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17 juin 2007 | Imprimer cette page

Nigéria : les TIC comme outils de développement

Dans cette analyse, Efem Nkanga s’intéresse à l’importance des technologies de l’Information et de la communication (TIC) en tant qu’outil qui dynamise le développement, en particulier dans le monde en voie de développement.

Avez-vous déjà entendu parler d’un petit village éloigné appelé Fantsuam près de Kafanchan dans l’Etat de Kaduna ? C’est le plus petit village de cet état de la partie Nord du Nigeria. C’est un village rustique dominé par la boue et les huttes de chaume, dont les habitants ne sont pas comme les gens ordinaires auxquels nous sommes habitués.
C’est parce que les habitants de Fantsuam sont des personnes très au fait des standards des technologies de l’Information et de la communication (TIC) et qui, en quelques années, sont devenus un exemple vivant de ce que les TIC peuvent faire pour introduire le développement là où il n’y en avait aucun.
La croissance technologique de ce village est menée à bien par la Fondation Fantsuam, une initiative non gouvernementale, qui, lentement, est en train de transformer cette localité en un village conforme aux standards des nouvelles technologies.
Grace au déploiement d’internet, à l’installation d’ordinateurs, et même, à l’utilisation de l’énergie solaire pour la cuisson des aliments, par les femmes du village, Fantsuam est, lentement, en train de devenir un village idéal qui ne peut être ignoré.

Un autre village qui essaie de devenir conforme aux standards des TIC, c’est celui d’Oke-Ogun dans l’état d’Oyo. C’est une vaste région rurale de la partie nord-ouest de l’état d’Oyo au Nigeria. Les activités du Réseau de Développement de la Communauté d’Oke-Ogun, une organisation qui travaille pour rendre la communauté conforme aux normes des TIC, montrent que les communautés rurales au Nigeria se familiarisent progressivement avec la puissance de la technologie.

Par exemple, la Fondation Fantsuam, créée en 1996 à Jos, figure parmi les chefs de file de la promotion et du développement des services de TIC dans les communautés rurales au Nigeria.

C’est une organisation à but non lucratif qui souhaite promouvoir des services de microcrédit et de TIC à destination des femmes et des jeunes, ainsi que le développement dans les communautés rurales.
C’est une organisation qui compte, environ 3500 membres (groupes et individus) issus de groupes de femmes de clan des communautés rurales situées dans les fiefs d’Atyap, Bajju, Godogodo, Gwong, Gworok, Ham, Fantsuam, Moro’a and Numana.
La fondation Fantsuam est en train de faire au Nigeria, ce que la Fondation Grameen fait au Bangladesh en donnant, en particulier, aux femmes les moyens de sortir de la pauvreté grâce à la plate-forme de TIC et grâce à un micro-financement des groupes de femmes de clan. Cette promeut l’utilisation des TIC, entre autres, afin de soutenir le gouvernement traditionnel dans le développement rural, l’éducation, les relations rurale-urbaine et rurale-rurale, le commerce électronique, le transfert de connaissances informatiques, dans les zones rurales, pour permettre la fabrication d’ordinateurs fonctionnant à l’énergie solaire, et l’accessibilité.
Cette Fondation a reçu plusieurs distinctions pour son travail, parmi lesquelles : lauréate du prix africain Hafkin, le premier prix des fournisseurs d’accès Internet en zone rurale au Nigéria, premier prix des centres de formations aux réseaux Cisco au Nigeria

Cette Fondation a reçu plusieurs distinctions pour son travail, parmi lesquelles :lauréate du Hafkin africain de l’association pour le progrès des communications (APC, http://www.apc.org), le premier prix des fournisseurs d’accès Internet en zone rurale au Nigéria, le premier prix des centres de formations aux réseaux Cisco au Nigeria, ainsi que le prix de vainqueur du Fonds pour Capital d’amorçage et petits Projets innovants, du partenariat mondial du savoir (GKP, http://www.globalknowledge.org).
Le fait que les TIC peuvent déclencher et aider le développement ne fait aucun doute. L’outil Internet, est un catalyseur d’opportunités dans les sphères sociales, politiques et économiques de n’importe quelle nation.
La définition de l’utilisation des TIC pour le développement que l’on trouve dans Wikipédia est : l’application des TIC pour des programmes de développement dans des pays sous-développés. C’est la clé de voute de toute croissance économique sensée. Cela joue un rôle très important dans la capacité de toute nation, à accéder à l’information, à l’adapter, à produire et l’appliquer au développement des vies et des capacités humaines. Prenez l’exemple d’un pays africain comme le Sénégal, où les pêcheurs utilisent déjà les TIC pour augmenter les volumes de commerce. Les pêcheurs, dans ce pays, souscrivent à des services de téléphonie mobile et de SMS qui leur donnent des évaluations scientifiques de la qualité de zones de pêche, des prévisions météorologiques qui leur permettent de savoir s’il est rentable et sûr de sortir en mer, ainsi que les prix du marché.

