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9 février 2008 | Imprimer cette page

Lutte contre l’excision en Afrique francophone - L’apport des TIC au coeur d’un atelier de recherche participative

Sidwaya (Ouagadougou)

ACTUALITéS
23 Janvier 2008
Publié sur le web le 23 Janvier 2008

By Kader Patrick KARANTAO

La ville de Bobo-Dioulasso abrite, du 22 au 24 janvier 2008, un atelier de recherche communautaire et participative sur le rôle des jeunes dans la contribution des Technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’abandon de l’excision en Afrique francophone.

Ce séminaire est organisé par l’ONG ENDA Tiers- Monde basée à Dakar au Sénégal, en partenariat avec le ministère des Postes et des Technologies de l’information et de la Communication (MPTIC) et le Réseau national pour l’accès des femmes aux TIC (RENAF-NTIC).

« Renforcer la participation citoyenne des jeunes à la lutte contre l’excision en amenant ceux-ci à faire des propositions concrètes et pragmatiques pour finaliser et mettre en Å"uvre celles avancées au cours des étapes antérieures du projet de recherche régional sur la contribution des TIC à l’abandon de l’excision en Afrique francophone de l’ONG ENDA Tiers-Monde ». Tel est l’objectif de cet atelier de recherche qui regroupe une cinquantaine de jeunes burkinabé (des élèves et les membres de l’association « Mousso Dambé » de Bobo Å"uvrant dans le domaine de l’excision) au sein de l’Ecole nationale de santé publique (ENSP) de la ville de Sya.

La coordonnatrice du projet régional sur la contribution des TIC à l’abandon de l’excision de ENDA Tiers-Monde, Marie Hélène Mottin Sylla.

Les participants, à l’instar de leurs congénères du Mali et du Sénégal, vont donc faire des propositions concrètes pour un apport efficient des TIC à la lutte pour l’abandon de l’excision, « une pratique traditionnelle en Afrique qui consiste à supprimer le clitoris ou les petites et grandes lèvres de la partie génitale de la femme en procédant par ablation simple ou par infibulation ». Il est d’ailleurs évident que le rôle des jeunes, les premiers utilisateurs des TIC qui peuvent contribuer à améliorer la sensibilisation sur les méfaits des mutilations génitales féminines, n’est pas à négliger. Une opportunité de prendre la parole que les intéressés vont saisir pour donner leur vision de l’apport des nouvelles technologies à l’abandon de cette pratique lourdes de conséquences sanitaires (troubles psychologiques, stérilité, pertes en vies humaines). Les participants s’adonneront à cet exercice à la lumière des nombreuses communications qu’ils vont suivre.

On peut citer entre autres, celles sur le thème « Rôle des médias dans la lutte contre l’excision au Burkina Faso » du conseiller technique du ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication, le Dr. Seydou Dramé et « Politique nationale en matière de TIC au Burkina Faso » de Allassani Ouédraogo du MPTIC. A la cérémonie d’ouverture de cette rencontre, on a noté plusieurs interventions. La coordonnatrice du projet régional sur la contribution des TIC à l’abandon de l’excision en Afrique francophone de l’ONG ENDA Tiers-Monde, Marie Hélène Mottin Sylla, a signifié l’importance des TIC dans la lutte contre l’excision et appelé les participants à faire de nombreuses propositions car a-t-elle dit, « l’excision est une affaire de tous ».

La secrétaire permanente du Comité national de lutte contre la pratique de l’excision (CNLPE), Aïna Ouédraogo, représentant le ministre de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, a aussi abondé dans le même sens. Mieux, avant d’ouvrir les travaux, elle a rappelé que « les mutilations génitales féminines sont très répandues dans le monde. 100 à 140 millions de femmes subissent l’excision par an, et la moitié vient de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Selon le rapport d’évaluation des actions du Comité national de lutte contre la pratique de l’excision de 1990 à 2005, sur un total d’environ 31 000 femmes touchées par l’enquête sur l’ensemble du territoire national, 15 370 femmes sont déclarées excisées, soit un taux de prévalence de 49,5% pour un âge compris entre 0 à 60 ans et plus pour l’ensemble du Burkina. Bien qu’encore élevé, ce taux semble avoir connu une baisse notable si on le compare à celui de l’enquête nationale sur la pratique de l’excision de 1996 (66,35%) et à celle de l’enquête de 2003 (76,6%) ».