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21 mai 2010 | Imprimer cette page

Synthèse "One Laptop for each child"

par Marine Bourrier

« One Laptop Per Child » (OLPC) est une association à but non lucratif créée en 2005 par Nicolas Negroponte, un pionnier d’internet. Cette organisation a pour mission de fournir un ordinateur portable à chaque enfant en primaire dans les pays en voie de développement. L’objectif principal est de promouvoir l’éducation dans ces pays. Selon cette organisation, les ordinateurs sont un bon moyen d’améliorer l’éducation des enfants qui vivent dans la pauvreté car ils permettent aux enfants d’avoir accès au savoir d’où qu’ils soient. Grâce à cet accès au savoir, les conditions de vie dans ces pays vont pouvoir commencer à changer.
Le projet est financé par de nombreux partenariats conclus entre l’association et des entreprises (Windows, Linux…) mais également par des dons que chacun peut faire. Le projet se réalise par des partenariats avec d’autres organisations qui souhaitent aider l’OLPC à distribuer les ordinateurs portables aux enfants dans les pays en voie de développement.
L’idée de départ du fondateur de l’organisation était de fournir des ordinateurs portables à 100 $ mais cela n’a pas pu se réaliser car les ordinateurs coûtaient beaucoup plus cher. Ils sont actuellement vendus à environ 200 $.

Ce projet semble plutôt concluant car plus d’un million d’enfants ont déjà bénéficié de ce programme dans plus de 10 pays.
Dans les pays, on constate que certains enseignants contre ce programme ont finalement changé d’avis. De plus, ce programme s’avère être une réussite puisque dans certains pays comme en Uruguay, des enseignants voient ce programme comme une révolution. Les enseignants y ont tous été formés et le montant total de ce projet représente moins de 5% du budget de l’éducation du pays.
A Rafah, ville dans le sud de la bande de Gaza, malgré un accès difficile puisque l’Egypte et l’Israël y maintiennent un blocus depuis 2007 et empêchent les aides humanitaires de rentrer sur le territoire, 2100 ordinateurs sur les 500 000 prévus d’ici 2012 viennent d’être distribués.

Le principal obstacle à ce programme est l’argent car il est difficile de trouver les fonds nécessaires pour financer les ordinateurs. De plus, l’ordinateur n’est pas le seul financement nécessaire à ce projet puisque il faut que les enseignants soient formés sur les ordinateurs afin qu’ils puissent apprendre aux enfants. Et cette formation représente également un coût important. Il faut également des personnes compétentes en informatique pour la maintenance, par exemple. Ensuite, il faut payer un accès à internet.

Les résultats de ce programme sont très positifs car de plus en plus d’enfants sont désormais scolarisés dans ces pays en voie de développement et, ces enfants s’ouvrent au monde extérieur ce qui constitue un grand pas pour l’amélioration des conditions de vie dans ces pays.
Grâce à ce programme, les autorités vont faire tout leur possible pour que les écoles restent connectées notamment dans les zones rurales où beaucoup n’ont toujours pas internet. Jusqu’à maintenant, les ordinateurs n’ayant été distribués qu’aux enfants du primaire, certains pays comme l’Uruguay, envisagent également d’étendre ce programme aux enfants scolarisés au collège.
Depuis novembre 2007, l’organisation « One Laptop Per Child » a lancé un nouveau programme grâce à un partenariat avec le détaillant en ligne Amazon. Ce programme s’intitule « Get 1 Give 1 » (G1G1). Il consiste à acheter deux ordinateurs portables pour 399$, un pour son enfant et un autre qui sera offert à un enfant dans un pays en voie de développement. Ce programme profite également à de nombreux enfants dans le monde entier.

Néanmoins, de nombreuses critiques sont formulées au sujet de ce programme. La principale critique concerne le fait que les ordinateurs ne sont pas une priorité. En effet, certains revendiquent que « les gens pauvres ont besoin de nourriture et de logements, pas d’ordinateurs portables » et donc que l’expansion des TIC n’est pas une priorité dans les pays en voie de développement. Pour l’OLPC, bien que beaucoup de personnes dans le monde ont manifestement besoin de nourriture et de logements, il y en a aussi qui vivent à la campagne ou dans les banlieues urbaines et qui elles, ont à manger en abondance et peuvent s’abriter raisonnablement. Ce que ces gens n’ont alors pas, c’est un moyen décent d’accéder à une bonne éducation. Par ailleurs, selon l’organisation, l’accès à l’information peut permettre une meilleure formation et donc de trouver des emplois qui vont permettre de se loger et de se nourrir. A ce sujet, certains pensent que l’expansion des ordinateurs portables (XO) n’est pas toujours en adéquation avec la culture des pays en voie de développement ou avec leur mode de vie car par exemple, certaines écoles n’ont toujours pas l’électricité.
Ensuite, l’OLPC reçoit des critiques pour son impact sur la santé et sur l’environnement notamment à cause des composants utilisés lors de la fabrication de ces ordinateurs. L’OLPC a fait valoir qu’ils utilisent autant de matériaux écologiques qu’ils peuvent ; et que les portables et tous les accessoires sont compatibles avec la RoHS (Directive Européenne (2002/95/CE) visant à limiter l’utilisation de six substances dangereuses.). D’après l’OLPC, les ordinateurs portables consomment également moins d’énergie que les ordinateurs traditionnels, réduisant par là même leur impact sur l’environnement.
Puis, la dernière critique concerne Intel puisque pour certains, il est partenaire de l’OLPC pour mieux promouvoir son propre ordinateur à visée éducative à destination des populations des pays émergents, le ClassMate PC. Effectivement, Intel développe son propre ordinateur plus cher (environ 400$) mais également plus développé. Or, cet ordinateur cher et développé ne semble pas correspondre pas à la philosophie de l’OLPC et notamment à sa visée éducative.