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22 mars 2008 | Imprimer cette page

UBUNTU : VERS UNE DEMOCRATISATION DE LINUX ?

À la lumière de la récente sortie de Windows Vista, il convient de
s’interroger sur l’accessibilité du système d’exploitation Linux.

À coup de millions de dollars, et après plusieurs années de
développement, Microsoft vient de mettre sur le marché la nouvelle
version de son système d’exploitation Windows. Vista, que certaines
langues sales pourraient présenter comme une pâle copie (en plus
énergivore) de Mac OS X, s’est en effet installé chez le revendeur dans
ses multiples déclinaisons la semaine dernière. Quant à Apple, son
choix
d’utiliser les processeurs Intel permet maintenant d’installer Mac OS X
sur n’importe quel ordinateur. En marge de la lutte que livre
d’ailleurs
Apple à Microsoft pour grignoter quelques parts de marché, on peut se
demander comment se débrouille le système à code ouvert Linux.

Le système en question, réalisé par Linus Torvald en 1991 et repris par
la communauté des programmeurs, se présente selon plusieurs « 
distributions » qui constituent une sorte d’emballage logiciel à Linux.
Prenons par exemple le cas d’Ubuntu, une de ces plus populaires
distributions (environ 8 millions d’utilisateurs). Ubuntu est financé
par le milliardaire sud-africain Mark Shuttleworth, qui a fait fortune
en vendant sa compagnie de sécurité internet à la fin des années 1990.
En 2005, il précisait que ses motivations étaient purement altruistes :

« Ma motivation et mon but sont de trouver une manière de créer un
système d’exploitation à usage bureautique général qui soit libre et
gratuit, mais également pérenne et d’une qualité comparable à tout ce
que vous pouvez acheter. »

On peut se demander si Ubuntu est accessible au commun des mortels.
Linux a toujours nécessité des connaissances informatiques qui
empêchaient le néophyte de se familiariser avec le système. À première
vue, et lorsqu’on ne se lance pas dans une personnalisation à outrance
du système, Ubuntu surprend par la facilité de son utilisation et sa
compatibilité matérielle.

L’installation de Linux a longtemps été un obstacle infranchissable
pour
plusieurs. L’installation d’Ubuntu, sur un ordinateur bas de gamme mais
récent, dans ce cas-ci, ne pose aucun problème. Le système reconnaît le
matériel, de la carte vidéo au iPod, sans poser trop de questions. Tout
récemment a même été réalisé un lanceur permettant de démarrer
l’installation d’Ubuntu directement de Windows.

Ubuntu vient avec les logiciels de base les plus utiles : navigateur
Web, logiciel de messagerie instantanée, de gestion des courriels,
lecteur audio, vidéo, traitement de texte, tableur, et quelques petits
jeux. L’ajout ou la suppression de logiciels est un jeu d’enfant,
encore
plus facile que sous Windows ou Mac OS X lorsque l’on utilise le
logiciel intégré qui permet de choisir lesdits logiciels à même une
base
fort complète. Et quand le logiciel que vous recherchez n’est pas
disponible par l’entremise de ce lanceur, il suffit d’interroger un
moteur de recherche pour qu’une des milliers de pages entretenues par
la
communauté des utilisateurs d’Ubuntu vous explique pas à pas comment
vous en sortir. Pas d’inquiétude d’ailleurs, à peu près tous les
logiciels disponibles sous Windows ou Mac ont leur équivalent sous
Linux... à part peut être pour ce qui est des jeux. Le « gamer » ne
trouvera pas son compte sous Linux, quoique certains produits comme
SimCity, Quake ou Doom sont disponibles, et certains autres comme
Warcraft peuvent être lancés grâce à l’émulateur Wine.

Maintenant, l’amateur d’effets spéciaux (ceux-là mêmes qui sont
intégrés
à Mac OS X depuis longtemps, et qui ornent Windows Vista depuis la
semaine dernière) ne sera pas en reste. Bien que l’interface graphique
d’Ubuntu (Gnome) soit des plus fonctionnelles, il est aussi possible
d’ajouter sans trop d’encombres (bon, peut-être un peu) la panoplie de
feux d’artifices qui rendent l’expérience plus agréable visuellement.
Il
suffit d’installer le logiciel Beryl qui n’a rien à envier aux
interfaces de ses compétiteurs, et qui ralentit relativement peu le
système.

Reste à savoir si Ubuntu percera le marché du système d’exploitation
qui
est dominé par deux géants. Disons que les préjugés envers Linux sont
encore grands et que bien peu de gens connaissent le système. On peut
imaginer que les générations montantes qui n’ont pas peur de se perdre
dans un ordinateur s’intéresseront au système d’exploitation, et que ce
dernier gagnera peu à peu en visibilité.

À ce sujet, des initiatives comme celle de quelques Torontois qui ont
quelque peu perturbé la sortie de Vista dans la Ville Reine sont un
(petit) pas dans la bonne direction.

par Olivier Niquet
Article paru en mars 2007 dans http://www.centpapiers.com/