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30 juillet 2009 | Imprimer cette page

Gestion des E-Déchets - Quand les ordinateurs de seconde main polluent l’atmosphère sénégalais

La gestion des déchets des équipements électriques et électroniques (Deee) devient de plus en plus préoccupant. Le diagnostic de l’état des lieux des déchets que la Cellule Sénéclic de la présidence de la République vient d’établir, est fort inquiétant à cause de son impact environnemental. Suffisant pour que cette structure, chargée entre autres d’installer des multimédias dans toutes les écoles élémentaires du Sénégal, sonne l’alerte.

Selon les statistiques de l’Organisation des Nations-Unies, les déchets des équipements électriques et électroniques représentent 20 à 50 millions de tonnes par année. Et la moitié de cette ’e-poubelle occidentale’ est reversée dans les pays en voie de développement. Au Sénégal, l’engagement de l’Etat à améliorer l’accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication afin de réduire au plus vite le fossé entre les pays du Nord et ceux du Sud, s’est traduit par l’arrivée dans le pays de centaines de milliers d’ordinateurs de seconde main, dont la durée de vie était très réduite. Ce qui a beaucoup contribué à augmenter ces déchets électriques et électroniques. ’Le flux de matériel entrant dans le pays était estimé à 1 250 tonnes en 2000 et à plus de 5 800 tonnes en 2007’, informe le rapport technique de la cellule Sénéclic de la présidence de la République.

Ce document constate également que le pays ne dispose pas encore d’infrastructures nécessaires pour gérer correctement ces outils, dont le cycle de vie est en phase terminale. La récupération et le recyclage se fait de manière informelle dans certains quartiers urbains. Et selon le directeur de la cellule Sénéclic, Ababacar Diop, ’ce type de recyclage improvisé met grandement en danger la santé des populations et a des effets néfastes sur l’environnement’. Raison pour laquelle, il attire l’attention des autorités sur les dangers sur la santé que représente la récupération de l’aluminium issu de ces déchets. ’Les dioxines potentiellement produites lors de la combustion des déchets, à Colobane et Rebeuss, peuvent polluer le sol et l’air. Les cendres de combustion qui s’accumulent sur le site, favorisent une pollution des sols par lixiviation des (sous)produits de décomposition dans la nappe phréatique’, informe le rapport. Qui mentionne également que ’la combustion de certains polymères contenus dans les déchets des équipements électriques et électroniques peut générer des gaz toxiques qui peuvent contenir des dioxines’.

Réalisé par l’Institut africain de gestion urbaine (Iagu), ce rapport technique faisant l’état des lieux sur les déchets des équipements électriques et électroniques, annonce aussi que les estimations faites récemment montrent une tendance globale d’augmentation des flux entrants d’ordinateurs, de téléviseurs et de téléphones portables de l’ordre de 25 %. Ce qui risque de porter à 32 000 tonnes, les déchets qui entrent au Sénégal dans les prochaines années. C’est pourquoi, cet institut prescrit la mise en place d’un cadre légal et d’une stratégie politique pour une gestion durable des Deee.

(Source : Walfadjri)