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10 avril 2005 | Imprimer cette page

9ème sommet de L’UEMOA à Niamey

par Daouda Hamadou

Six chefs d’Etat de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) se réunissent mercredi en sommet à Niamey, alors que plusieurs des huit pays de l’Union sont plongés dans des crises politiques, d’autres étant menacés par la sécheresse ou les criquets.

Cette réunion se tiendra sur fond de crise ivoirienne persistante, à un mois de l’élection présidentielle au Togo, et dans un pays, le Niger, qui connaît actuellement d’importants mouvements sociaux.

Les présidents attendus sont ceux du Bénin, du Burkina Faso, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Niger et du Sénégal. Le Togo sera représenté par son premier ministre Koffi Sama. Le président ivoirien Laurent Gbagbo, qui assistera aux discussions visant à relancer le processus de paix en Côte d’Ivoire le 3 avril à Pretoria, ne prendra pas part au sommet.

Cette neuvième session de l’UEMOA, initialement fixée au 19 février, avait été reportée en raison de la situation qui prévalait au Togo suite au décès le 5 février du président Gnassingbé Eyadéma.

Elle permettra aux chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de "passer en revue l’évolution des chantiers et du fonctionnement de l’Union au cours de l’année 2004", selon un communiqué. Les rapports d’activités 2004 de la Commission de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) ainsi que celui de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) seront examinés.

Les participants discuteront également de la "mise en oeuvre du processus d’intégration" régionale, notamment dans les domaines des négociations commerciales, de la politique agricole et des libertés de circulation des personnes, de résidence, de prestation de services. "La crise ivoirienne et le processus électoral au Togo seront certainement évoqués par les chefs d’Etat", a par ailleurs indiqué Badjibassa Babaka, conseiller à l’UEMOA.

Conséquence du conflit en Côte d’ivoire, les performances des économies des Etats membres "demeurent fragiles", relève à ce propos un rapport du conseil des ministres de l’Union. "La croissance au sein de l’union a globalement baissé (...). La Côte d’Ivoire, qui représentait plus de 40% des richesses de l’union, se situe aujourd’hui à 37%, cela tire l’économie de tous les Etats vers le bas", déplore Soumaïla Cissé, le président de la Commission de l’UEMOA.

Dans leur rapport, les ministres espèrent cependant "un retour rapide à la stabilité socio-politique en Côte d’Ivoire, qui permettrait de relancer l’activité économique dans ce pays et d’accélérer la croissance" dans toute la région. L’activité économique de l’Union est passée d’un taux de croissance de +1,5% en 2002 à +2,4% en 2003, en raison "des résultats satisfaisants de la campagne agricole 2003", se félicite le même rapport.

En 2004, quatre Etats membres de l’UEMOA (le Mali, le Niger, le Sénégal et la Guinée-Bissau) ont été confrontés à de graves pénuries alimentaires causées par les invasions acridiennes et la sécheresse. Le sommet de Niamey se tiendra sur fond de crise sociale au Niger où les populations protestent contre la flambée des prix des produits de première nécessité.

Les organisations de la société civile nigérienne, à l’origine de la contestation, imputent ces hausses "sauvages" à la mise en place d’une nouvelle Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 19% sur les denrées de consommation courante, qui répond, selon les autorités nigériennes, aux critères de convergences économiques définis par l’UEMOA. Créée en janvier 1994, l’UEMOA a pour principale ambition la création d’un marché commun basé sur la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux.