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26 juillet 2007 | Imprimer cette page

L’OLPC DEMARRE DES PROJETS-PILOTES EN AFRIQUE DU SUD ET AU NIGERIA

Bien que le lancement du projet d’un ordinateur par enfant (One Laptop
Per
Child - OLPC) ait été reporté à octobre 2007, les organisateurs du
projet
ont commencé à utiliser des machines tests dans quelques sites-pilotes
pour
acquérir de l’expérience quant à leur fonctionnement dans un
environnement
local. Le portable est fait de plastic résistant vert et blanc et
dispose d’une
batterie d’une durée de charge de quatre heures, d’un écran en couleur
et d’une
connexion Wi-fi incorporée. La semaine dernière Russell Southwood s’est

entretenue avec Antoine Van Gelder, membre du programme de
développement du
projet OLPC en Afrique du Sud. Il nous donne une analyse franche mais
enthousiaste de ce qui a été fait pour permettre l’introduction du
portable
en Afrique.

Q : Quel est votre degré de collaboration avec le proje OLPC ?

Je suis un supporter du projet mais je ne suis pas affilié au projet
OLPC au
niveau mondial. Nous souhaitons que ce qui se passe en Afrique du Sud
serve
autant que possible de point de départ. Nous avons l’équipement mais la

question est plutôt de savoir comment l’introduire sur le marché. Notre
idée
est de devenir un point phare pour quiconque ayant besoin de conseils.

Q : Comment avez-vous obtenu un exemplaire du portable ?

Nous avons reçu le portable gratuitement. OLPC gère un programme de
développement. En ce moment ils ont un nombre limité de portables et la

plupart sont données à des développeurs de logiciels. Ils encouragent
les
gens qui ont des idées à rejoindre le projet. Morgan Collett est
l’autre
personne en Afrique du Sud qui est impliqué dans ce programme.

Q : Comment allez-vous vendre les portables ?

La raison pour laquelle le portable est si peu cher c’est parce que le
projet a un défaut majeur. 50% du coût d’un projet de ce type est pour
la
chaîne de distribution et le marketing. Nicholas Negroponte,
l’initiateur du
projet a « viré » la chaîne de distribution et le marketing. OLPC
s’engage à
vous vendre le portable aussi longtemps que votre commande atteind
250,000
unités. C’est mieux que l’année dernière lorsque le niveau minimum de
commande était de 1 million d’unités. Il y a très peu d’organisations
qui
soient capables de réunir ce montant d’argent mis à part les
gouvernements
ou les Nations Unies. Le prix d’un portable est de 175 dollars US par
conséquent une commande de cette taille nécessite une somme 4,375,000
dollars US.

Q : Avec qui êtes-vous en relation ?

L’idée est de donner gratuitement un portable à chaque enfant en
Afrique du
Sud. Cela représente un faible pourcentage du budget éducatif annuel et
donc
par conséquent l’idée n’est pas complètement irréalisable. Le portable
a une
durée de vie de cinq ans. Si nous n’arrivons pas à persuader le
gouvernement, nous considérerons d’autres options. Nous essayerons de
trouver quelqu’un qui a assez de liquidités pour garantir un prêt et
ensuite
nous prendrons les commandes des organisations et des personnes
intéressées.
Le prix d’un tel portable est comparable à celui d’un téléphone
portable.
Les gens peuvent réunir ce montant d’argent. Une fondation, par
exemple,
pourrait acheter la première série de 250,000.

Q : Vous avez mentionné le démarrage d’un projet pilote ?

Oui, c’est la chose la plus importante en ce moment. Nous avons besoin
d’assez
de portables pour fournir chaque classe dans une école. Nous songeons à
un
endroit dans la partie Est du Cap parce que la plupart des personnages
impliquées dans la lutte pour la démocratie venaient de cette région.
Nous
avons une école candidate dans la « Wild Coast » et nous sommes aussi
en
contact avec une personne qui est fortement impliquée dans la
communauté
locale. Nous ne pouvons pas nous permettre d’être perçue comme venant
de l’extérieur
avec cett chose qui va changer la vie des gens.

Nous devons en premier lieu nous assurer du soutien des leaders de
cette
communauté. Il s’agit de les convaincre que les quatre ou cinq
étrangers qui
vont venir avec leur boîtier vert et blanc ne menaceront pas leur
situation.
Nous devons travailler en prenant certaines précautions et la première
chose
à faire c’est d’engager un dialogue.

Q : Qu’est-ce qui se passe ensuite ?

Si nous arrivons à établir un dialogue, nous aurons assez de portables
pour
équiper chaque enfant dans le village. Ensuite nous observerons ce
qu’ils
font avec les portables.

Q : Selon vous qu’est ce qui se passera après ?

