Comité de Pilotage du Suivi Indépendant du projet
de pipeline Tchad – Cameroun
Et
Catholic Relief
Services – Cameroon
RAPPORT
DE MONITORING INDEPENDANT DU PROJET DU PIPELINE TCHAD CAMEROUN
Janvier
– Juin 2002
Le Comité de Pilotage du monitoring indépendant
- Fondation Camerounaise pour une Action Rationalisée
des Femmes sur l’Environnement (FOCARFE)
Tél/Fax : 998 41 58 / 222 13 07 e-mail : focarfe@yahoo.com
- Centre pour l’Environnement et le Développement CED) :
BP.3430 Yaoundé tél.2.223857fax : 2.223859
- Environnement Recherche Action (ERA-Cameroun )
BP.3356 Yaoundé Tél./Fax 231 00 76 e-mail : era@cenadi.cm
- Service Œcuménique pour la Paix (SeP)
BP 12 214 Yaoundé Tél. 231
20 05 / 06 Fax 231 22 55
e-mail :
peace.humanus@camnet.cm
Septembre 2002
TABLE DES MATIERES
1) inflation et situation alimentaire
5- Occupation des terrains supplémentaires et dommages des cultures
6. Démontage des ponts temporaires
7. Compensation régionale et communautaire
8. Compensations individuelles
9-Plan pour les peuples autochtones
11. Archéologie et patrimoine culturel
II – SANTE, HYGIENE ET SECURITE
12- Premiers secours et évacuation sanitaire
III- ENVIRONNEMENT BIOPHYSIQUE ET
GESTION ENVIRONNEMENTALE
19- Protection des ressources en eau
20- Gestion des déchets, eaux usées
CONCLUSION – RECOMMANDATIONS GENERALES
RAPPORT PARTIEL, PROVINCE DU CENTRE
Le quotidien des travailleurs au chantier : cas de Bélabo.
Profil du personnel expatrié en service dans les
entreprises.
Personnel national, gibier de potence en cas de problèmes
Accès aux moyens logistiques refusé aux cadres nationaux.
L’hydrotest raconté par les habitants des villages
Ntal et Déa.
Dégâts causés par l’hydrotest dans les villages Ntal
et Déa
LES COMPENSATIONS ET LES PROBLEMES D'EVALUATION DES
CULTURES A DEDOMMAGER
RAPPORT PARTIEL PROVINCE DU SUD
Descriptif
du cas du sieur Ekouang Laurant du campement pygmée KOUR
MINTOUM 09 juillet 2002
RAPPORT PARTIEL PROVINCE DU NORD ET DE L'EST
Le projet de monitoring indépendant du projet d'exportation et de pipeline Tchad-Cameroun trouve sa justification dans le souci de préserver les droits et la dignité des camerounais riverains du pipeline. <br>
Le présent rapport de suivi, 2e du genre, veut répondre à un besoin d'information indispensable et urgent, afin de procurer aux convictions citoyennes ayant coalisé ou en voie de le faire, les outils nécessaires pour une action efficace de maintien ou de restauration de la dignité de l'homme. <br>
Rappelons rapidement qu'un système est un système d'informations bâti en fonction des objectifs d'un projet afin d'en réguler la réalisation et surtout d'en contester la validité au regard des finalités non exprimées, ou d'effets indirects pervers. <br>
Autant que possible, nous indiquerons nos sources. Il est possible que malgré les vérifications, se glissent des erreurs ça et là. Nous aimerions qu'on nous les signalent, ou mieux qu'on améliore notre éclairage sur le sujet. <br>
Il est également possible qu'un avis en une zone spécifique semble en contradiction avec l'avis du rapport général. Nous répétons que nous nous intéressons fortement aux détails, et que très souvent "quelques cas" sont encore pour nous des cas de trop. <br>
Le suivi pour nous n'est pas seulement un suivi de la réalisation des objectifs. Il ne s'agit donc pas seulement d'efficience globale du projet à mesurer par des ratios de réalisation appliqués à l'ensemble des objectifs principaux. Cet important aspect il est vrai, nous sert à interpeller les gestionnaires du projet. Mais il comporte également des écueils de taille : on présente des moyennes statistiques, ou des chiffres globaux à côté du petit nombre de cas non réglés, etc.
