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26 juin 2006 | Imprimer cette page

Emanciper les Femmes grâce aux TIC

par Caroline Lautour

Une journée internationale de la femme consacrée tout particulièrement à leur émancipation par le biais des TIC

Parvez Babul

C’est aujourd’hui le 8 mars, la 96ème Journée Internationale de la Femme (JIF). Conformément à la déclaration du Parti Socialiste américain, la toute première Journée Nationale de la Femme fut observée à travers tout le pays le 28 février 1909. Puis lors de la seconde Conférence Internationale des Femmes Socialistes, tenue à Copenhague en 1910, il fut décidé qu’une journée de la femme serait observée une fois par an partout dans le monde. La date du 8 mars fut retenue en hommage aux Ouvrières du Textile Américaines, qui se mirent en grève ce même jour de l’année 1857. Leur manifestation avait pour but aun augmentation de leurs salaires et une réduction de leur temps de travail. Ce n’est que depuis le 8 mars 1984 que le gouvernement du Bangladesh observe la Journée Internationale de la Femme.

Cette journée symbolise l’égalité entre les femmes et les hommes. Lors de l’Année Internationale de la Femme, en 1975, la JIF fut officiellement reconnue par les Nations-Unies et fut adoptée par de nombreux gouvernements à travers le monde. Cette journée est l’occasion de se pencher sur les progrès réalisés, d’appeler au changement, et également de célébrer les actes de courage et de détermination de femmes ordinaires, qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire des droits de la femme.

Dans notre pays aussi les femmes sont en première ligne de la lutte contre la faim, la pauvreté et pour la protection de l’environnement. Par conséquent, cette journée est aussi pour nous l’occasion de réfléchir à la façon dont les femmes peuvent également s’émanciper grâce aux TIC (Technologies de l’Information et de la Communication). C’est en effet, et entre autres buts, un outil essentiel aux femmes pour remporter le combat auquel elles se livrent quotidiennement. Cela leur permettra d’avoir plus de ressources à leur disposition pour devenir indépendantes et autonomes, et réduira la discrimination dont elles sont victimes. C’est l’un des moyens de mettre leur cause au premier plan de l’action politique.

Le micro-crédit pour le travail en indépendant donne plus d’autonomie aux femmes quant à leur capacité à prendre des décisions. De la même façon, accorder aux femmes le financement nécessaire pour maîtriser les TIC et monter leur propre entreprise dans ce domaine les aidera à mieux gagner leur vie et à devenir plus autonomes. Les Nations-Unies ont déclaré 2005 comme étant l’ « année du Micro-Crédit ».

C’est pour cette raison que le gouvernement du Bangladesh, ainsi que les organisations non-gouvernementales (ONG), devraient commencer à distribuer des petits prêts aux femmes intéressées afin de les encourager à être indépendantes en apprenant les TIC et en travaillant dans ce secteur. Le troisième Objectif de Développement du Millénium (ODM) que les Nations-Unies se sont fixé est l’égalité des sexes et l’émancipation des femmes. Il vise à réparer les inégalités par le biais de politiques et de programmes permettant aux femmes d’être plus qualifiées et leur ouvrant les portes des mondes économiques et politiques, leur garantissant ainsi la sécurité. Il ne fait donc aucun doute que les TIC joueront un rôle de soutien pour atteindre rapidement cet objectif.

Comment les TIC peuvent-elles aider les femmes ?

Les TIC peuvent être profitables aux femmes de plusieurs manières. Elles facilitent leurs participations dans divers secteurs et régions. Elles peuvent également rendre accessibles aux femmes les informations nécessaires pour améliorer leur bien-être et celui de leur famille. L’arrivée d’ordinateurs dans les bureaux a amélioré la qualité et la portée du travail des femmes dans les domaines de la saisie de donnée, de l’analyse, de la programmation et des tâches administratives et de secrétariat. De plus, les TIC leurs permettent d’échanger des points de vue, des opinions et des informations, beaucoup plus facilement qqqu’avec d’autres moyens de communication.

Les TIC ont un lien stratégique avec la réduction de la pauvreté. Internet, les e-mails et les téléphones portables sont en tête de liste des nouveaux outils. Les TIC permettent aux femmes ainsi qu’aux populations les plus pauvres de s’émanciper directement en leur offrant l’accès à des services qui leur étaient traditionnellement fermés en raison du coût élevé ou de l’absence d’infrastructures, surtout dans les zones rurales. Désormais, l’achat/vente ou la location d’équipements TIC sont une source de revenus. Par exemple, le téléphone portable a déjà permis de rapporter de l’argent à un grand nombre de femmes vivant dans les campagnes bangladaises. Les centres de formation en informatique de notre pays devraient fixer le programme des cours en accord avec le besoin et la demande nationale. L’accès à Internet est encore très limité pour plusieurs raisons telles que la faible télédensité, le faible réseau électrique, le coût trop élevé des ordinateurs et une mauvaise connaissance de l’utilisation d’Internet. Le public ne peut que difficilement accéder à Internet dans les centres téléphoniques privés et les cybercafés. Bien que les sièges sociaux divisionnaires et quelques quartiers aient accès à Internet, son utilisation commerciale est cependant réduite en raison de la limite de la bande-passante. Malgré la chute rapide du coût des services Internet, il reste encore trop élevé pour la majorité des gens et étudiants. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire que :

