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1er août 2010 | Imprimer cette page

Equipements informatiques et électroniques - Plus de 20.000 tonnes de déchets enregistrées au sénégal

par Denis Rakotonoera

Des chercheurs du Bénin, du Mali et du Sénégal prennent part à un atelier de gestion et de valorisation des déchets des équipements électroniques et informatiques. Ils ont dénoncé l’absence de politique de valorisation de ces déchets.

« Une mauvaise organisation du système de recyclage des déchets issus des équipements électroniques, informatiques ». C’est la principale conclusion d’une étude sur les déchets des équipements électroniques et informatiques menée, en 2008, par la cellule Seneclic de la présidence de la République.

Cheikh Gassama, coordinateur de cette enquête de déplorer : « les récupérateurs chargés de faire le recyclage de ces déchets le font, de manière sauvage ; ce qui provoque la pollution de l’environnement et une menace sur la santé des populations ».

Selon lui, l’étude a montré que, plus de 20.000 tonnes de déchets générés par des équipements électroniques et informatiques de seconde main entrent au Sénégal, sans aucun contrôle. D’après M. Gassama, « la douane, qui est chargée de faire ce contrôle, ne fait pas de distinction entre les matériels informatiques neufs et ceux de seconde main », a-t-il expliqué.

Pour une bonne gestion de ces déchets électroniques et informatiques générés par les équipements informatiques et électroniques, Cheikh Gassama a proposé la mise en place, à Dakar, d’une unité de recyclage.

Cette proposition a été faite lors de l’atelier régional sur la gestion et valorisation des équipements électroniques et informatiques en Afrique de l’Ouest.

Ouverte hier, à Dakar, cette rencontre regroupe trois pays que sont le Bénin, le Mali et le Sénégal.

« Le chef de l’Etat nous a donné son feu vert pour la réalisation de cette unité dont la somme est estimée à 700.000 euros (environ 458,5 millions de FCfa », a informé M. Gassama.

L’unité permettra de préserver l’environnement, mais aussi et surtout de générer des emplois, parce que tous les récupérateurs vont y travailler.

En attendant sa réalisation, les chercheurs ont déploré le manque de politique de gestion et de valorisation de ces déchets. D’après Cheikh Diop, enseignant chercheur à l’Institut des sciences de l’environnement (Ise), il n’y a aucune politique d’élimination des déchets d’équipements électroniques et informatiques au Sénégal.

Aujourd’hui, les populations, qui cohabitent avec ces déchets, courent des risques d’attraper des maladies cancéreuses. Pour prévenir ces pathologies, l’enseignant chercheur a proposé la mise en place des dispositions législatives réglementant le recyclage de ces déchets pour une meilleure prévention de l’environnement.

Abondant dans le même sens, le Pr Bienvenu Sambou, directeur de l’Institut des sciences de l’environnement, a invité les autorités africaines à anticiper dans la mise en place de ce cadre législatif qui permettrait de réduire le flux des équipements de seconde main. Il a aussi plaidé pour une valorisation des déchets générés, parce que contenant des métaux précieux, mais dangereux pour la santé des populations. Il a précisé que ces déchets nécessitent un traitement particulier, parce qu’étant mélangés avec des déchets ménagers qui peuvent affecter la santé des populations.

Pour Mbagnick Socé de Seneclic, si le Sénégal reçoit beaucoup de matériels informatiques de seconde main, cela s’explique, en grande partie, au fait que l’Etat s’est engagé à améliorer l’accès aux Tic, afin de réduire la fracture numérique. C’est ainsi qu’il a initié 1.500 enseignants et 3.600 élèves à l’accès à l’ordinateur et à Internet.

« Mais, avec cette unité de recyclage, les appareils informatiques et électroniques de seconde main ne pourront plus polluer notre environnement », a assuré Mbagnick Socé.

(Source : Le Soleil)