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15 mai 2007 | Imprimer cette page

En 2050, le monde pourrait compter plus d’un milliard de réfugiés climatiques

Plus d’un milliard de personnes devraient migrer d’ici à 2050 à cause du réchauffement climatique, estime l’ONG britannique Christian Aid

Le réchauffement climatique n’a pas que des conséquences environnementales. Plus d’un milliard de personnes devraient migrer d’ici à 2050 à cause du réchauffement climatique, estime l’ONG britannique Christian Aid, dans un rapport publié lundi 14 mai. "Nous pensons que la migration forcée est désormais la menace la plus pressante contre les populations pauvres dans les pays en voie de développement", affirme John Davison, un des auteurs du rapport.

Dans cette étude intitulée Marée humaine : la véritable crise migratoire, Christian Aid émet un "avertissement sans ambages sur le rythme d’accélération des déplacements de population au XXIe siècle". Pour l’heure, l’ONG estime que 163 millions de personnes ont déjà dû quitter leur foyer à cause de conflits, de catastrophes naturelles et de grands projets de développement comme la construction de barrages.

"Au rythme actuel, un milliard de personnes supplémentaires seront forcées de quitter leurs foyers entre maintenant et 2050", écrit l’organisation. 645 millions de personnes devraient migrer à cause de grands projets, 250 millions à cause de phénomènes liés aux changements climatiques, tels les inondations, la sécheresse ou la famine, et 50 millions à cause de conflits et atteintes aux droits de l’homme.

APPEL À UNE "ACTION URGENTE"

Citant des données non encore publiées du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le rapport souligne qu’à plus long terme, d’ici à 2080, entre 1,1 et 3,2 milliards de personnes manqueront d’eau et entre 200 et 600 millions souffriront de la faim. Chaque année, entre 2 et 7 millions de personnes seront affectées par la hausse du niveau des océans.

Les vastes déplacements de population "vont alimenter les conflits existants et en générer de nouveaux dans des régions du monde où les ressources sont les plus rares". "Un monde avec beaucoup d’autres Darfour est le scénario-cauchemar de plus en plus probable", ajoute l’ONG, insistant sur les déplacements à l’intérieur d’un pays qui ne sont pas considérés comme des migrations par le droit international.

Pour Christian Aid, trois pays sont particulièrement concernés par ces déplacements internes : la Colombie, le Mali et la Birmanie. C’est pourquoi l’ONG appelle à une "action urgente" de la communauté internationale afin de prendre de "fortes mesures de prévention".

LEMONDE.FR avec AFP | 14.05.07 | 08h21 • Mis à jour le 14.05.07 | 08h33

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