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4 septembre 2006 | Imprimer cette page

SURFER SUR INTERNET RESTE UN LUXE AU BURKINA FASO

par Denis Rakotonoera

Une bonne partie des habitants de la cité de Naba Kango est sevrée de
cet outil de communication qu’est l’internet. Il n’y a que deux
cybercafés accessibles au grand public. Malheureusement, la qualité
laisse à désirer.

Celui du Yadéga, prévu initialement pour les élèves, a été ouvert au
public. On trouve rarement tous les quatre ordinateurs de ce cybercafé
fonctionnels.

La demande dépassant l’offre, il faut le plus souvent poireauter une
heure environ avant d’avoir accès à une machine, à condition que ce
soit
un jour de chance, car 4 jours sur 7, les machines sont en maintenance.
Pire, pas d’imprimante pour tirer un document.

Le scanner, on n’en parle plus depuis belle lurette. Plus décevant est
le cybercafé de la SONAPOST. Là-bas, les ordinateurs sont plus
nombreux,
mais les clients ne sont pas loin de vivre l’arnaque.

Le débit y est trop lent. Rien que pour l’ouverture de la boîte
électronique, on perd facilement une trentaine de minutes, d’un coût de
400 F CFA. Une heure de navigation revient à 800 F CFA.

Trop cher selon certains clients par rapport aux cybercafés du même
établissement à Ouaga ou à Bobo où l’heure coûterait 500 F CFA. Mal
t’en
prend, si tu veux envoyer un message.

Concernant les photos, il ne faut même pas risquer, on finit par
abandonner après une grosse facture inutilement consommée.

Malgré les multiples plaintes, rien ne change. Ceux qui gardent un
mauvais souvenir de ce lieu et qui n’entendent plus y mettre pied sont
indénombrables. Depuis une semaine, ledit cybercafé est fermé pour des
réaménagements, semble-t-il.

Espérons qu’à son ouverture, la lenteur du débit sera amoindrie avec
les
prix revus à la baisse. Le cybercafé n’est-il pas une entreprise
rentable ? est-on tenter de se demander.

Les pionniers à Ouahigouya dans le domaine ont mis la clé sous le
paillasson. Le cybercafé de la SOGEBAF, loin d’être un cas isolé, a été
fermé.

Selon un responsable de la société Bamogo et frère, SOGEBAF, la somme
récoltée de l’exploitation mensuelle dudit "cyber" ne suffit même pas
pour payer la moitié de la facture de l’ONATEL.

A qui la faute ? "Les gens utilisent de vieux ordinateurs très
défaillants, occasionnant une consommation énorme", tente de justifier
un agent de l’ONATEL.

Le plus grand gâchis à Ouahigouya est le centre multimédia de la
mairie.
Doté au départ d’un équipement complet (8 ordinateurs, serveurs,
imprimantes, scanners), grâce à plusieurs partenaires financiers, il
n’y
a jamais de connexion à cause du manque d’installation téléphonique.

Les multiples promesses des responsables de la mairie d’établir la
ligne
téléphonique n’ont jamais été tenues. Le centre multimédia semble être
loin de leur priorité.

Tout dernièrement, une structure associative dénommée REROFDDA, grâce à
l’appui financier et matériel d’une agence française, a ouvert un
centre
de formation en informatique.

La structure en question est toujours dans l’attente d’une antenne
sattelitaire pour permettre son bon fonctionnement. Peut-être une lueur
d’espoir.

(SOURCE : L’Observateur Paalga)