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29 avril 2005 | Imprimer cette page

Election de Mamadou Tandja à la tête de l’UEMOA

par Daouda Hamadou

Le président nigérien Mamadou Tandja, reconduit à la tête de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA, 8 pays) lors du sommet de cette organisation mercredi à Niamey, a appelé à "consolider davantage" l’Union.

Sans citer la Côte d’Ivoire ou le Togo, ni son pays qui connaît actuellement un profond malaise socio-économique, le chef de l’Etat nigérien a déploré à l’ouverture du sommet "les soubresauts socio-politiques dans certains Etats membres de l’UEMOA".

Il a appelé "les forces vives des Etats membres de l’Union à cultiver la paix, condition sine qua non pour l’intégration de (ces) Etats", et déclaré que l’UEMOA devait "se consolider davantage pour que ses Etats membres puissent envisager l’avenir avec sérénité".

Dans son communiqué final, l’UEMOA a constaté que "la reprise de la croissance économique à l’échelle mondiale en 2004 a eu un impact limité sur les économies de l’Union", également confrontées "à des difficultés de mobilisation des ressources extérieures".

Le sommet s’est toutefois "félicité des résultats obtenus en matière de stabilité des prix dans l’Union du fait d’un meilleur approvisionnement des marchés en produits alimentaires et de la conduite d’une politique monétaire" draconnienne, selon le texte.

L’Union a "salué les actions mise en oeuvre pour préserver la valeur de la monnaie" commune - le franc CFA -, assurer la maîtrise des prix et soutenir l’activité économique" au sein de l’UEMOA. Elle s’est également déclarée "satisfaite des résultats" des opérations de retrait des billets de francs CFA de type 1992.

Cette opération, menée en deux phase jusqu’à février dernier, visait notamment à parvenir à une modernisation et à une rationalisation de la circulation monétaire. Elle a permis de retirer de la circulation plus de 99% des coupures de la gamme 1992, qui n’ont désormais plus cours légal, selon ses organisateurs.

"En raison de l’important travail réalisé par Mamadou Tandja en vue de l’approfondissement de l’intégration économique des Etats membres de l’Union, celle-ci a décidé de le reconduire à la présidence en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement", a déclaré Soumaïla Cissé, président de la commission de l’UEMOA, à l’issue du sommet.

M. Tandja, également président en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO, 15 pays) depuis janvier dernier, avait été désigné à la tête de l’UEMOA en janvier 2003, puis reconduit en janvier 2004.

Aucun manifestant n’a été vu en ville mercredi. La "Coalition contre la vie chère", à l’origine d’importants mouvements sociaux ces dernières semaines au Niger, avait annoncé sa décision de ne "pas perturber la sérénité du sommet".

Outre le président nigérien, étaient présents au sommet de Niamey les présidents sénégalais Abdoulaye Wade, béninois Mathieu Kérékou, burkinabè Blaise Compaoré, bissau-guinéen Henrique Rosa, et malien Amadou Toumani Touré.

Le Togo était représenté par son Premier ministre Koffi Sama, tandis que le président ivoirien Laurent Gbagbo, qui doit assister aux discussions visant à relancer le processus de paix en Côte d’Ivoire le 3 avril à Pretoria, était représenté par le ministre de l’Intégration régionale et de l’Union africaine, Théodore Mel Eg.

Au début du sommet, qui s’est achevé avec plus de deux heures de retard, les participants ont rendu un hommage au défunt président togolais, Gnassingbé Eyadéma, décédé le 5 février dernier.

M. Tandja l’a décrit comme un "frère et membre fondateur de l’UEMOA", un "fervent défenseur de l’intégration africaine" et un "grand partisan de la paix et de la stabilité sur le continent".