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17 mars 2007 | Imprimer cette page

Le PC à 100 dollars ne serait, paraît-il, qu’un gadget

Destiné aux pays pauvres

Ce portable vert pomme, équipé de logiciels libres et d’une manivelle pour charger la batterie, destiné principalement aux écoliers des pays pauvres n’est pas, pour autant, accepté par tous les pays.

En effet, si des Etats ont déjà passé commandes, d’autres affichent une position réticente. C’est le cas de l’Inde où son ministre de l’Education a rejeté le projet le considérant « pédagogiquement suspect ». Expliquant que « notre priorité est surtout d’avoir plus de classes et d’enseignants, pas d’acheter des gadgets à la mode. L’Inde ne doit pas servir de terrain d’expérimentations ».

Banerjee qui s’est exprimé dans The Hindu poursuit son argumentaire : « Nous ne pensons pas que l’idée du professeur Negroponte soit assez mature, d’ailleurs aucun pays important ne semble intéressé. Par ailleurs, une grande question se pose autour de ce portable dont on a tari d’éloges lors du rendez-vous de Tunis : quel est le prix réel du PC à 100 dollars ? Les 100 dollars annoncés pour cet ambitieux projet de Nocholas Negreponte, cofondateur du Media Lab, où est né le One Laptop Per Child [OLPC], aussi appelé Machine, ne semble être qu’une cible, voire une vue marketing d’après les constructeurs de PC portables de renom. »

Et d’avancer même qu’après les effets d’annonce, le prix réel par poste sera plutôt dix fois supérieur ! On apprend aussi que le coût réel de la machine livrée est nettement supérieur aux 100 dollars, il est de 148 dollars, auxquels il faut ajouter les frais de livraison et d’infrastructure pour son fonctionnement en réseau, les liaisons satellites et les coûts annexes, pour 108 dollars par enfant, soit au final 256 dollars. « Il faut ajouter à ce prix les frais de maintenance. »

Le coût de cette dernière a été estimé à 7,40 dollars par portable et par an, soit 37 dollars sur les cinq ans. Et même « si l’OLPC va bénéficier d’une conception solide, les problèmes matériels seront inévitables. » Ils sont liés à l’environnement tout d’abord, alimentation électrique fluctuante, chaleur, poussière, inondations, tempêtes, insectes ; liés également à la mécanique aussi, défaillances, ruptures sur des pièces, machine cassée. Sans oublier la perte ou le vol. Non sans ajouter dans l’addition l’accès à Internet qui, certes, n’est pas donné. En effet, un rapport des Nations unies, publié en 2005, a évalué le prix moyen d’une connexion à raison de vingt heures par mois à 36,91 dollars, un prix majoré à 56,31 dollars dans les pays aux revenus les plus faibles. Le temps de connexion sur l’OLPC a été estimé à 40 heures par mois.

En revanche, il faut prendre en compte que 10 Machines XO partagent une même connexion. Cela ramène le coût de la connexion à 135,14 dollars par poste et par an. On notera que le coût de la connexion, la première année, a été intégré dans les frais initiaux, ce qui le ramène à 1 dollar.

On comprend aujourd’hui pourquoi des pays émergents semblent ne pas afficher un enthousiasme devant ce PC à 100 dollars alors que des pays comme la Thaïlande, le Brésil et l’Argentine ont passé de grosses commandes. Rappelons que la production ne devrait pas commencer avant un minimum de 5 à 10 millions de commandes réglées.

Pour Media Lab, il ne reste plus qu’à obtenir une commande pour un million de PC avant de passer à la phase de production de la surprenante machine. En ce qui concerne le continent africain, seul le Nigeria a émis le souhait d’obtenir 1 million d’exemplaires du PC à 100 dollars. Qu’en est-il enfin pour l’Algérie ? Pour l’instant, du côté des responsables censés prendre en charge le projet d’un PC à 100 dollars, aucune information n’a filtré.