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30 juillet 2006 | Imprimer cette page

Forêt et déforestation en Afrique : le gaspillage d’une importante ressource

par DE VARGAS CHARLENE

A part le bassin du Congo, toutes les frontières forestières d’ Afrique ont été détruites, principalement par les industries forestières et les fermiers à la recherche de terres cultivables. En Afrique de l’est, à peu près 90% de la forettropicale a disparu et ce qu’il en reste est hautement dégradé et fragmenté. Aujourd’hui, les forets préservées de l’est ne constituent que quelques bouts épars en Cote d’ivoire et le long de la frontière entre le Nigeria et le Cameroun.

Les forêts africaines couvrent 520 millions d’hectares et constituent plus de 17% des forets du monde. Elles se trouvent principalement concentrées dans les zones tropicales de l’ouest ,du centre, de l’est et du Sud de l’Afrique. Avec plus de 109 million d’hectares de foret, le Congo possède à lui seul plus de 20% de la foret africaine alors que l’ Afrique du nord en possède un tout petit peu plus de 9%, situé principalement le long de la côte méditerranéenne, selon le FAO. Malgré tout, l’ Afrique est le continent avec le moins foret au monde.
Les forets africaines peuvent être sèches et tropicales, comme dans le Sahel, dans l’ Afrique de l’est et du sud, humides et tropicales comme dans l’ Afrique de l’ouest et du centre, sub-tropicale avec de nombreuses variétés d’arbres comme en Afrique du nord et tout au bout de l’ Afrique du Sud ou bien encore constituées en mangrove comme le long des côtes.

Quelques faits élémentaires sur la déforestation en Afrique :

· A peu près 608 million de kilomètre carré étaient à l’origine couvert par la forêt.
· Près de 90% de la foret de l’Afrique de l’est a disparu ; seule quelques parties restent, servant de frontières naturelles.
· Dans le bassin congolais, entre 1980et 1995, un espace d’environ la taille de la Jamaïque était déforesté chaque année ( 1.1 million d’hectare)
· Entre 1990 et 1995, le taux annuel de déforestation en Afrique était de 0.7 %
· En Afrique, pour 27arbres abattus, seulement un seul est replanté.
· Seuls quelques blocs de foret naturelle peuvent être trouvés en Afrique central, particulièrement au Congo Kinshasa, au Gabon et au Congo Brazzaville.
· Depuis 1957, deux tiers des forets du Gabon ont été utilisé pour l’industrie du bois.

Au cours des 20 dernières année, environ 300 million d’hectares ( soit six fois la taille de la France) principalement des foret tropicales ont été convertis en fermes, pâtures, ou en plantations extensives d’huile de palme, de caoutchouc ou d’autre cultures. Le fragmentation de plus en plus grande des forets a augmenté le risque d’incendie : 10 millions d’hectares de forets résistantes normalement bien aux attaques du feu ont été détruits par des brasiers catastrophiques en Amazonie, en Amérique centrale, en Indonésie, en Afrique de l’ouest et à Madagascar. Sans compter, de plus, que ces forets abrite parfois des espèces animales et végétales que l’on ne trouve nul par ailleurs et qui risque, dû à cette déforestation massive, de disparaître.

Aujourd’hui, la plupart des forets restantes sont en danger. Les deux menaces principales sont l’abattage pour assouvir la demande de nouveaux espaces de l’expansion urbaine et cele de l’industrie du bois. L’abattage massif fait déplacer des espèces clef de l’écosystème qui permettent de le maintenir en vie. En Afrique centrale, plus de 90% des abattages se passent dans les forets primaires, ce qui est le plus haut taux au monde. Dans certaines régions, l’ abattage d’arbres ne cause pas tant de dommage car seuls quelques espèces d’arbres sont retirées. Cependant, les routes nécessaires à ce commerce ouverte au milieu des forets permettent aux chasseurs, au soit disant fermiers et à tout personnes recherchant du profit de pénétrer facilement dans cet environnement déjà menacé.


L’écologie des forets tropicales

Les forets tropicales sont les écosystèmes de la planète et les réservoirs de biodiversité. Dans les forets tropicales intactes, le sol est à peine à découvert, recouvert de couches de feuilles en décomposition, de branches pourries. A chaque fois qu’un arbre tombe, lianes, vignes et jeunes arbres s’assemblent en de denses amas. Les précipitations intenses répandent rapidement les minéraux et les autres nutriments, ne laissant ainsi aucune part du sol mal nourri.

Les forets tropicales sont des écosystèmes fragiles. Si la couverture végétale est retirée, l’ espace est exposé à l’érosion et les nutriments sont retirés, laissant un sol pauvre. Les agriculteurs doivent brûler la végétation pour cultiver la terre, obtenir de bonnes récoltes, mais après quelques saisons, les nutriments disparaissent et le sol n’est plus aussi fertile. Les arbres peuvent grandir vite mais la production biologique et la biodiversité peuvent mettre des centaines d’années à se recréer.

