Accueil : Espace formation : Formations gratuites : Droit :

12 juin 2005 | Imprimer cette page

Lutte contre le trafic d’enfants : le point

par Kouma Laurent Dekalikan

Le phénomène est récurent dans les régions frontalières du Togo avec les pays voisins, particulièrement dans la préfecture de l’Est-Mono (300 kms au Nord-est de Lomé). Selon un rapport publié par les services des affaires sociales, 82 enfants ont été soustraits des griffes des trafiquants d’enfants en 2004 et 43 durant le premier semestre de l’année en cours, rien que pour la seule préfecture de l’Est-Mono.

Combien sont-ils chaque année à franchir les frontières sans avoir été répérés et récupérés ? Difficile de le dire mais d’après des responsables d’ONG de lutte contre le trafic des enfants, pour dix enfants sauvés, le double passe à travers les mailles des filets.

Réunis dans la semaine du 10 au 15 Mai à Elavagnon, chef-lieu de la préfecture de l’Est-Mono, tous les acteurs de la lutte contre ce fléau ont convenu d’intensifier leurs actions. Une série de mesures a donc été adoptée.

L’une d’elles consiste en un changement de qualificatif au phénomène. Ainsi, au lieu de "trafic des enfants", l’on parlera désormais de "traite des enfants". Selon l’un des participants à la réunion, ce nouveau qualificatif inclu la maltraitance et l’enlèvement des enfants, ajoutant une circonstance agravante à l’infraction.

Il est aussi question de doter les comités villageois de lutte contre la "traite des enfants" de moyens de transport conséquents, notamment de motos tout-terrain, afin de leur permettre de s’adapter aux nouvelles stratégies des trafiquants, qui ne convoient plus les enfants à pied à travers la forêt, mais à moto."Lorsque le lièvre change sa façon de courir, il faut changer la manière de lui lancer le gourdin", ajouetera un autre participant à la rencontre d’Elavagnon, pour illustrer cette dernière mesure.