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10 juillet 2005 | Imprimer cette page

Bon anniversaire Aimé Césaire

par Daouda Hamadou

Aimé Césaire fête, ce dimanche 26 juin, ses 92 printemps. L’occasion de nous livrer à notre sport favori : fureter sur le net. Ainsi, en tapant ’Aimé Césaire’ dans Google, vous obtiendrez ’810 résultats pertinents’. C’est étonnant, voire même décevant. Si l’on s’en tient aux 200 premières références (le quart de celles disponibles et les plus pertinentes), il n’y a pas un site digne de ce nom consacré à l’illustre écrivain et homme politique martiniquais. De fait, la première référence est Cesaire.org qui est le site de l’exposition organisé par l’Unesco en l’honneur d’Aimé Césaire. Donc pas de site officiel consacré à l’homme de lettres. Dommage ! Car ce chantre de la négritude mérite largement une présence plus marquée sur la toile.

Complet mais insuffisant

Ce qui est certain, c’est que vous ne sortirez pas bredouille de votre quête virtuelle. Les pages qui sont consacrées au poète sur Afriqueweb.net constituent une ébauche de ce qui pourrait être une présence virtuelle plus affirmée. On y retrouve ainsi des informations sur la vie de Césaire. Sa naissance dans la commune de Basse Pointe (Pointe-à-Pitre) dans une famille martiniquaise modeste, l’élève et le normalien brillant qu’il était, sa rencontre déterminante avec Léopold Sédar Senghor, la création du journal L’Etudiant Noir et la naissance du mouvement de la négritude. Le mot apparaît, pour la première fois, dans le chef d’œuvre de poésie de l’écrivain, Cahier d’un retour au pays natal, paru en 1939. Il le définit comme « la simple reconnaissance du fait d’être noir, l’acceptation de ce fait, de notre destin de noir, de notre histoire et de notre culture ». Il est aussi question de son engagement politique de tout temps qui le conduira à la création, en 1958, du Parti Progressiste Martiniquais et à prendre les rênes de la commune de Fort-de-France.

Sur Afriqueweb, vous retrouverez également l’œuvre de Césaire. De Soleil cou coupé(1948), recueil de poèmes, à la Tragédie du roi Christophe (1963), une pièce de théâtre, en passant par son mémorable essai Discours sur le colonialisme (1955), dont des extraits sont également disponibles sur cette page de Cliotexte. De même que quelques poèmes sur le site Poésie.caloucaera.net. Pour vous aider a vous retrouver dans cette riche bibliographie, Zananas-Martinique vous en fournit un récapitulatif incomplet mais illustré.

En attendant aimecesaire.com

Dans la même optique, celle de procurer une information précise et exhaustive, le site de l’Université Lehman (New-York), dans sa rubrique ’Ile en île’, consacre une page synthétique mais riche à l’homme de lettres. Dans cette même rubrique, on peut lire le texte hommage, intitulé Sur Aimé Césaire de Daniel Maximin. Auteur et conseiller à la Mission pour les Arts et la Culture au Ministère de l’Éducation nationale, c’est à lui qu’a été confié, en 1997, la lourde tâche d’organiser la célébration française du cent-cinquantième anniversaire de l’abolition de l’esclavage.

Après l’œuvre, place à l’homme. Les archives du Magazine littéraire propose un entretien d’Aimé Césaire datant de 1969 et la revue littéraire Lire en publie un autre, datant de juin 2004, méné par l’écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé [1]. L’occasion de vous rendre compte que le temps n’a pas entamé l’esprit acéré de l’homme politique. Notons qu’on retrouve beaucoup de références anglaises sur le net, ce qui témoigne, si besoin en était, de la portée de l’œuvre d’Aimé Césaire. La présente sélection n’a pas l’ambition d’être exhaustive mais elle constitue une petite promenade sympathique sur le net à la découverte d’un homme exceptionnel. Bon anniversaire M. Césaire ! Et en attendant un ’vrai site’, prière d’accepter ce présent virtuel mais bien réel.

[1] Elle préside actuellement le comité français pour la mémoire de l’esclavage