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16 octobre 2005 | Imprimer cette page

L’Afrique de l’ouest, nouveau triangle de la drogue

par Kouma Laurent Dekalikan

L’hebdomadaire américain Newsweek consacre cette semaine un article sur la façon dont les trafiquants colombiens tentent d’acheminer la cocaïne en Europe. Ils utilisent désormais l’Afrique de l’ouest comme base temporaire de réexportation. Une région bien moins surveillée que les routes traditionnelles. La marchandise est acheminée par bateau ou avion vers les côtes africaines avant d’être réexpédiée en Europe.

Il y a quelques semaines, explique le magazine, la police espagnole a intercepté un petit bateau battant pavillon ghanéen qui avait à son bord 3 tonnes de cocaïne d’excellente qualité. En décembre dernier, les mêmes services avaient arraisonnés une embarcation venant du Togo avec dans ses soutes 4,5 tonnes de coke.
Dans ces deux affaires, ce qui est inhabituel ce n’est pas tant les quantités saisies mais la provenance des bateaux.

Selon les experts de la lutte anti-drogue européens, les cartels colombiens éprouvent de plus en plus de difficultés à exploiter les réseaux d’acheminement classiques. C’est la raison pour laquelle ils ont jeté leur dévolu sur les ports d’Afrique de l’ouest. 1/ 3 de la cocaïne produite en Amérique du sud transiterait par l’Afrique de l’ouest.

Pour les experts internationaux, les Colombiens trouvent toutes les facilités sur place. Perméabilité des frontières, corruption et des gouvernements qui n’ont ni le temps ni les moyens financiers de combattre le fléau.

C’est la raison pour laquelle les Américains financent « l’opération groupée ouest-africaine », une initiative qui a permis de saisir en 2004 13 tonnes de cocaïne au Togo, Bénin, Ghana, et Cap Vert

Mais pour un spécialiste de la DEA (le département anti-drogue américain) basé en Afrique de l’ouest, le trafic risque de s’amplifier dans les prochains mois : « Je vois les choses se dégrader avant d’obtenir enfin une amélioratio », explique-til.

Les narco-trafriquants ont encore de beaux jours devant eux.

Newsweek du 29 août 2005