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18 avril 2005 | Imprimer cette page

Malgré les divers sensibilisations la torture fait encore cours au Bénin

Nul ne sera soumis à la torture, ni à des services ou traitement cruels, inhumains ou dégradants. Voilà ce que prévoit l’article 18 de notre loi fondamentale. Mais force est de constater avec amertume que ces actes sont conjugués au quotidien par les forces de l’ordre qui se prennent pour des tous puissants, malgré les actions que mènent les Ong pour la défense des droits de l’homme et la Ddh. L’on pourrait dit si les actes de torture font encore cours au bénin, que c’est parce que nos autorités cautionnent cela étant donné qu’elles n’infligent pas les sanctions qu’il faut légalement et optent pour l’impunité

Le droit positif béninois demeure encore marqué par un vide juridique en ce qui concerne l’absence de la définition de la torture et de la détermination des peines y afférentes. Ce qui ne permet pas la mise en œuvre complète de la convention contre la torture et peines ou traitements inhumains ou dégradants. Ainsi, malgré les divers sensibilisations des organisation oeuvrant contre la torture et pour la défense des droits de l’homme et, de la direction des droits de l’homme, la torture continue de battre ses ailes chez nous, particulièrement dans les brigades de gendarmerie et de police, à en croire les témoignages et plaintes de violence gratuite, de passage à tabac systématique et d’usage démesuré de la force contre certains, citoyens interpellés, gardés à vue ou détenus. Les policiers, les gendarmes, les corps spéciaux comme la brigade anti criminelle (Bac) et la recherche d’action, d’intervention et de dissuasion (Raid), sont indéniablement les auteurs les plus courants des actes de torture. L’Affaire Ernest Lalou qui avait défrayé la chronique en août 2004 est une illustration de l’attrait pour la violence des agents chargés d’assurer la sécurité. Ce qui signifie qu’au Bénin il suffit d’être un agent en uniforme pour régner en toute puissance et se permettre de torturer sans craindre un regard indiscret de l’autorité et encore moins celui d’un citoyen averti. Ces dits agents en uniforme en particulier les sous-officiers et les nouveaux recrus se croient assignés une obligation de résultat. Lorsqu’ils appréhendent une personne suspecte, ils utilisent tous les moyens possibles pour l’amener à un aveu forcé. Ce qui constitue une violation fragrante de l’article 18 de notre constitution. Pourtant en juillet et août 1997 et pendant 45 jours, des élèves gendarmes ont suivi une série de formations et des séminaires pour se familiariser aux conduites à tenir avec les prisonniers, les victimes de guerre et autres. Les droits de l’homme et la procédure pénale font partie des cours dispensés aux officiers de police judiciaire en stage à partir de 1997. Toutes ces formations ne sont que peigner la pierre. Car, le 2ème rapport périodique d’application par le Bénin de la convention contre la torture établi par la direction des droits de l’homme (Ddh) et, le rapport alternatif de l’organisation mondiale contre la torture (OMCT) ont tous noté qu’à l’heure actuelle la présence de la torture, des faits inhumains ou dégradants dans les actes des agent de l’Etat disposant de l’usage légitime de la force. Dans quel pays sommes-nous donc où l’Etat ne prend aucune mesure pour sanctionner les instigateurs et les auteurs de ces faits conformément à l’article 19 de notre constitution ? Le tout ne suffit pas d’élaborer des textes, d’organiser séances de rencontre, de formations et des séminaires puisse que le constat fait est que les atteintes à l’intégrité physique bénéficient d’une impunité évidente au Bénin. Il faut plutôt sortir de cette impunité et sévir conformément aux textes constitutionnels afin que l’ordre puisse entrer dans la cité.