• La communication via Internet soit accessible à tous dans le pays ;

• Un réseau de données national à haut débit soit établi dans le pays, reliant les villes principales, les sièges sociaux de quartiers importants ainsi que dans les upazilas de grande ampleur. Le projet Bangladesh Telegraph and Telephone Board devrait mis en place.

• Une assistance technique soit dispensée par des compagnies de renommée mondiale dans le but de construire une infrastructure de réseau à l’échelle nationale. De plus, les relations avec l’Union Internationale de la Communication devrait être renforcées afin de réduire le fossé numérique.

• Une utilisation satisfaisante de l’autoroute de l’information globale soit assurée ;

• Toutes les écoles, lycées et universités soient reliés au réseau Internet. C’est un programme d’urgence qui doit être mis en place en priorité. Ainsi, les femmes vivant dans les zones rurales pourront utiliser Internet et être formées aux TIC.

L’accès aux TIC à l’université n’a pas eu le succès escompté. L’introduction des TIC au primaire, au secondaire et au-delà n’est pas satisfaisante du tout. Seul un nombre restreint d’écoles et de collèges urbains bénéficient d’installations TIC dans un but éducatif. Il y a un profond décalage sur le marché entre la demande pour des cours et l’offre. Nous ne produisons pas un nombre suffisant de professionnels TIC qualifiés dans nos centres éducatifs et de formation pour répondre à la demande nationale. La tendance à émigrer qu’ont les professionnels TIC de qualité est alarmante. Il faut donc :

• Instaurer un programme éducatif dans l’ingénierie du logiciel, dans la communication informatique et dans le multimédia avec une technologie de pointe

• Rendre obligatoire l’apprentissage des outils informatiques de base pour otus les étudiants en cursus universitaire.

• Proposer des diplômes TIC dans les instituts polytechniques et les autres centres de formation.

• Encourager en priorité les filles, les femmes et les jeunes à suivre des cours de formation en TIC conformément à la demande du marché.

• Introduire un système de cours de commerce ouvrant droit à un diplôme et dispensés par correspondance universitaire grâce au réseau TIC ( doublé d’émissions de télévision et de radio) dans le cadre de l’Open University.

• Créer un centre national de formation spécialisée pour enseignants, afin de résoudre le problème de la forte pénurie de professeurs qualifiés en TIC.

• Offrir un accès libre ou subventionné aux étudiantes et enseignantes à l’université et au lycée .

• Relier en réseau toutes les universités et les institutions d’éducation supérieure pour un meilleur accès au savoir et à l’information.

• Mettre en avant le primaire et le secondaire pour un bénéfice à long terme dans l’industrie TIC.

• Créer plus de centres de formation en TIC pour les jeunes filles et les femmes. Les étudiants pauvres et méritants, les filles sans-emploi et les femmes devraient avoir accès à une formation, à un logement et à du matériel gratuitement.

• Proposer aux femmes à l’issue de leur formation un prêt bancaire avec des facilités, pour qu’elles puissent monter un cybercafé, un centre informatique ou de formation dans les zones urbaines ou rurales.

• Les centres éducatifs et les ministères distribuent gratuitement le logiciel parlant JAWS, et offrent des logiciels standards aux étudiants handicapés.

• Que le gouvernement du Bangladesh, le Bangladesh Telegraph and Telephone Board ainsi que les compagnies téléphoniques de notre pays encouragent davantage les femmes au chômage à diriger des sociétés dans le domaine de la téléphonie, du Fax, de l’assemblage informatique, etc.…

La politique TIC.

Notre cher premier ministre a déjà déclaré que les TIC étaient les secteurs dans lesquels il fallait investir. La politique concernant les TIC vise à fonder, dès 2006, une nation rompue aux TIC, et dont la société est basée sur le savoir. Selon cette politique, afin de réaliser les objectifs, nous allons devoir travailler durement dès aujourd’hui et prendre les initiatives nécessaires au plus vite. D’autre part, il faudrait inciter plus de professionnelles des technologies de l’information à nous aider à mettre en place cette politique et à en réaliser les objectifs en insistant sur le fait que cela peut constituer pour elles un point de départ dans leur carrière et un moyen de les consolider.

Remarque : Parvez Babul est un activiste d’une ONG. »

Traduit par Caroline Lautour, stagiaire en traduction pour Aedev, Université d’Orléans.