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12 juin 2005 | Imprimer cette page

Sida : Kofi Annan veut galvaniser l’effort mondial contre la pandémie

par N. Wihlm

Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a mis en demeure jeudi 2 juin 2005 les dirigeants du monde à faire un réel effort et à adopter des mesures concrètes pour la lutte contre le sida.

« L’épidémie continue d’aller plus vite que nos efforts pour la contenir », a-t-il lancé, dans un discours à l’ouverture d’une réunion de haut niveau sur le sida, au siège de l’Onu à New York.

Soulignant que l’année dernière a vu plus de nouvelles infections et de décès dus à la maladie que jamais auparavant, M. Annan a affirmé que « si le monde veut réaliser l’un des Objectifs de développement du Millénaire (ODM) consistant à stopper et commencer à inverser la courbe de progression du sida d’ici à 2015, nous devons faire beaucoup, beaucoup plus ».

Il a cité certaines initiatives qui rencontraient des succès dans la lutte contre la pandémie, comme le programme "trois par cinq" de l’OMS et de l’Unaid, qui consiste à fournir des traitements anti-rétroviraux à trois millions de personnes dans des pays en voie de développement dès 2005. « Nous devons nous inspirer de ces succès et aller plus loin ».

Selon M. Annan, un tel effort exigera une action dans quatre directions : des ressources financières accrues, une meilleure planification pour assurer que les ressources sont utilisées efficacement, un "leadership" plus vigoureux à chaque niveau et un réel investissement en faveur d’un affranchissement des femmes et des filles. Ces dernières représentent désormais la moitié des personnes infectées par le virus dans le monde (voir l’article Les femmes face au sida).


Cas de la Chine : les populations migrantes facteur de risque

HONG KONG (Reuters) - La Chine court le risque d’une pandémie de sida si elle ne parvient pas à limiter la transmission du VIH parmi les dizaines de millions de "mingongs", cette population migrant d’une province à l’autre à la recherche d’un emploi, prévient un responsable chinois de la santé.

Wan Shao Ping, chargé de mission au sein d’un projet sino-britannique de prévention du sida et de soins dans la province du Sichuan (sud-ouest), met en exergue l’absence d’éducation aux risques sexuels chez cette population.

D’après les études dont disposent les autorités sanitaires, entre 10% et 48% des hommes de cette population estimée à 100 millions de personnes s’exposent à des conduites sexuelles à risque élevé. « Et dans ce groupe à risque d’individus de sexe masculin, 70% n’ont jamais utilisé de préservatifs », souligne le docteur Wan.

La plupart d’entre eux, poursuit-il, ignorent tout des risques du VIH/sida et de transmission du virus. Quant aux femmes qui appartiennent à cette catégorie de la population, nombre d’entre elles sont livrées à la prostitution lorsqu’elles ne peuvent trouver d’autres emplois au gré de leurs déplacements de province en province, note encore le médecin.

Après avoir longtemps ignoré les risques d’une pandémie, la Chine n’a que récemment pris en compte ce fléau. Des missions ont été envoyées par les autorités centrales dans des villages et des régions reculées pour éduquer les populations au risque du sida et aux pratiques sexuelles protégées. Mais le docteur Wan estime que l’effort est insuffisant et qu’il doit être porté en priorité sur les "mingongs".

© Reuters 2005