Ce qui nous intéresse, c'est aussi la variance (les écarts par rapport à la moyenne), les très petits cas non réglés qui pour chacun d'eux sont un cas de trop. <br>
Le projet s'insère dans un jeu économique et social dont il modifie les règles, ou au moins le fonctionnement. Il apparaît donc indispensable, pour les gestionnaires et les personnes intéressées au projet de situer en permanence son action vis – à – vis de l'environnement au sens large. <br>
C'est pourquoi la notion d'impact qui résume bien l'idée d'indicateurs de situation est importante, elle qui mesure l'importance relative d'une action vis-à-vis d'un processus global de référence. <br>
Mieux encore, nous nous intéressons aux effets, c'est à dire la description plus large des conséquences d'une action sur l'environnement dans son ensemble. <br>
De manière précise, et parlant des questions socio-économiques par exemple, l'analyse de leurs effets peut être résumée par l'étude de la répartition des nouvelles richesses créées par le projet dans l'ensemble du corps social et de la nouvelle dynamique sociale que cette répartition préfigure. <br>
Le projet dans son action doit être apprécié à travers ce prisme, s'il est véritablement un projet de développement. <br>
Par ailleurs, il faut se souvenir que l'étude d'impact, dans son principe, retient les impacts les plus importants (du point de vue des réalisateurs de l'Etude) en général entre 10 et 15 ; et le plan de gestion est constitué des mesures correctrices apportées à ces "problèmes identifiés et retenus en amont". Il n'est donc pas étonnant, compte tenu du caractère assez subjectif de cette démarche, et des limites imposées par le caractère prédictif faible des disciplines utilisées dans l'étude d'impact, de trouver d'autres problèmes de taille non identifié en amont, ou de réaliser que les options correctrices sont faibles et inopérantes.
Il n'est de même pas étonnant que des observateurs autres que les réalisateurs de l'Etude d'Impact aient d'autres préoccupations prioritaires. Cela ressort nettement de l'étude sur les questions fréquentes" issues des résultats de la consultation (à partir de la page 9 – 19 du résumé de l'Etude d'Impact sur l'Environnement, version actualisée).
A ce niveau, COTCO a répondu par des actions menées ou à mener pour chacune de ces préoccupations. Il s'agit là également d'un "pôle de suivi" pour le steering commitee.
Enfin, il existe des préoccupations d'impact aussi bien sur le plan environnemental que social qui peuvent n'être pas ou suffisamment pas prises en compte par COTCO ou d'autres observateurs, mais qui pour le steering commitee sont d'importance.
En résumé, le suivi est effectué selon trois angles d'appréciation :
1 – la conformité aux options retenues du PGE
2 – la conformité rapport aux actions annoncées en réponse aux "questions fréquentes"
3 – le point de la situation effective sur le terrain camerounais par rapport aux impacts environnementaux généralement observés dans l'exploitation pétrolière en forêt tropicale.
Dans le présent rapport, seul le suivi de réalisation (conformité) est présenté, le travail pour les autres angles de suivi étant en cours d'élaboration.
La présentation comporte:
- un rapport général;
- des rapports partiels des différentes zones (Nord et Est, Sud, Centre), ne présentant au besoin que quelques aspects spécifiques.
Les observations ayant porté sur de nombreuses questions de niveaux d'intérêt d'urgence variables, nous tenons à ressortir ici les problèmes prioritaires à nos yeux, et donc nécessitant un traitement urgent. Il s'agit de :
1) la question de l'approvisionnement en eau potable des populations ayant pour la plupart vu leur source d'approvisionnement polluée par l'activité de construction du pipeline.
2) Le pont sur le Lom dont le démantèlement était prévu pour Octobre 2002
3) Le démarrage effectif de l'encadrement des pygmées.
PAR FOCARFE[1]
stratégie du projet : En ce qui concerne le suivi de l'inflation et des mesures à prendre pour la contenir ou la compenser, les responsabilités du consortium et du gouvernement sont les suivantes, conformément au PGE[2] :
· Le suivi des pressions inflationnistes locales dans les villages voisins des camps de construction est de la responsabilité du Consortium,
· L'élaboration de "politiques appropriées" pour atténuer l'inflation est de la responsabilité du Gouvernement.
l'on note dans la partie Nord-est du projet une hausse criarde des prix des produits de première nécessité.
