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13 septembre 2005 | Imprimer cette page

Une plante asiatique contre la paludisme

par N. Wihlm

Des chercheurs français du CNRS et de l’Inserm à Toulouse ont mis en évidence le mécanisme d’action de l’artémisinine, une molécule extraite d’une variété d’armoise, plante asiatique très active dans la lutte contre le paludisme. Dans un article publié dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences of USA (PNAS), ils expliquent comment cette molécule peut tuer le parasite. Ces résultats ouvrent la voie à la création de nouveaux médicaments antipaludiques efficaces.

Le paludisme ou malaria pose un problème majeur de santé publique et de développement. Plus de 40% de la population mondiale est exposée à cette maladie parasitaire qui tue près de 3 millions de personnes par an, principalement en Afrique.
Le paludisme avait été efficacement endigué dans de nombreux pays par la mise en place de mesures d’hygiène (assèchement des marécages, lieux d’éclosion des larves de moustiques, utilisation d’insecticides) et par le développement de médicaments efficaces et bon marché comme la chloroquine. Pourtant, depuis le début des années 1980, le paludisme est de nouveau en pleine expansion. Il a réapparu dans certains pays d’où il avait été éradiqué et est aujourd’hui responsable de trois à quatre fois plus de morts qu’en 1970. Cette recrudescence est liée à la généralisation des résistances du parasite à la chloroquine et aux autres antipaludiques classiques (sulfadoxine-pyriméthamine en Afrique, méfloquine en Asie).

Dans la lutte contre ce fléau, un produit est particulièrement intéressant : l’artémisinine. Cette molécule, extraite d’une variété d’armoise, est utilisée principalement en Asie. Les rendements d’extraction en artémisinine ne sont satisfaisants que lorsque cette plante est cultivée dans les conditions de sol et de climat des hauts-plateaux chinois et vietnamiens. La capacité actuelle de production est de 5 à 6 tonnes par an alors que la quantité nécessaire pour traiter les 400 à 600 millions de cas de paludisme recensés chaque année serait de l’ordre de 300 tonnes. L’approvisionnement devient alors très vite insuffisant. Une équipe de recherche du CNRS a donc cherché à comprendre le mécanisme d’action de l’artémisinine. En saisissant la façon dont ce médicament tue le parasite, il sera possible de faire la synthèse de nouveaux antipaludiques efficaces.

Source : Communiqué de presse du CNRS
07 septembre 2005