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18 avril 2005 | Imprimer cette page

Comment les textes constitutionnels sont bafoués au Bénin : Les libertés n’existent pas

La constitution du 11 décembre adoptée à la suite de la conférence des forces vives de la nation de février 1990 a réaffirmé la volonté du peuple béninois de créer un Etat de droit dans lequel les droits fondamentaux, les libertés publiques, la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis, protégés et promus comme condition nécessaire au développement harmonieux de chaque béninois. D’où la naissance des libertés de manifestations, d’opinions, de presse et d’association au Bénin. Mais force est de constater aujourd’hui que ces libertés qui constituent les droits de l’homme sont gravement violées au quotidien par les autorités béninoises.

Le passage de la révolution à la démocratie dans notre pays a suscité beaucoup d’espoir. Ensemble la communauté béninoise a dit non aux arrestations arbitraires, non aux exécutions sommaires, aux actes de torture, à toutes les inhumanités qu’elle a subies. Elle avait en chœur et spontanément chanté l’hymne de la liberté recouvrée et de la fraternité. De même, cette communauté avait professé sa foi en l’homme et son attachement aux principes républicains, à la démocratie, à la primauté de droit, à l’égalité de tous les fils du pays devant la loi, au respect des droits de l’homme dans l’absolu et les libertés publiques. Mais aujourd’hui où en sommes-nous avec tous ces principes de droits et de liberté ? la réponse est triste et piteuse. Les actes que posent nos dirigeants, les agents de l’Etat d’une manière générale, sont très ignobles pour notre pays qui est un modèle pour le continent africain en démocratie. Les cas de torture, des incarcérations sauvages et anarchiques, la violation au quotidien des libertés d’opinions, de manifestations, d’associations, pour ne citer que ceux-là, sont entre autres les différentes violations des droits de l’hommes dans lesquelles baigne le Bénin.

Quelques faits témoins

En décenbre 2003, le maire de Parakou, Rachidi Gbadamassi a interdit par arrêté jusqu’à nouvel ordre, la marche d’un groupe d’opposants à ses actions. Le jeudi 29 juillet 2004, la directrice générale de la Sogéma Véronique Gbèdo, s’est plantée sur la même voie en s’opposant à la tenue des festivités marquant l’an 1 de la fédération des associations et organisations des marchés du Bénin (Faomab) sur le parc du marché Dantokpa en faisant occuper les lieux par les forces de l’ordre le jour de l’événement.
La Centrale des syndicats pour la sauvegarde du Transit (CSST) a été aussi frappée par le même comportement de la part de l’ex-ministre des finances, l’année dernière. Les organes de presse et leurs animateurs sont confrontés à des menaces et assignations suite au rétablissement de la Vérité. Le Télégramme en est une illustration parfaite. Nicaise Miguel, journaliste à la télévision nationale a reçu une demande d’explication de ses responsables hiérarchiques, pour avoir organisé une émission sur la révision de la constitution. Les mardi 1er et 09 mars 2005 la coalition des organisations démocratiques s’est heurtée à l’interdiction formelle de marche pour soutenir le peuple togolais et le retour de la démocratie au Togo. Pour les forces de l’ordre, si cette marche pacifique a connu un échec le mardi 1er mars dernier, c’est à cause du manque d’égard à l’autorité dont ont fait montre les manifestations. A bout d’arguments pour le mardi 08 mars dernier, ces derniers ont laissé entendre qu’ils ont reçu un ordre. Ainsi, le matin très tôt, les éléments de la police ( plusieurs unités spécialisées confondues) se sont mobilisés sur le terrain pour faire exécuter la décision de l’autorité. Avec ses actes, on pourrait se demander si le Bénin est vraiment un pays démocratique. Sinon comment comprendre que des autorités vont s’opposer à la liberté d’opinions et de manifestations de soutien synonyme de la consolidation de la démocratie et de la paix à une pareille ère. A cet effet, il n’existe plus de liberté d’expression, de presse, de manifestation et d’association. C’est dire que les droits de l’homme sont en train d’être enterrés au profit de la dictature et de l’autocratie déguisées. En tout cas les droits de l’homme et la liberté ne peuvent être garantis si loi n’est pas respectée et la justice n’est pas rendue équitablement. Si l’on convient que la liberté est un baromètre de la démocratie, il est indéniable que les autorités à divers niveaux de notre pays se préoccupent du respect des lois en matière de liberté d’expression, d’opinions, et de manifestation.