La flore des forets tropicales , avec son immense richesse d’espèces appartenant à des milliers de famille agit comme un réservoir de diversité génétique où de nouvelles espèce peuvent être crées. Pour une grande part de l’histoire de la planète, ce réservoir a servi de centre d’activité d’évolution des espèces où le reste de la faune et de la flore du monde entier a été recruté. Moins homogène que la savane et les herbages , chaque petit endroit des forets tropicales a sa multitude d’espèces endémiques.


Les ressources de la foret

La foret joue un rôle économique important dans de nombreux pays africains. La production issue de la foret représente 6% du PNB de l’ Afrique. Mais le pourcentage de produit issu des forets africaines dans le commerce mondial n’est que de 2%.Ces chiffres différent bien sûr selon les pays. Au Cameroun , par exemple, le bois génère plus d’un quart des exportations si l’on ne compte pas le pétrole.

La foret fournit une panoplie de services aux africains, aussi bien écologique,s économiques que sociaux, incluant la protection de l’eau et des ressources du sol. Les forets sont aussi absorbeurs de carbone, la plupart de celui-ci étant de plus recraché directement dans les parties boisées. La dégradation et l’abattage des forets du monde entier au cours des 150 dernières années contribueraient à 30% du dioxyde de carbone recraché dans l’atmosphère.

La plupart du bois récolté dans les forets africaines est utilisé pour l’énergie locale des foyers. Dans le premier pays exportateur de bois d’Afrique, le Cameroun, 4 fois plus de bois est récolté comme combustible par les locaux que pour l’exportation. Les combustibles traditionnels , comme le bois et le charbon, représentent a peu près 80% de l’énergie consommé dans le pays.

Les produits issus de la foret, autre que le bois en lui-même , comme l’écorce, les tubercules, les feuilles, les fleurs, les graines, les fruits, la résine, le miel et les animaux , jouent également un rôle important dans les foyers des pauvres vivant à la ville et des communautés vivant dans la foret. Ils sont utilisés comme médicaments, instruments ou nourriture. Il est difficile de qualifier l’importance économique de ces choses mais une étude du centre international de recherche sur les forets ( CIFOR) estime qu’ils constituent une importante source de revenue pour les communautés locales. La nourriture des buissons ou arbustes, les fruits de Cola, les noix de palme et de cola et la poire africaine comptent parmi les principales sources d’argent. Ce commerce est en particulier important pour les femmes.

Les forets représentent également des valeurs culturelles. Les forets tropicales africaines sont la maison de plusieurs peuples et ethnicités : les pigmés par exemple. Ces groupes s’appuient sur les ressources que leur fournissent les forets tropicales pour leur foyer, leurs médicaments et leur nourriture. Leur identité culturelle est ancré dans leur langage, leur histoire orale, leur pratiques traditionnelles mais aussi dans une certaine identification avec la foret.

Gestion et Protection

Les industries du bois continuent d’ être acceptées par les gouvernements dans beaucoup de pays. Mais en même temps, les écologistes ont commencé à développer des méthodes rigoureuses pour protéger en priorité les forets les plus riches en biodiversité. Les climatologues ont continué leurs études sur l’évolution des écosystèmes des forets par apport aux changements climatiques. Les économistes soucieux de l’environnement attachent plus d’importance aux services rendus par la foret : cycle de l’eau et des nutriments, absorption du carbone, protection d’animaux et de plantes. Les pionniers développent des techniques d’abattage moins dévastatrices qui sont même parfois moins chères que d’habitude.

Beaucoup de pays ont pris des mesures pour protéger leur héritage forestier. Le Gabon a mis en place des projets audacieux : la protection de 13% de son territoire et la régulation du commerce de bois. Peu de chose ont encore d’impacts concrets mais les intentions sont là. Le Cameroun s’est lancé lui aussi sur la bonne voie. D’autres pays voisins , par contre, continuent de s’enfoncer dans l’anarchie la plus totale ( le Congo Kinshasa et la Guinée équatoriale), accordant d’énormes concessions aux plus offrants et aux intimes.

Grâce à des moyens de communication améliorés, les connaissances des menaces sur la foret se diffusent. Mais malgré ceci, beaucoup de décisionnaires voient toujours les forets comme des sources de revenue et des obstacles au progrès.

Déforestation : le déclin des forets tropicales
http://www.rcfa-cfan.org/french/f.issues.12-4.html

L’ Afrique au deuxième rang mondial de la déforestation
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=12126&Cr=FAO&Cr1=for%C3%AAts

Communication, approche participative et gestion des ressources forestière en Afrique sahélienne http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=12126&Cr=FAO&Cr1=for%C3%AAts

Deforestation and overgazing in Africa
http://www.mts.net/ gcg/resources/africa/index04.html

Deforestation in Africa
http://www.tqnyc.org/NYC052139/Africa.htm

WWF lures companies into responsible forest management
http://www.tqnyc.org/NYC052139/Africa.htm

Les produits non ligneux en Afrique : un aperçu régional
http://www.fao.org/DOCREP/003/Y1515B/Y1515B00.HTM

Biographie des livres traitant ce sujet
http://www.fao.org/docrep/003/X4110e/X4110E10.htm