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29 août 2009 | Imprimer cette page

Télécentres en détresse au Burkina Faso

par Denis Rakotonoera

Le développement rapide des télécommunications au Burkina Faso se ressent non seulement dans la multiplication des maisons de téléphonie mobile mais aussi de celle des télécentres.

Mais ces petits commerces, d’où il est possible aux citoyens de toutes les couches sociales d’envoyer et de recevoir des appels téléphoniques sont, depuis quelques temps, en proie à des difficultés, qui contraignent nombre d’entre eux à mettre la clé sous le paillasson.

Le problème numéro un que rencontrent les gérants des télécentres est soulevé par leurs clients. En effet, ces derniers se plaignent par rapport à la nouvelle tarification. « Les clients trouvent qu’appeler à partir d’un télécentre revient trop cher, depuis que, de 75 f CFA, l’impulsion est passée à 50 f CFA la minute. Souvent, certains refusent de payer la communication et nous n’y pouvons rien. C’est une perte, déjà que nous ne rentabilisons plus ». Ainsi témoigne Florent Wéda, gérant d’un télécentre situé à Koulouba. Des télécentres réunissent une recette journalière, entre 1 000 à 2 000 francs CFA, souvent même moins.

Pour Alima Yabré, gérante de télécentre, « ce n’est pas seulement le coût des appels qui pose problème, même si j’ai déjà eu une altercation avec un client par rapport à cela, nous avons aussi et des problèmes de monnaie ». Continuant toujours sur le même ton : « Nous travaillons seulement pour l’Office national de télécommunication (Onatel) ». L’autre problème se trouve aussi dans les ristournes qui, pour certains propriétaires « ne sont plus perçus dans l’immédiat comme cela était le cas auparavant ». Mais d’après les explications de Karim Ilboudo, propriétaire d’un télécentre au centre ville, « il est possible de savoir combien on a comme ristourne si l’on prend la peine de tenir un cahier des charges, et c’est comme ça que nous fonctionnons ici. Pour moi, l’ingérable c’est plutôt les pénalités de paiement des factures d’appel qui s’élèvent 2 500 francs CFA. Elles égalent souvent le ristourne que nous percevons ». Issaka Wéda, un autre propriétaire de télécentre, a évoqué la difficulté « à entrer en possession de sa caution », lorsque l’on désire fermer sa structure. C’est la désagréable expérience qu’il a faite lorsqu’il a voulu fermer son commerce.

Du coté de l’Onatel, l’on est conscient des problèmes sus-cités. Cependant, ils s’expliquent : Pour Abdelfatah Belmokadem, chef du département marketing et ventes, en ce qui concerne les ristournes, « la nouvelle tarification n’a en rien changé le pourcentage perçu par les télécentres ». Quant aux cautions, l’Onatel explique la lenteur de paiement par des procédures administratives, qui, cependant, « sont en cours d’amélioration ». La nouvelle tarification de l’impulsion a été instituée suite à une étude. Au contraire des gérants de télécentres, la société de télécommunication affirme avoir baissé ses tarifs d’au moins 30%. Par ailleurs, c’est pour mieux fidéliser sa clientèle, avance-t-elle, qu’elle a mis en place une campagne de communication axée sur les télécentres. Le but de cette démarche, selon Abdelfatah Belmokadem, « est d’amener les clients à fréquenter ces structures comme dans le temps. Mais surtout, amener leurs propriétaires et gérants à s’investir d’avantage, pour améliorer leurs commerces, afin d’y attirer la clientèle ».

Si aujourd’hui, les télécentres rencontrent autant de problèmes c’est bien aussi parce que le téléphone cellulaire est maintenant à portée de tous et que du fait du jeu de la concurrence, les tarifs de communication sont relativement réduits.

(Source : Fazosine)