Ma seule expérience antérieure vient de Scarborough, il y a un an de
cela
quand nous avons commencé à nous préparer pour un phase-pilote avec
OLPC.
Nous avons réalisé cette expérience dans une communauté blanche de
classe
moyenne. Au départ nous avons mis en place un réseau gratuit. Au bout
d’une
année, l’ensemble du village était connecté.

L’une des premières chose qui s’est passé c’est que les enfants ont
commencé
à communiquer entre eux et à jouer des jeux. Le résultat est que la
communauté d’enfants en est ressorti d’autant plus forte. Nous leur
avons
donné un nouvel univers avec lequel ils peuvent jouer. Ils ont même
lancé
leur propre station de radio.

Six mois plus tard, les adultes s’y sont intéressés. Scarborough
dispose d’une
grande salle polyvante qui n’est pas souvent utilisée. Un petit groupe
de
parents a commencé un centre pour les jeunes avec des tables de
ping-pong,
un billard et un magnétoscope. Ils ont monté ce projet pour les enfants
mais
toute sorte d’enjeux politiques se sont ensuite greffés sur le projet.
Il y
a des nouvelles lignes de pouvoir entre les leaders et ceux qui
suivent. En
d’autres termes, cela n’a pas toujours été facile mais ce projet a
insufflé
une nouvelle vie à la communauté. Nous espérons le même résultat avec
le
projet du portable.

Q : Comment envisagez-vous l’utilisation du portable dans le cadre des
cours
de classe ?

Pour l’instant cela ne fait pas partie de l’enseignement et il n’y a
pas de
programme de formation. Les enseignants devront se jetter à l’eau. Nous

pouvons les former à utiliser les jeux électroniques et les autre
logiciels
conçus pour le portable mais quand nous partirons, ils seront laissés à

eux-mêmes.

Le but n’est pas de créer une nation de scientifiques et d’ingénieurs
avec
ce projet. Mark Shuttleworth est entrain de travailler dans ce sens
avec son
programme Kusasa.org. Il a aussi investi de l’argent dans les
programmes
Python et Smalltalk.

Q : Comment pensez-vous surmonter la question de l’enseignement formel
de l’informatique
à l’école ?

Il y a plein de possibilités d’utiliser le portable comme un instrument

exploratoire. Si on prend par exemple la géographie, les enfants
peuvent
consulter Wikipedia pour voir des images et avoir des informations. Il
s’agit
plutôt de pousser les limites.

Une salle de classe doit normalement être calme pour permettre au
professeur
d’enseigner. La technologie permet de déplacer la conversation de la
classe
dans le cyberespace pour ne pas interrompre le professeur.

Avec les jeux électroniques il est possible de construire des choses
parce
que les outils qui sont mis à la disposition des enfants sont très
tournés
vers les sciences et les mathématiques. C’est très bien pour ceux qui
enseignent les matières scientifiques mais pour l’instant il y a très
peu de
projets pour ceux qui ne sont pas dans ce domaine.

J’ai oublié de mentionner le serveur. Il dispose du logiciel Wikipedia.
Son
prix qui n’est pas encore finalisé sera probablement de l’ordre de 250
à 300
dollars US.

Q : Quel est la durée de charge de la batterie du portable ?

Elle est impressionnante. La batterie peut durer quatre heures pour un
usage
standard et sans un un système d’économie. Il est question d’une
nouvelle
batterie basée sur un autre procédé chimique qui portera la durée de
charge
à huit heures. Le portable dispose d’un écran de 10 pouces en couleur à

haute définition.

Q : Qu’en est-il de la sécurité ? Est-ce que les portables ne vont pas
simplement disparaître dans la nature ?

Lorsque vous donnez des sucreries à tous les enfants, vous courez
toujours
le risque que quelques adultes prendront les sucreries des enfants. Le
portable vient avec des clefs d’activation. Si celles-ci ne sont pas
renouvelées, la machine s’arrêtera par elle-même. Personne ne croit en
l’idée
qu’aucune machine ne sera volée. Il s’agit plutôt d’en minimiser la
possibilité.

Q : Est-ce qu’il y a des projets pilotes dans d’autres endroits ?

La plupart des projets pilotes ont lieu au Nigéria, en Argentine, au
Népal
et à Mexico.

Q : Qu’en est-il du projet pilote au Nigeria ?

Ceux qui travaillent sur le projet OLPC ont trouvé un village et il y a
un
mois de cela ont installé les portables. Il est difficile d’avoir une
analyse complète mais leur site internet a plein de photos d’enfants
qui
sourient. Le résultat le plus marquant c’est que les enfants ne veulent
plus
quitter l’école et la fréquentation est maintenant de 100%. En fait des

enfants que l’on pensait perdu pour le système éducatif, sont revenus à
l’école.
Bien que le portable dispose de peu de logiciels et sans préparation à
vrai
dire, le projet a en quelque sorte revitaliser l’école. Maintenant il
reste
à voir si cela va durer.

Balancing Act "Dernières Nouvelles"-Edition Française, 29 juin 2007, No
62