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26 janvier 2007 | Imprimer cette page

Nouvelles filières pour le don de médicaments

par N. Wihlm

Le don humanitaire des médicaments non utilisés est désormais interdit par la loi. Le réseau Cyclamed, qui organisait cette collecte au nom de la filière pharmaceutique, continuera de reprendre les médicaments en pharmacie mais à des fins de « sécurité sanitaire domestique et environnementale » précise l’association. Tous les restes de médicaments seront incinérés.

C’est une bonne nouvelle, car ce qui partait d’une idée généreuse, à la création de Cyclamed en 1993, s’est révélé contre-productif dans certains pays, et même en France, alimentant des circuits parallèles en dehors de tout accompagnement médical.

En effet, les médicaments non utilisés posent de multiples problèmes.
Des problèmes de conservation et de traçabilité, d’une part. Rien ne garantit que les particuliers aient conservé les médicaments qu’ils rapportent dans de bonnes conditions (à l’abri de la chaleur ou de l’humidité, par exemple).
Ensuite, les délais entre le retour en pharmacie des médicaments non utilisés (MNU) et leur arrivée sur le terrain - il faut les trier, les reconditionner et les acheminer - font qu’une bonne part arrivent déjà périmés ou en passe de l’être.
Enfin, ces MNU sont sortis du circuit pharmaceutique. Cela signifie que si un laboratoire procède à un rappel de lot en raison d’un défaut de fabrication, les MNU concernés risquent fort de passer à travers les mailles du filet.

L’autre souci avec les MNU, c’est qu’ils sont très souvent inadaptés aux besoins des pays dans lesquels ils sont envoyés. La plupart concernent des pathologies communes dans les pays du Nord, mais ne sont pas sur la liste des médicaments essentiels pour la majorité des pays du Sud.

Les pays en voie de développement se regroupent désormais pour acheter des génériques aux laboratoires pharmaceutiques. Les grandes ONG, comme la Croix Rouge ou Médecins Sans Frontières font de même, plutôt que d’utiliser les médicaments non utilisés. Ces professionnels de l’humanitaire et de la santé ne font qu’appliquer là une recommandation de l’OMS datant de 1996.

Source : Pharmaciens Sans Frontières