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5 décembre 2007 | Imprimer cette page

La menace des dépotoirs urbains en Afrique

par N. Wihlm

Un rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) met en relation la toxicité des déchets accumulés dans le dépotoir de Dandora, à Nairobi, avec la pollution observée aux alentours et les maladies déclarées par de nombreux enfants vivant à proximité.

Située à 8 km à l’est de Nairobi, la décharge de Dandora accueille la majeure partie des déchets solides de la région sur plus de 30 ha. 2.000 tonnes de déchets industriels, agricoles, domestiques et médicaux sont déposées quotidiennement et viennent grossir la montagne d’ordures.

Chaque jour, des centaines de personnes des bidonvilles voisins utilisent ce dépotoir pour trouver de la nourriture, des produits recyclables et d’autres objets qu’ils peuvent vendre. Le fleuve de Nairobi passe à proximité et une partie de la décharge s’y verse déjà alors que l’eau est utilisée en aval par les habitants et pour l’irrigation.

L’analyse d’échantillons de sol et d’eau sur le site et aux alentours de la décharge a confirmé des niveaux de métaux lourds dangereusement élevés, particulièrement en plomb, mercure et cadmium. Le mercure (Hg) par exemple atteint une concentration de 46,7 ppm dans les sols et 18,6 ppm le long du fleuve, ce qui est largement supérieur au niveau d’exposition acceptable selon l’OMS, à savoir 2 ppm.

Des analyses de sang et d’urine ont été effectuées sur plus de 300 enfants vivants à proximité de la décharge et âgés de 2 à 18 ans.
La moitié des enfants examinés présente des taux de plomb dans le sang excédant les niveaux internationalement acceptés, et souffre d’infections de la peau ou de maladies liées aux systèmes respiratoires. L’exposition à des niveaux élevés de plomb entraîne des dommages au système nerveux et au cerveau, tandis que l’empoisonnement de cadmium affecte les organes internes.

" Nous nous attendions à des résultats inquiétants, mais en réalité ils sont encore plus choquants que nous ne l’avions imaginé ", explique Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE.

Le défi est de réduire au minimum, puis de supprimer le dépôt de matériaux dangereux, en les détournant vers un traitement adéquat. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement est prêt à aider les autorités locales et nationales à améliorer la gestion des systèmes de voirie et des dépotoirs, notamment par une politique qui puisse générer des emplois durables dans le secteur du recyclage.

Détails et source : Communiqué du PNUE