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24 juin 2005 | Imprimer cette page

Les villes chinoises malades de leur croissance effrénée

par N. Wihlm

La rapidité de l’urbanisation et de l’industrialisation en Chine est synonyme de pollution aggravée, menaçant la santé des citadins, tandis que les infrastructures nécessaires à un développement durable font encore souvent défaut.

Les villes chinoises comptent aujourd’hui plus de 520 millions d’habitants, contre environ 200 millions il y a 25 ans, et l’exode rural s’accélère tandis que la majorité des revenus des paysans ne proviennent plus de l’agriculture. Les cimenteries, la sidérurgie, le bâtiment et les travaux publics, sont autant de piliers de l’économie chinoise, qui, avec l’irruption de l’automobile, transforment le paysage urbain. Mais ce développement, loin d’être maîtrisé, n’est pas toujours synonyme d’une meilleure qualité de vie.

Les responsables locaux, parfois corrompus, acceptent souvent la dégradation du cadre de vie comme un prix à pour accélérer la croissance économique, selon Sze Pang Cheung, directeur de campagne de Greenpeace en Chine. La Chine ne manque pas de lois pour protéger l’environnement mais les fonctionnaires ne sont pas motivés pour les faire appliquer car "leur poste ou leur promotion dépendent de la croissance qu’ils parviennent à créer", explique Sze.

La qualité de l’eau pose un grave problème. Selon un rapport publié début juin par le gouvernement, près de 200 villes ne disposaient pas en 2004 de traitement des déchets ni des eaux usées. Au total, seulement un tiers des eaux usées et 57% des déchets sont traités en Chine, d’après le rapport qui constate que les installations existantes sont "incapables d’assurer un développement durable dans les villes".

Les sept plus grands cours d’eau du pays sont pollués, selon les statistiques officielles. "L’eau de nombreuses rivières est impropre à la consommation. Mais il y a pire, certains cours d’eau ne peuvent même plus être utilisés pour l’irrigation", selon Sze Pang Cheung.

La pollution atmosphérique, elle, "est la plus grave dans les grandes villes de plus de 2 millions d’habitants. A Pékin, Shanghaï (est), Canton et Shenzhen (sud), c’est un mélange d’émissions de charbon et de gaz d’échappement automobiles", explique de son côté M. Pan Yue, directeur adjoint du Bureau national de protection de l’environnement.

Sans économies d’énergies et une meilleure utilisation des ressources naturelles, "lorsque le Produit intérieur brut chinois aura doublé en 2020, le fardeau créé par la pollution aura doublé lui aussi", prédit Pan Yue qui entrevoit une véritable crise de l’environnement en Chine d’ici cinq à quinze ans.

Source : Batiweb
Directrice de la publication : Anne IMBERT