A Belabo, une cuvette de maïs qui coûtait de maïs qui coûtait avant le projet entre 2000-2500Fcfa est passé à 5.000 F Cfa et même plus après le projet ainsi que le montre le tableau suivant des denrées dans la ville de Belabo au cours du mois de Février 2002.
|
Denrée |
Prix avant le
projet |
Prix actuel |
|
Maïs (cuvette) |
2.000 à 2.500 |
5.000 quand on en trouve |
|
Couscous (cuvette) |
1.500 prix taxé |
2.500 |
|
Noix de palme (cuvette) |
1.000 à 1.500 selon la saison |
2.500 |
|
Macabo (cuvette) |
1.300 prix taxé |
2.500 prix taxé |
|
Plantin (régime) |
300 à 1.000 |
1.000 à 3.000 selon la taille |
|
Plantin mûr (main) |
100f à 350 |
150 à 500 selon la taille |
|
Huile de palme (litre) |
400 à 500 selon la saison |
600 |
|
Kilo de viande (bœuf) |
900 |
1.300 (phénomène national) |
|
Kilo de maquereau |
750 |
850 |
|
Cuisse de poulet |
2.000 |
1.800 |
|
Huile diamaor |
1.100 |
850 |
|
Oeuf frais |
60 |
70 |
|
Riz |
300/kg |
350/kg |
|
cube honig |
5 à 50 |
4 à 50 |
|
Sardine |
350 |
60 à 100 |
|
Sucre |
500 |
600 |
|
Pain |
130 |
140 |
|
Arachides |
35 à 50 le verre |
350 |
|
Manioc (tas) |
100 |
200 |
|
Cigarettes (bâton) |
15 |
25 |
|
Lait Nestelé petit modèle |
200 |
225 |
|
Poisson fumé (tas) |
250 et 500 |
500 et 1.000 |
|
Feuilles de manioc (paquet) |
25 |
50 |
|
Chambres en dure |
3.000 |
8.000 à 9.000 |
|
Maison en dure 4 chambres |
15.000 à 20.000 |
40.000 en montant |
|
Maison en dure 3 chambres |
10.000 à 12.000 |
30.000 à 35.000 suivant le propriétaire |
|
Studio (cimenté crépit) |
6.000 à 8.000 |
15.000 |
|
Studio (bois |
2.500 à 4.000 |
10.000 |
|
Chambre (bois) |
1.000 à 2.000 |
5.000 à 7.000 |
- On note une augmentation du transport cas de Ndoumba Kanga : Février 2002 dans le Nord, le constat est pratiquement le même
- Il y a une augmentation des prix des produits manufacturés (la boîte de lait passe de 200fcfa à 300f cfa cas de Doyo, Begoro, Kassa Ngaoundéré, où par ailleurs une cuvette de manioc est passé de 2.000 F à 4000 frs CFA en Janvier 2002.
le logement est passé de 1.500 - 3.000 frs pour 10.000 frs/mois pour une chambre en matériaux provisoires.
Le kg de viande dans la localité de Bélel au Nord est passé de 450Frs CFA à 2.000 Frs cfa (Avril 2002) avec l'installation des sociétés SOGEA/SATOM
à Akongo II et III le prix du plat de nourriture a augmenté et est passé de 300F à 1.000F le plat.
Les causes de cette inflation relèvent des considérations ou des préjugés sur le comportement salarial des employés de COTCO (les étrangers essentiellement et des sociétés sous traitantes).
Elles relèvent aussi de la forte pression démographique qui implique une forte demande. La situation alimentaire s'est considérablement dégradée du fait des champs et plantations détruits par COTCO bien que "compensés", mais les bénéficiaires n'ont pas investi l'argent de compensation dans l'aménagement de nouveaux champs; les agriculteurs, pour la plupart, des jeunes gens ont abandonné les champs pour chercher l'emploi dans le projet. Ce qui a permis de noter la baisse de la production agricole.
- encourager les riverains à l'agriculture en appuyant financièrement et matériellement les groupes d'initiatives communes, les associations d'agriculteurs et les coopératives, afin d'éviter une baisse difficilement réversible du niveau de vie des populations.
- Stratégie du projet : le PGE comprend les dispositions au volume 1 (pour les deux pays sous la rubrique socio-économique N°1. Pour le Tchad, des détails supplémentaires sont fournis à l'Annexe H du Volume 4 (Plan de Développement Régional), qui évalue l'impact possible de l'immigration vers la zone du projet et propose des mesures d'atténuation.
