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13 novembre 2005 | Imprimer cette page

Adoption d’un projet de plan d’action pour le développement du web au Maroc

par Abdelkader Bounar

S’agit-il enfin de la genèse de l’ère de l’Internet au Maroc ? Les premières Assises de ce secteur, qui se tiennent aujourd’hui au Centre international de conférences Mohammed VI à Skhirat, peuvent bien, en tout cas, nous permettre d’avoir de l’espoir. En effet, les initiateurs et promoteurs de cette rencontre visent très haut, avec un projet de plan d’action pour encourager, développer et promouvoir l’utilisation de l’Internet au Maroc. Préparé par le département de tutelle en collaboration avec d’autres départements ministériels et les principaux acteurs du marché, celui-ci doit être débattu et adopté à cette occasion

Organisées par l’ANRT (Agence nationale de réglementation des télécommunications), en collaboration avec le ministère chargé des Affaires économiques et générales, ces Assises ont été la consécration d’un processus préparatif axé sur une concertation avec les professionnels et une consultation publique lancée par les organisateurs pour recueillir des avis sur les thématiques actuellement traitées dans ce cadre. Pour les professionnels associés, il s’agit des associations professionnelles, des opérateurs de télécoms, des fournisseurs de services Internet et des institutions financières

Cette rencontre se déroulera en trois temps, avec trois panels reflétant la structure dudit plan d’action. Il s’agit des axes relatifs à l’infrastructure et accès, au contenu, à la formation et communication

En marge de ces Assises, le gouvernement et l’APEBI (Association des professionnels des technologies de l’information) procèderont à la signature d’un contrat-programme pour le secteur des TIC (voir notre édition d’hier), qui s’inspire, selon les responsables de l’Association, de la nouvelle politique industrielle dite Emergence, élaborée sur la base du rapport…McKinsey.

Les initiateurs de cette idée comptent sur ces Assises pour jeter les bases d’un vrai développement de l’activité de l’Internet au Maroc, surtout qu’elles arrivent à un moment où le segment de la téléphonie fixe est promu à un meilleur avenir après sa démonopolisation. En attendant l’impact de cette ouverture, l’Internet au Maroc reste un segment sous développé. En effet, selon une enquête nationale sur l’utilisation des technologies de l’information au Maroc au niveau des ménages et des entreprises, publiée récemment par l’ANRT et qui est considérée comme la première du genre, le taux de pénétration de l’Internet reste faible aussi bien à domicile que pour les entreprises.Ainsi, environ 120.000 ménages disposent d’une connexion à domicile, soit un taux de pénétration dans la population totale de 0,4%. Par contre, la pénétration de l’ADSL (Internet à haut débit) est importante avec 60.000 ménages équipés soit 0,2% de la population marocaine. Exprimé en nombre d’utilisateurs potentiels, cela représente environ 600.000 individus ayant accès à Internet à domicile. Le mode de connexion à l’Internet demeure encore dominé par les connexions de type RTC, mais l’ADSL représente déjà plus de 45% de part de marché

Près de 12% de la population totale, soit environ 3,7 millions, accède à l’Internet en dehors du domicile.Le budget consacré à Internet (tous lieux d’accès confondus) est assez restreint : 63,7% des internautes y consacrent moins de 100 DH mensuel. En milieu rural, 72,6% des internautes y consacrent même moins de 50 DH. En général, ce budget reste ainsi sensiblement moins élevé que celui consacré à la téléphonie mobile.

Même si le taux d’accès à Internet en dehors du foyer est nettement plus important que la connexion à domicile, celui-ci reste, toutefois, un préalable incontournable à la diffusion de l’Internet. Ce retard enregistré par la connexion à domicile est dû, selon l’étude, à la perception négative du web et au sous-développement du commerce électronique

L’absence d’accès à l’Internet à domicile s’explique de différentes manières selon le milieu de résidence du ménage. En milieu rural, l’analphabétisme ou le manque de formation constitue la raison principale : elle est mise en avant par 63,3% des individus vivant en milieu rural électrifié devant « le prix trop élevé » pour s’équiper en accès à Internet à domicile (37,7%). Cette dernière est par contre la raison principale du non équipement en accès Internet à domicile en milieu urbain (58%) devant le non équipement en ordinateur (38%).

En ce qui concerne les points négatifs perçus de l’Internet, il s’agit notamment du « mauvais contenu pour les enfants » et « du prix trop élevé » et ce, quels que soient la catégorie socioprofessionnelle du chef de ménage, le milieu de résidence, le sexe et l’âge de l’individu.

Pour les freins à l’achat sur Internet, l’obstacle majeur est l’absence d’utilité perçue (46,1%). Par ailleurs, les Marocains estiment que la disponibilité des produits n’est pas satisfaisante (38,3%) et que les prix sur Internet sont trop élevés (33%). Enfin, les problèmes liés à la sécurité des transactions d’achat (25%) et à la nécessité d’avoir une carte de paiement internationale pour effectuer des achats (24,1%) constituent des freins importants à l’achat en ligne.S’agissant des entreprises, en moyenne, 90% d’entre elles disposent d’une connexion à l’Internet (soit environ 35.000 entreprises connectées) dont moins de 1% via un accès sans abonnement. Les offres ADSL sont de loin les solutions les plus utilisées par les entreprises pour accéder à l’Internet, soit plus de 60%. Pour l’accès personnalisé, parmi les entreprises déclarant disposer d’une connexion Internet, en moyenne 56% des postes y sont connectés, soit environ un ordinateur sur deux

Par ailleurs, sur l’ensemble des entreprises, 38% déclarent disposer d’un site web, soit environ 15.600 sites pour les entreprises marocaines. Parmi ces dernières, 78% disposent d’un nom de domaine propre et pour 75%, ce site est de type commercial.Sur l’ensemble des entreprises, seules 14% déclarent avoir recours à des achats en ligne et ce, pour un montant ne dépassant pas 4% du volume global des achats de l’entreprise dans 95% des cas.La vente en ligne est encore plus faible, puisque seules 4% des entreprises interrogées déclarent la pratiquer et ce, pour des montants représentant dans plus de 50% des cas un peu plus de 5% du chiffre d’affaires.

Le Matin du sahara