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24 avril 2005 | Imprimer cette page

Nepad : Un sommet sans ténors

par Kouma Laurent Dekalikan

Une dizaine de dirigeants africains et le double de ministres, réunis mardi à Charm el-Cheikh (Egypte), ont appelé les pays riches à davantage d’engagements pour soutenir le Nepad, l’ambitieux partenariat international pour le développement de l’Afrique. Cependant, la faible représentation de chefs d’Etat et de gouvernement et l’absence notable des deux pères-fondateurs du Nepad lancé en 2001, le Sud-Africain Thabo Mbeki et le Sénégalais Abdoulaye Wade, risquent de réduire la portée de cette réunion.

Dans son discours d’ouverture, le président égyptien Hosni Moubarak a appelé les donateurs à tenir leurs promesses et à renflouer les caisses du Partenariat africain.
"Nous soulignons l’urgente nécessité pour nos partenaires en développement de verser l’aide promise", a-t-il déclaré.

Le rapport d’activité estime de 50 à 75 milliards de dollars le flux d’aide supplémentaire nécessaire pour que l’Afrique atteigne les objectifs de développement du Millénaire (ODM) fixés par les Nations unies, à tenir d’ici à 2015.
Cependant, la faible représentation de chefs d’Etat et de gouvernement - une dizaine seulement - et l’absence notable des deux pères-fondateurs du Nepad lancé en 2001, le Sud-Africain Thabo Mbeki et le Sénégalais Abdoulaye Wade, risquent de réduire la portée de cette réunion.

La conférence, qui a permis d’accueillir officiellement le Soudan comme nouveau membre, a par ailleurs pris connaissance du premier rapport d’évaluation de quatre pays africains par leurs pairs, dans le cadre du Maep (Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs) : mais là encore les quatre pays concernés, le Ghana, le Kenya, la Mauritanie et le Rwanda n’avaient dépêché ni chef d’Etat ni Premier ministre.

Le rapport d’activité remis aux participants insiste sur les "progrès accomplis" par le Nepad dans la mise en oeuvre de plusieurs projets prioritaires, dont celui du Projet détaillé pour le développement agricole africain (PDDAA) et le lancement d’un gazoduc entre le Nigeria, le Bénin, le Togo et le Ghana, dont les premières livraisons sont prévues en décembre 2006.
Le document détaille d’autres projet en terme d’éducation, de télécommunications et de gestion et échange des données, mais il met surtout l’accent sur la grande faiblesse des moyens financiers dont dispose le NEPAD.

Il demande donc au comité de pilotage du NEPAD de réclamer au G-8 des pays industrialisés "une assistance plus prévisibile et coordonnée" et de se mobiliser pour "faire passer de grands messages aux pays non-membres du G-8, y compris les pays de l’OCDE", afin de s’assurer que "l’aide accrue n’est pas seulement donnée à quelques pays".
Selon le rapport, il faut "doublement à court terme" de l’assistance financière, dont 10 mds USD/an pour les projets d’infrastructure transfrontières du NEPAD et autant pour accélérer le développement intégré du continent.

Le Nepad réclame également au G-8 un "calendrier pour éliminer les subventions (notamment agricoles) compromettant le commerce" et un "programme d’opportunités pour permettre aux biens africains de pénétrer les marchés occidentaux".
La "manière la plus fondamentale d’augmenter l’assistance en Afrique" consiste pour les donateurs à exécuter leur engagement sur une aide égale à 0,7% de leur PIB en faveur des pays africains, l’allégement et l’annulation de la dette africaine (185 mds USD à fin 2003), la transformation des prêts en dons "sans réduction de l’assistance totale" et l’ouverture des marchés des pays riches aux exportations des pays du continent, selon le rapport.

"La pauvreté est pour le moment l’obstacle principal au développement de l’Afrique", rappelle ce rapport qui fait valoir les "plus mauvais records (du monde) sur tous les indicateurs du développement humain : santé, éducation, environnement" en Afrique sub-Saharienne.

Sept autres pays membres : Afrique du sud, Algérie, Mali, Mozambique, Nigeria, Ouganda et Sénégal, seront soumis en 2005 à cette évaluation collégiale de la "bonne gouvernance" lancée en février 2004 par le Nepad.

Le Togo a soutenu, dès sa création, le Nepad. Mais le président Eyadema avait mis en garde contre le développement d’institutions parfois concurrentes dont les seuls résultats concrets étaient la tenue, à intervalles réguliers, de conférences internationales et de sommets grandioses mais sans résultats.

L’ancien président du Togo était plus favorable au renforcement des outils existants comme la Cedeao. Et il est vrai que cette organisation est performante.