Les exemples de pays en voie de développement qui déploient les TIC afin de développer les communautés abondent :

Le Bangladesh, où la Fondation Grameen travaille à complètement éradiquer la pauvreté des femmes par le biais d’un projet de téléphone de village rural en utilisant le réseau de téléphonie mobile pour connecter à l’Internet des centaines de cabines téléphoniques gérées par des entrepreneurs locaux, dans les communautés rurales. Les villageois utilisent ces cabines à différentes occasions, par exemple, pour contacter des membres de leur famille à l’étranger, comparer les prix du marché ou pour chercher une aide médicale.

Il y a également l’Inde, où l’obsession du moment est le téléphone portable, le Mozambique, où les TIC sont utilisées pour stopper l’épidémie de paludisme, l’Uganda, où des postes WiFi Linux dédiés au service de « voix par IP » et fonctionnant à l’énergie solaire sont utilisés pour permettre aux locaux d’accéder aux TIC, et le Rwanda, où la technologie est déployée dans le but de réduire la prolifération du VIH et d’accélérer la livraison de médicaments aux personnes infectées par le virus.

L’Ethiopie est encore un exemple. Les TIC y sont utilisées pour fournir aux communautés rurales des informations sur l’état du marché, afin d’aider les petits producteurs de province à obtenir les meilleurs prix pour leurs produits. En Zambie, les TICs servent à améliorer la production des fermiers et les aident dans la prise de décisions relatives aux achats et au « marketing ». La richesse et la puissance économique d’un pays peuvent se mesurer par son avancement technologique. La plupart des pays, d’après un expert des TIC, Abdul Hakeem Ajijola, viennent seulement de se rendre compte que l’on ne peut séparer développement et technologie, car les deux vont de pair.

Toute nation qui veut, aujourd’hui, être significative sur le échiquier mondial doit absolument s’adapter à la technologie de l’information et de la communication, car c’est devenue l’instrument le plus prometteur et le plus significatif pour l’humanité et la voie la plus importante à travers laquelle une nation peut avoir une influence positive sur ses citoyens. La technologie de l’information et de la communication est maintenant déployée par les pays pour stimuler la croissance économique. Depuis l’avènement des TIC dans le monde, des progrès incroyables ont été et sont encore faits tous les jours.

Il y a des technologies, comme les réseaux de fibre optique, la messagerie instantanée, les téléphones cellulaires, les nouveaux réseaux de données, l’enregistrement automatisé, les technologies 2.5G et 3G, ainsi de suite. Cette technologie peut être utilisée pour soutenir le développement économique local, les services de santé, l’éducation, la justice sociale, le développement humain. La diminution de la pauvreté n’est maintenant plus mise en doute.

Au Nigeria, il y a plusieurs initiatives dédiées à l’accélération du développement via la plate-forme technologique « eNigeria », ces initiatives dont le but est de relier à tous les niveaux les communautés, les agences importantes, les institutions gouvernementales et celles de l’éducation, aux TIC, sont menées à bien par le gouvernement. L’administration Obasanjo est actuellement en plein projet de création d’une infrastructure de télécommunication dans 343 antennes gouvernementales à travers le projet national de téléphonie rurale (National Rural Telephony project). Parmi d’autres initiatives louables : l’initiative nigériane de télémédecine, l’initiative de réseau de service public, l’initiative des points d’échange Internet, l’initiative Wire Nigeria, ainsi que la création d’un clavier pour les trois principales langues parlées au Nigeria avec pour but de rendre possible le développement rapide du pays. Depuis, la privatisation du secteur des télécommunications en 2000, le Nigeria a fait un bond en avant dans le domaine des TIC qui, comme l’espèrent les principaux acteurs économiques, va mettre le pays sur les rails d’un développement qui le distinguera des autres pays en voie de développement et facilitera l’éradication de la pauvreté, de la pénurie, de l’ignorance et de l’illettrisme.

This Day (Lagos) ANALYSIS 28 March 2007 "Nigeria : ICT as development tool" by Efem Nkanga Lagos

Article traduit par Yann Domingo (AEDEV)