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24 avril 2005 | Imprimer cette page

Internet peut vous faire perdre très gros

par Kouma Laurent Dekalikan

A court d’argent ? Besoin d’un petit complément ? Pas de problème. Si vous faites confiance à Kojo Steven, assistant personnel du feu président Eyadema pendant dix ans, ce sera le jackpot. Seule condition, lui verser dès maintenant une avance de 2 millions de dollars qui vous donnera accès à un trésor. Alors, qui est partant ?

Cette proposition est évidemment une escroquerie. Mais avant d’en démonter le mécanisme voici le Email que vous êtes susceptible de recevoir sur votre messagerie :

MESSAGE ORIGINAL
DE KOJO STEVEN
A :
HYPERLINK « mailto:CHARLY@COM »
CHARLY@COM

SUJET : URGENT
MONSIEUR,
BONJOUR A VOUS, JE ME NOMME KOJO STEVEN, ASSISTANT PERSONNEL DU PRESIDENT GNASSINGBE EYADEMA. JE TRAVAILLAIS POUR LUI DEPUIS PLUS DE DIX ANS.
JE SUIS AU COURANT DE QUELQUES UNS DES INVESTISSEMENTS QUE MON EMPLOYEUR A FAITS DANS L’UNE DES INSTITUTIONS FINANCIERES EUROPEENNES ET J’AI EN MA POSSESSION CERTAINS DES CODES POUVANT DONNER ACCES AUX FONDS DONT AUCUN DES MEMBRES DE SA FAMILLE, Y COMPRIS SON FILS AINE FAURE GNASSINGBE N’A CONNAISSANCE. SI VOUS M’ENVOYEZ DEUX MILLIONS DE DOLLARS U.S, JE VOUS LIVRERAI LE SECRET ET ME JOINDRAI A VOUS EN TANT QUE PARTENAIRE EN AFFAIRES.

JE VOUS PRIERAIS ALORS DE ME FAIRE PART DE VOTRE DECISION CONCERNANT CETTE PROPOSITION MEME SI VOUS AVEZ UNE AUTRE PROPOSITION A ME FAIRE
DANS L’ATTENTE DE VOTRE REPONSE,

SIGNE : KOJO STEVEN »

Les Nigerians ne désarment pas. Très bons clients des cybercafés de Lomé, ils bombardent la planète de propositions de ce genre appelés par Interpol « scam 419 ». C’est aujourd’hui le président défunt Eyadema qui en est la victime. Ce fut il n’y a pas si longtemps Jonas Savimbi, Félix Houphouet-Boigny, ou un obscur homme d’affaires allemand décédé dans un accident d’avion au Togo et qui aurait laissé sur un compte bancaire à Lomé 4 ou 5 millions de dollars.

La police assistée par la Commission anticorruption est parvenue à arrêter un certain nombre d’escrocs. Mais il en court encore pas mal. Et malgré l’aspect totalement irréaliste des propositions, certains naïfs tombent encore dans le panneau. La presse étrangère relate à intervalles réguliers les mésaventures des victimes qui, parfois, ont perdu toutes leurs économies.

Les Nigerians ont beaucoup d’imagination. La plupart du temps il n’est pas demandé aux victimes de verser 2 millions de dollars, mais plus simplement 50.000 ou 100.000 dollars, le prix à payer pour accéder à une somme dix fois plus importante.