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12 avril 2006 | Imprimer cette page

Tunisie : après le sommet, l’école

par Khaled KOUBAA

Rencontre avec Henda Ben Ghezala, directrice générale du Centre de calcul El Khawarizmi, un des lieux principaux où se fait l’Internet tunisien.

Question :Quelle place occupe Internet dans la formation des
jeunes ?

Henda Ben Ghezala : Le nombre d’enfants possédant une station pour se connecter ne cesse de s’accroître.

Le Centre National de l’Informatique Pour l’Enfant qui a vu le jour en 1996, à l’initiative du président de la République, a pour mission principale la formation des enfants de 5 à 15 ans dans le domaine des Tics. Depuis 1997, avec le lancement de « l’école de demain », le pays a misé sur l’initiation à la manipulation des technologies par les jeunes. Ce travail de base est accompagné par une stratégie nationale au niveau des études supérieures.

Pour cela, le Centre de Calcul El Khawarizmi a été désigné en juillet 1997 comme fournisseur de services Internet au profit des institutions universitaires. Enfin, pour favoriser l’employabilité, des efforts de mise à niveau en Tics des jeunes diplômés sont déployés.

On note aussi le rôle très positif du programme de formation complémentaire 2121, des pépinières d’entreprises et
des technopoles.

Question : Quel rôle joue le Centre de Calcul El Khawarizmi
(CCK) ?

HBG : Créé en octobre 1976, le CCK a pour mission de mettre à la disposition des enseignants-chercheurs et des étudiants des moyens informatiques et de leur offrir l’aide et l’assistance nécessaire.

Le CCK a instauré le Réseau National Universitaire (RNU) et a été le support technologique à l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur et de recherche pour l’accès à Internet avec les services de base.

Il gère le RNU et offre un ensemble d’applications et de services, notamment les services à distance mis à la disposition de la communauté scientifique pour les travaux de recherches. Le CCK gère actuellement pus de 20 000 abonnés et près de 300 000 utilisateurs qui exploitent plus de 40 Mbits de bande passante internationale (sur les 140 disponibles pour le RNU).

Question : De quels services en ligne dispose la communauté Universitaire tunisienne ?

HBG : Ils sont nombreux. Par exemple, l’université virtuelle de Tunis propose déjà un bon nombre de cours et de formations en ligne. Les universités tunisiennes veulent offrir d’ici à 2009 20% de l’ensemble de la formation à distance. L’inscription en ligne se généralise et elle sera obligatoire pour tous les étudiants à la rentrée 2006-2007. Idem pour l’orientation universitaire, pour laquelle nous avons mis en place une adresse web unique.

Citons enfin la Bibliothèque virtuelle des Ressources Universitaires qui donne l’accès en ligne au catalogue collectif national des ressources informationnelles existantes ou encore la mise en ligne de l’Information scientifique et technique sur un portail unique : 7000 revues électroniques internationales, pour la plupart en texte intégral y sont disponibles.

Question : Quels sont les projets en faveur des nouveaux
usages de l’Internet ?

HBG : Dans son programme électoral de 2004, le président
Ben Ali a défini de nouvelles ambitions visant au renforcement des acquis nationaux en matière de Tics et l’ancrage de la culture numérique pour tous les citoyens.

D’ici à 2009, l’objectif fixé est de généraliser les ordinateurs à tous les niveaux de l’enseignement scolaire. Ce même programme entend consolider le RNU en créant l’Intranet de l’enseignement supérieur selon les normes de l’Internet deuxième génération.
Sous l’égide du ministère de l’Enseignement supérieur,
le centre a déjà commencé le développement du RNU2 qui accomplira l’ensemble des services que l’Internet 2ème génération (IPv6, sécurité…) est censé offrir. RNU2 garantira notamment l’Internet haut débit dans tous les établissements, le traitement de très importants volumes de données générés par les recherches scientifiques avancées, un système d’échange et de transfert de données hautement sécurisé et la souplesse pour s’adapter à l’exigence de la communauté scientifique. La réussite du RNU2 est liée à l’instauration des Réseaux Virtuels Privés (VPN) qui vont permettre de créer un Intranet universitaire sécurisé à l’intérieur de chaque université, de chaque
établissement d’enseignement et de recherche et de chaque campus universitaire, et de les connecter avec
une large bande passante à l’Internet commercial, aux réseaux nationaux et aux réseaux de recherche internationaux.

Il y aura des VPN créés pour mettre en réseau des communautés scientifiques nationales avec leurs collègues appartenant à des universités étrangères.
Par exemple, les facultés de médecine tunisiennes pourront travailler en réseau et de façon sécurisée
avec d’autres facultés de médecine dans d’autres pays.

Entretien Khaled Koubaa, consultant en NTIC
Pour le compte de www.societesdelinformation.net