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28 mars 2005 | Imprimer cette page

La version française du « Dictionnaire des Réformes Economiques et Sociales pour le développement des PMA » ou « DICORES » vient de paraître en France et en Europe.

Réalisé par l’Observatoire Ores.pma avec la contribution de quatre personnalités de la Communauté Internationale (Abdou DIOUF, Secrétaire Général de la Francophonie ; Donald JOHNSTON, Secrétaire Général de l’OCDE ; Rubens RICUPERO, Secrétaire Général de la CNUCED ; Jean Philippe COURTOIS, PDG de MICROSOFT - EMEA), il se classe actuellement parmi les ouvrages de références sur les questions de Développement des PMA.
Le Webmaster de Gasyrennes (GS) a rencontré Mr Alain RABETSIMAMANGA (AR), un Malgache résidant à Rennes, Administrateur de l’Ores.pma et un des rédacteurs de cet ouvrage.
GS : Merci d’avoir accepté cet entretien, pouvez-vous nous présenter brièvement l’Ores.pma ?
AR : Je vous remercie également et profite de cette occasion pour féliciter le succès enregistré par le site Gasyrennes.
L’Observatoire des Réformes Economiques et Sociales dans les PMA a été créé par une vingtaine d’associations travaillant pour le développement. Les membres sont des experts et des journalistes économiques et sociaux. Nous avons décidé de mettre en synergie nos compétences « tiers monde » pour se concentrer sur la catégorie des « 50 pays les moins avancés » et notamment sur les réformes qui sont en cours de réalisation sous la conduite de la Communauté internationale. L’Observatoire anime ce réseau avec une structure légère mais flexible.

GS : et quelles sont les principales activités de recherche ?
AR : D’une manière générale, nos activités de recherche portent sur le mécanisme et le fonctionnement de la société des PMA. L’objectif est de parvenir à identifier les facteurs qui favorisent ou défavorisent, activent ou ralentissent, encouragent ou retardent l’ opérationnalité des réformes. Cela couvre l’ensemble des domaines représentant les activités dans un pays. On peut prendre à titre d’exemple la redéfinition du rôle de l’Etat pour l’adapter à sa capacité d’action et lui permettre d’acquérir les crédibilités nécessaires ; mais nous faisons aussi des recherches comme les facteurs générateurs des conflits. Comment se fait leur interaction pour générer cette pauvreté que nous connaissons tous leur ampleur.

GS : D’où vient l’idée de réaliser un tel Dictionnaire ?

AR : L’idée a été évoquée dans plusieurs réunions internationales auxquelles nous avons participé notamment à l’UNESCO. Les participants à ces réunions ont noté que beaucoup de concepts et de termes couramment utilisés par les experts et les bailleurs de fonds échappent à la majorité des acteurs de développement dans les PMA. Or le succès des réformes engagées dépend de leur appropriation par ces acteurs. Le concept et la mise en œuvre du Document de Stratégie pour la lutte contre la Pauvreté/DSRP ont accentué le besoin pour l’élaboration d’un tel Dictionnaire.
GS : Pouvez-vous donner quelques exemples ?
AR : Prenons par exemple l’OMD ou « Les Objectifs du Millénaire pour le Développement ». Approuvé par 191 Etats, toutes les coopérations et partenariats internationaux sont arrimés sur ces objectifs qui énoncent 8 axes d’actions assortis d’échéance en 2015. Le programme de développement national ne peut trouver le soutien de la Communauté international sans se référer à ces résolutions.
GS : Sur le marché, il existe une vingtaine de Dictionnaires économiques, en quoi votre Dictionnaire se distingue t-il des autres ?
AR : Avant d’engager cette action, nous avons bien sûr réalisé une étude de marché. Il en ressort que seul 30 % du contenu des dictionnaires existants est exploitable sur le plan de la lecture et de la compréhension des réformes dans les PMA, ceci, en raison du contexte spécifique de cette catégorie de pays.
Les termes intègrent des enjeux qui diffèrent suivant l’espace économique. Par exemple, la délocalisation est perçue par les syndicats des pays industrialisés comme un transfert des emplois vers le sud qu’il faut combattre, tandis que les réformes dans les PMA la présente comme une opportunité pour développer leurs pays. Pour mieux appréhender le terme, nous avons développé les diffèrentes facettes de la délocalisation dont la théorie de Vernon sur le cycle de vie des produits. Ce expert explique à quel moment de la vie d’un produit, cette délocalisation est inévitable.
Aussi cette spécificité des PMA favorise la vulgarisation des termes non couramment utilisés dans les pays industrialisés comme le deflatage du personnel, le DRSP, le point d’achèvement, la bonne gouvernance…
On peut citer comme un autre exemple « l’environnement » que beaucoup, dans les PMA, considèrent comme l’affaire des seuls pays industrialisés. Or le capital naturel a plus d’importance dans les pays pauvres que dans les pays riches. Près de 80 % de la population des PMA vit du capital naturel, aussi bien pour se nourrir, que pour se loger. Ce qui conduit à dire que l’impact du réchauffement climatique est plus dévastateur dans les PMA que dans les pays industrialisés..
GS : Qui sont vos lecteurs-cibles ?
AR :Le Dictionnaire s’adresse aux lecteurs européens notamment les acteurs de développement susceptibles de participer à la mise en place du « partenariat mondial pour le Développement » cf : article 8 des Objectifs du Millénaire pour le Développement, et bien entendu les forces vives des PMA qui souhaitent s’approprier les concepts des réformes élaborés par la communauté internationale
GS : Votre opinion sur le site Gasyrennes ?
AR : C’est un site qui a un débuté modestement. Les améliorations et les innovations apportées l’ont rendu plus vivantes et plus attrayantes. Actuellement, il n’a rien à envier des sites professionnels français. J’espère que la communauté Malgache puisse profiter pleinement de ce « bijou » pour dynamiser leur relation et s’ouvrir vers les autres. C’est le grand défi qu’il faut relever quotidiennement. Actuellement, il fait partie de notre paysage quotidien et constitue une de la fierté de notre communauté. Je le souhaite une longue vie. Je vous remercie.
GS : je souhaite plein succès à votre ouvrage qui est aussi une fierté de notre communauté.