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14 janvier 2007 | Imprimer cette page

DECADENCE, LES CYBERCAFES EN FAILLITE DANS L’EST DU CAMEROUN

De l’avis des promoteurs, les populations du soleil levant ne
s’intéressent pas aux Ntic.

Il y a quelques temps, on observait une prolifération des cybercafés
dans la province de l’Est, en général, et dans la ville de Bertoua, en
particulier En effet, c’est en 2003 que Di- sat, le tout premier
opérateur du cybercafé, s’est installé dans la ville de Bertoua. "Il
n’y
avait pas cet outil de communication dans cette ville comme partout
dans
le pays. C’est la raison pour laquelle on avait pris cette initiative,
en croyant que ça pouvait constitué un bon investissement. Aujourd’hui,
nous sommes déçu sur le plan financier. Car, l’activité ne nous rapport
rien. Notre seul consolation c’est que sur le plan social, on se
réjouit
d’avoir provoqué l’engouement, parce que d’autres personnes ont suivi
notre initiative, et les populations sont quand même conscientisées sur
l’importance de l’outil internet", déclare Pokam Ferdinand, responsable
de formation à Di-sat.

Lequel cybercafé avait débuté ses activités avec 24 ordinateurs. De nos
jours, ce parc à ordinateurs à été réduit à 18, du fait de la morosité
de l’activité. "J’exerçais dans le cybercafé depuis 2000 à Yaoundé.
J’avais juste transféré mon matériel ici, en croyant que ça devrait
constituer une affaire de luxe. Mais, il n’en a rien été", se plaint
également Nana Marcel, Directeur de Alpha net, deuxième cybercafé de la
de Bertoua. Au départ, eu égard à la prolifération des Cybercafés dans
la province de l’Est, on croyait à une période de vache grasse pour les
opérateurs économiques qui avaient choisis d’investir leur fonds dans
ce
secteur.

Mais en un temps record, c’est le phénomène inverse qui s’est produit :
la faillite. Info orient net, l’un des plus grands cybers de la ville
de
Bertoua, installé après Di-sat et Alpha net, tout comme Perfect cyber,
Coco net, Kitia cyber, etc. ont tous mis la clé sous le paillasson.
"J’ai baissé les prix, les machines sont de bonne qualité, la connexion
est impeccable, j’offre des avantages aux clients. Mais ça ne marche
toujours pas. Je tournais à perte et j’ai préféré fermer", confie l’un
des promoteurs, visiblement dans le désaroi. Pour M. Germain, le
responsable de Systel net dans la même ville, "il y a encore beaucoup à
faire dans le domaine de la sensibilisation des populations sur
l’importance des Ntic". Et d’ajouter que cette situation de refus
d’intégration des Ntic à l’Est est également dû au nombre peu élevé
"d’avocats, de journalistes, d’enseignants", qui constitue des
catégories de personnes pouvant avoir besoin des services qu’offre
l’Internet.

A Batouri, dans le département de la Kadey, le promoteur de Jojo net
installé au mois de mai 2005, est sur le point de démanteler ses
appareils pour Yaoundé, tandis que "la maison de la fille mère de
Youkadouma", offerte par la Fondation Chantal Biya, qui dispose aussi
de
la connexion internet, ne reçoit aucun client depuis des lustres. Une
situation qui peut s’expliquer par la cherté du prix d’accès, qui
revient à 1000 Fcfa par heure. Une véritable fortune pour nombre
d’habitants de la province de l’Est, dont l’enclavement fait en sorte
que les populations soient classées parmi les plus pauvres du Cameroun.
Malgré les nombreuses richesses naturelles qu’on y trouve : bois, or,
nickel, etc.

(SOURCE : Le Quotidien Mutations)