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8 février 2006 | Imprimer cette page

Zimbabwe : le recul du Sida lié à un changement du comportement sexuel

par N. Wihlm

Un changement du comportement sexuel surtout chez les jeunes a permis de diminuer la prévalence d’infections avec le virus du sida dans l’est du Zimbabwe.

Selon une étude internationale parue dans la revue Science du 3 février 2006, le nombre de cas d’infections au Zimbabwe a chuté de près de 50% chez les
jeunes filles de moins de 25 ans. Les auteurs de cette étude, conduite par le Dr. Simon Gregson de l’Imperial College de Londres, attribuent ce recul au fait que les
jeunes attendent plus longtemps avant d’avoir leur première expérience sexuelle et ont aussi moins de partenaires occasionnels.

Dans le groupe de jeunes femmes de 15 à 24 ans étudié, le nombre de personnes infectées par le virus a chuté de 49% entre la période 1998-2000 et la période 2001-2003. La baisse s’est élevée à 23% chez les hommes de 17 à 29 ans durant la même période.

En 2003, le Zimbabwe comptait environ 1,8 million de personnes infectées avec le virus du Sida sur une population de 12 millions d’habitants, soit 15% du total.

"Sans pouvoir le dire avec une certitude absolue, la peur de contracter le VIH, le virus de l’immunodéficience humaine et le Sida
(syndrome d’immunodéficience acquise), paraît avoir influencé ce changement de comportement au Zimbabwe, un pays où la population est bien éduquée et doté d’un bon système de communications et d’une bonne
infrastructure de soins", a expliqué le Dr. Gregson.

Pour réaliser cette étude, ces chercheurs ont étudié un groupe de 9.454 personnes sélectionnées à partir des statistiques de deux recensements nationaux, le premier conduit de 1998 à 2000 et le second
de 2001 à 2003. Globalement, sexes et âges confondus, ils ont conclu que la prévalence du nombre de séropositifs est tombée de 23% à 20,5% entre ces deux
recensements.

"Un des raisons les plus importantes de ce recul semble être une diminution du nombre des relations sexuelles occasionnelles", a ajouté le Dr. Geoffrey Garnett, de l’Imperial College de Londres et un des co-auteurs de cette étude. "Le fait que les jeunes soient devenues actifs sexuellement plus tardivement et la plus grande utilisation des préservatifs ont aussi contribué à la diminution du nombre de personnes infectées", a-t-il dit.

L’étude indique que chez les hommes de 17 à 19 ans, seulement 27% étaient déjà actifs sexuellement dans le recensement effectué entre 2001 et 2003, comparativement à 45% dans le précédent (1998/2000).

Chez les femmes de 15 à 17 ans, la proportion de celles ayant déjà commencé à avoir des relations sexuelles est tombée de 21 à 9%.

Si le Zimbabwe connait une évolution encourageante, l’Afrique sub-saharienne continue a être l’épicentre du Sida en concentrant 60% de toutes les personnes infectées dans le monde.

Selon une deuxième étude internationale également publiée jeudi dans Science, près de 30 millions de nouvelles infections avec le virus du Sida pourraient être évitées au cours des dix prochaines années avec
des programmes de prévention adéquats dans les pays en développement et à revenus moyens.

Source : AFP