothèque traditionnelle qui abrite une bonne diversité d’ouvrages, mais particulièrement centrés sur le thème de l’agriculture.
Toutes les activités du centre et des services d’information sont initiées et développées selon les besoins des gens vivant dans la région. La popularité grandissante des téléphones mobiles ces dernières années pousse désormais l’équipe à assister les gens pour tout ce qui touche aux transferts monétaire par téléphone, accéder à des informations liées au marché de l’agriculture via sms, transmettre des expériences et connecter les agriculteurs avec des partenaires potentiels pour le transport, traitement et commercialisation de leurs produits.

L’UCRC avait déjà utilisé FRONTLINE SMS – logiciel gratuit pour l’envoi multiple de SMS- au cours d’un programme d’éducation destiné aux personnes atteintes du sida. Les formateurs du centre utilisent la même procédure pour permettre aux agriculteurs d’apprendre des techniques agricoles par SMS.

Ces dernières années, la région a subit un déficit de précipitation qui a mené à de maigres récoltes. La qualité des sols au Siaya a été sévèrement impactée par une exploitation acharnée des terres et de mauvaises pratiques agricoles pendant des années. Les recherches effectuées par le centre mondial d’agroforesterie (ICRAF) dans le district en 1998 a établit que les sols de la région de Siaya manquent de nitrogène et de phosphore, substances nutritives importantes requises pour la croissance des plantes et les bonnes récoltes.

De nombreux agriculteurs manquent d’argent pour acheter les engrais minéraux requis pour améliorer la productivité des sols et des récoltes. Ils ont aussi besoin de plus d’informations et de savoir-faire pour augmenter leurs récoltes en utilisant des techniques agricoles biologiques.

RENOUVELER

Pour atténuer ces problèmes, l’UCRC promeut des technologies agricoles et des cultures pouvant survivre même avec peu d’humidité comme le sorgo, la patate douce et le manioc. Les agriculteurs sont encouragés à planter des arbres de valeur comme les bananiers, ananas, fruits de la passion et mangue dans les projets à venir.

Ces initiatives font parties du projet « agriculture durable » du centre, qui existe depuis 1988. Le programme travaille principalement en vue de renforcer les capacités et les possibilités des agriculteurs pour les aider à faire face au changement climatique.

L’UCRC a développé un certain nombre de stratégies pour s’assurer que même les agriculteurs les plus éloignés puissent participer à ces programmes. L’UCRC fournit des services d’accompagnement : un personnel de terrain rend visite aux agriculteurs et leur donne des conseils. D’autre part, sont établis des groupes communautaires au sein desquels l’organisation donne des cours, à la requête des agriculteurs. Les autres formations et ateliers fournis sont basés sur une évaluation des besoins des agriculteurs et des ressources disponibles.

Le centre organise également des démonstrations à la ferme, et teste de nouvelles techniques agricoles. Durant ces occasions, le centre travaille avec des institutions de recherche, incluant le Kenya Agricultural Research Institute (KARI) et le Kenya Forestry Research Institute (KEFRI), comme un moyen de connecter les agriculteurs et les chercheurs.
Ainsi, les agriculteurs sont formés aux techniques de documentation et d’archivage (Farmer-led documentation : FLD) et enregistrent leur progrès et innovations. Les agriculteurs ont appris à utiliser des appareils photos, enregistreurs audio, caméras, à dessiner et rédiger des rapports afin de saisir et stocker des données. L’équipe de l’UCRC travaille avec les agriculteurs et offre un support technique au cours de visites régulières dans les fermes.

DISTRIBUTION

L’information collectée est partagée lors des rassemblements de communautés, durant lesquels les fermiers présentent leurs documents en montrant leurs photographies, en récitant leurs rapports, ou même à travers des chansons et des activités pédagogiques participatives. Les membres discutent alors des informations, essayent de trouver des solutions aux problèmes et envisagent des méthodes pour s’assurer que les leçons apprises seront appliquées par la communauté d’agriculteurs dans son ensemble.

L’UCRC utilise également les centres communautaires d’apprentissages et de ressources (CLRC). Ce sont des unités plus petites mises en place dans les villages où des groupes de personnes peuvent partager les informations sur les nouvelles techniques agricoles. Ces centres n’ont généralement pas les mêmes équipements TIC que le centre principal, ils ont cependant des bibliothèques avec tout les appareils pour imprimer. Pendant les visites, les membres de l’équipe de l’UCRC prennent leurs ordinateurs pour partager des présentations numériques ou vidéo avec eux. Beaucoup d’entre elles peuvent aussi être visionnées et copier dans les téléphones mobiles.

Les visiteurs du centre communautaire peuvent poser des questions, et si celles-ci ne trouvent pas de réponse, elles sont notées dans un formulaire spécifique suivi par l’UCRC ou une de ces extensions, pour être traitée et résolue. Le processus est le même pour le service des questions/réponses.

Pour s’assurer que les compétences acquises à travers les formations et les autres activités vont continuer à être appliquées et partagées sur le long terme, l’UCRC a formé des « maîtres fermiers » qui servent de mentors et de formateurs dans leur région respective. Des groupes d’agriculteurs ont aussi été formés aux méthodes organisationnelles et à une variété de techniques de management, incluant des sujets comme la dynamique des groupes (structures, particularités, résolutions de conflits,…).

Traduit de l’article de Cleopa Otieno, www.kenyatelecentres.org, par Eberschweiler Clémence