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6 juin 2005 | Imprimer cette page

Développement durable : former des journalistes africains

par N. Wihlm

Depuis décembre 2004, un projet réunissant la région Wallone, la Fucid (ONG de l’Université de Notre-Dame-de-la-Paix), et Syfia, agence de presse francophone spécialisée sur l’Afrique, permet d’initier des journalistes sénégalais et congolais au développement durable. Le choix du Sénégal et du Congo est lié aux partenariats existants entre la région Wallone et ces deux pays.

Le projet a débuté le 1er décembre 2004 et sera mené pendant deux ans. Il comporte trois grandes phases, celle de l’analyse de l’existant et des besoins, celle de la formation à proprement parler et celle de la formation continue qui suivra.

La première étape a consisté à dépouiller la presse, au Sénégal comme au Congo, pour voir comment le sujet était abordé, ainsi qu’à contacter des experts locaux pour recueillir leur témoignages. Cette première phase a conduit aux constats suivants :

- Comme en Europe, le développement durable est majoritairement associé à une préoccupation d’écologiste, et les articles qui y sont consacrés ne proposent pas une vision globale.
- Les journalistes recourent très peu au experts parce qu’ils ont du mal à les identifier ou parce qu’ils les estiment "incompréhensibles " ; les experts trouvent, eux, les journalistes trop " superficiels". Les organisateurs de la formation ont donc fait venir des experts pour nouer des contacts entre ces deux "sources d’informations".

La seconde étape, celle de la formation, a déjà eu lieu à Dakar, et se tiendra début juin 2005 au Congo. Au Sénégal, 9 journalistes de la presse écrite ont été formés pendant une semaine. Les enseignants se sont surtout efforcés d’expliquer que le développement durable n’est pas un " domaine ou un sujet de plus mais une manière de voir et d’aborder les conséquences de chaque événement, fait ou phénomène. De nouvelles lunette de vue, en somme. "

La formation peut sembler très courte mais vise la prise de conscience, pas l’exhaustivité. Le projet se veut très concret et le nombre réduit de journalistes formés tient au fait que pendant un an et demi, ces derniers (qui recevront une petite aide financière de la région wallone) seront suivis, via un site Internet dédié, à travers leurs articles portant sur le sujet. Cette formation continue devrait, à terme, permettre la diffusion de 120 articles localement et trouver un relai dans les pays du Nord via Syfia international, qui espère les utiliser pour faciliter une meilleure connaissance des réalités locales.

Les journalistes ont bien accueilli la formation, même si au début, entendre parler de préserver les besoins des générations futures, quand ceux des générations actuelles ne sont pas satisfaits, leur a semblé difficile à accepter. Au-delà de la définition à adapter à la réalité africaine, les journalistes ont compris que le développement durable était autre chose qu’une notion "importée" et qu’il pouvait être une opportunité.

Sylvie Touboul
Mis en ligne le : 01/06/2005
© Novethic

Voir aussi :
- Le site de Syfia international, réseau d’agence de presse spécialisé sur le Sud et l’Afrique