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26 septembre 2009 | Imprimer cette page

Ouganda : le téléphone portable, une arme contre le virus du VIH

par Pauline Constant

Pour contrecarrer la rapide expansion du Sida, un projet de questions-réponses via téléphone portable a attiré une partie de la population à risque dans les centres de dépistage. Mais on peut faire mieux encore.

KAMPALA, 4 Septembre 2008 (PlusNews) [1]

Face à la prévalence croissante du VIH en Ouganda, les décideurs politiques se voient forcés de chercher des méthodes innovantes permettant d’éduquer les populations sur ce virus. Leur dernier outil en date est la technologie de la téléphonie mobile, dont la rapide expansion a crée une voie qui pourrait potentiellement toucher des millions de personnes par le biais de messages.

Text to Change (TTC) (« 1 SMS pour le changement »), une ONG qui utilise une plateforme d’envoi de SMS en masse afin de promouvoir l’éducation sur le virus du SIDA/VIH, s’est récemment associée avec le Centre d’Information sur le Sida en Ouganda (en anglais « AIDS Information Centre », AIC) ainsi qu’avec Celtel, un réseau local de téléphonie mobile, afin de piloter un projet dans l’ouest de l’Ouganda. L’objectif de ce projet est de diffuser les connaissances sur cette maladie et d’encourager ses membres à se porter volontaire pour les tests de dépistage du VIH.

D’après la Commission des Communications Ougandaise, le nombre d’utilisateurs de téléphones portables devrait atteindre six millions d’ici la fin 2008. L’Enquête Démographique et Sanitaire menée en Ouganda (en anglais « Uganda Demographic and Health Survey », DHS) a révélé qu’en 2006 pas moins de la moitié de la population urbaine possédait un téléphone portable alors que seuls 10% des ruraux étaient concernés.

Les degrés de connaissance sont souvent très faibles. En effet, de ce qui est ressorti de la DHS, la quasi totalité de la population avait beau avoir entendu parler du SIDA/VIH, seulement près de 30% des femmes et 30% des hommes avaient une connaissance globale du problème.

Le programme pilote de TTC a été lancé le jour de la Saint Valentin et s’est poursuivi au cours des six à huit semaines suivantes. Il avait pour slogan : « N’essaye pas de deviner les réponses, découvre la vérité sur le SIDA. »

L’organisation a élaboré une liste de 15000 abonnés Celtel situés dans le district de Mbarara, au sud-ouest de l’Ouganda, à qui elle a envoyé un premier SMS leur demandant s’ils souhaitaient participer à un questionnaire interactif sur le VIH, avec combinés et crédit de communication à la clé en cas de bonne réponse.

Une question leur était envoyée chaque semaine. Si le participant répondait correctement, il recevait un message de confirmation. En cas de mauvaise réponse, un SMS de rectification lui était envoyé. Voici quelques exemples de questions : « quelle est la différence entre le VIH et le SIDA ? », « Quels sont les modes de transmission du VIH ? », « As-tu déjà fait un test de dépistage du virus du VIH ? »

Environ 2500 personnes sur les 15000 contactées ont répondu à l’ensemble des questions. À la fin de la période d’essai de questions-réponses, les participants étaient encouragés à se soumettre à un test de dépistage.

Selon Robert Natlaka, représentant de l’AIC, les demandes de test auprès du centre de dépistage principal de Mbarara ont augmenté de 100% au cours des six semaines d’essai. « Environ 255 participants se sont présentés à l’AIC de Mbarara pour passer des tests, et d’autres sont allés chez des partenaires de l’AIC situés dans le district ».

Dans les zones rurales, seuls 15% des femmes et 11% des hommes connaissent leur statut par rapport au VIH. Après avoir atteint 6% - un des taux les plus bas – en 2003, la prévalence du virus du VIH est légèrement remontée et s’élève désormais à 6,7%.

D’après Bas Hoefman, le responsable des relations publiques chez TTC, les questionnaires recevraient davantage de réponses s’ils étaient rédigés dans les langues locales. Il estime également que la sensibilisation et la prise de conscience sont insuffisantes. TTC prévoit d’étendre ce programme à d’autres districts l’année prochaine.


[1Source : article traduit du site plusnews.org, plateforme d’analyses et d’informations sur le virus du SIDA/VIH à travers le monde. Ce service appartient à l’IRIN, un service d’informations développé par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies.