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4 novembre 2005 | Imprimer cette page

Obstacles à l’intégration à la société de l’information : Le cas du Cameroun

par Honoré TAPOKO

Au-delà des bonnes intentions, quels obstacles minent actuellement la participation véritable du cameroun à la société de l’information.

Philippe Drouot d’Africacomputing a démontré que les professionnels de l’internet en Afrique payent excessivement cher des débits très faibles. A titre d’exemple, il a indiqué que Le prix des lignes spécialisées est prohibitif en Afrique. Ainsi le prix d’une LS de 64 Kbits/s se situe entre 700 et 1000 euros par mois dans la plupart des pays : le tarif d’une LS au Niger (64 Kbits/s) est à peu près identique au prix d’une LS au Cameroun (64 kbits/s) ou en Côte d’Ivoire alors que chacun de ces deux pays dispose d’une bande passante 25 fois plus importante. A titre de comparaison, il indique qu’en France, un abonné à l’ADSL ou au câble dispose de 512 Kbits/s pour environ 30 euros par mois : c’est-à-dire que pour 30 fois moins cher, il va 8 fois plus vite, soit un rapport de 240 entre les deux !
Ce coût prohibitif de la bande passante est évidemment ré^percuté sur l’utilisateur final.
D’autres causes représentent des obstacles à l’intégration à la société de l’information, on peut citer entre autres :
· La vétusté du réseau de télécommunications ne facilite pas l’offre des nouvelles applications des TIC.
· Le faible taux de pénétration du téléphone fixe, phénomène plus accentué dans les zones rurales.
· La faible couverture nationale du réseau de distribution électrique et des voies de transport
· L’insuffisance de la couverture nationale en matière de réseau audiovisuel
· L’inexistence d’un backbone national fiable
· L’inexistence de la culture du numérique
· L’utilisation des faibles des TIC dans l’administration et les milieux professionnels
· Une perception des TIC réduite à l’utilisation de l’Internet, présent uniquement dans les grandes villes.
Le Cameroun qui est signataire de la déclaration du millénaire et de la déclaration de Bamako doit s’atteler plus que jamais à lever ces obstacles pour prendre en compte les besoins de ses citoyens et les objectifs de développement.