- Le partage des responsabilités entre les Gouvernements et le Consortium est le suivant :
a) les mesures d'atténuations associés à l'emploi direct par le projet sont de la responsabilité du Consortium ; sa stratégie pour minimiser l'immigration des chercheurs d'emploi est basée sur des pratiques d'embauches adaptées, et comprend les mesures suivantes :
· Embauches locales des travailleurs non qualifiés, dans les villages mêmes où les travaux ont lieu ;
· Interdiction des embauches à la porte des chantiers ; les travailleurs semi-qualifiés doivent faire acte de candidature à travers l'agence de l'emploi (Tchad) ou dans les bureaux d'embauche ouverts par les entrepreneurs ; les locaux ont la préférence ;
· Campagne d'information pour diffuser les types d'emplois disponibles et expliquer comment les embauches sont faites ; ces campagnes doivent être organisées conjointement avec les gouvernements.
· Suivi de l'immigration vers les sites du Projet (croissance démographique, inflation, changement dans les valeurs de la terre), pression sur les équipements.
b) Il est de la responsabilité du Gouvernement d'atténuer l'impact du déplacement spontané des migrants qui cherchent du travail dans la zone du Projet :
· Dans les deux pays, assister les promoteurs du projet et consulter les autorités locales en tant que de besoin.
Le long du tracé, plusieurs localités ont vu leur population augmenter considérablement principalement où le projet et ses sous-contractants installent des bases .Dans le village Dompta où le projet a installé une de ses bases-vies, l'on est passé de 350 habitants à plus 3.000 habitants entre 2001 – 2002. Par sa situation géographique, Dompta est le carrefour de brassage de quatre types de nationalités. C'est ainsi qu'à la date du 24 – 05- 2001, l'on a noté 77 femmes libres professionnelles de loisirs venant de la République Démocratique du Congo, République Centrafricaine, du Tchad et du Cameroun.
La ville de Bélabo a également vu sa population augmenter au cours de l'année 2000 avec l'installation de TCC, Wilbross, SOGEA/SATOM. On note également des affluences dans les localités de Batchenga et Nanga Eboko plus précisément.
Mettre les localités "agressées" par l'affluence à la hauteur des arrangements institutionnels et infrastructurels désormais nécessaires.
Les objectifs de la politique d'emploi et des engagements des partenaires concernés, notamment ceux des deux Gouvernements, sont présentés dans le PGE. Les objectifs du recrutement comprennent notamment "assurer une répartition équitable des opportunités d'emploi, …, donner la priorité aux communautés qui sont les plus affectées par les travaux au niveau du village et du canton" et "minimiser l'impact du logement de la main d'œuvre sur les communautés environnantes".
Les entrepreneurs ne doivent pas embaucher à la porte de leurs chantiers. Ils doivent embaucher les travailleurs non qualifiés dans les villages où les travaux ont lieu et passer pour cela par les chefs de village, et donner priorité aux locaux pour les emplois qualifiés et semi-qualifiés. Tous les entrepreneurs ont préparé un plan Socio-économique, et doivent se doter d'un département socio-économique pour traiter ces questions.
Le travail réservé aux populations locales se limite à la main d'œuvre non qualifiée. Les cadres du projet sont pour la plupart des expatriés ; aux riverains, sont réservées les tâches telles que manœuvre, agent de sécurité, gardiens, agent de nettoyage et autres.
Les
conditions de recrutement dans le projet sont: les sous-traitants
chargés du recrutement confient cette tâche à leurs responsables
socio-économiques; ces derniers recrutent sur la base tribale affirme-t-on sur
place, le placement du personnel se fait dans beaucoup de cas contre monnayage de 20.000 frs à 50.000 frs ou par
des dons en nature pour un emploi. Les chefs traditionnels parfois impliqués
dans le processus de recrutement exigent des pots de vin, (Meidougou, Doyo,
Belabo, Bélel…) ou dans certains cas, pour voir son dossier accuser réception
par le chef, l'on doit au préalable travailler dans ses plantations (cas de
Taparé Février 2002). Les employés des sous-traitants (willbros, TCC) sont
recrutés sans contrat de travail. Les
gens se plaignent de ce que jusqu'ici il n'y ait pas de formation des natifs en
qualité de soudeurs ou conducteurs de camion au lieu de prendre les colombiens
(cas de Goyoum et Meidougou Mars 2002).
Les
conditions de travail sont très rudes
et négligées : les employés dans les chantiers n'ont ni bottes, ni casques, ni
tenues du travail. Les employés travaillent tous les jours y compris les jours
fériés et de fête (cas de Mbaki I, le 1er Janvier 2002); les
employés travaillent comme des robots : les camions les ramassent à 4 heures du
matin et les ramènent à 21 – 22 heures. Les salaires sont très bas 3000 Frs la
journée pour les manœuvres contre beaucoup plus 2 – 2,5 millions de Fcfa/mois
pour les Colombiens, pour le même travail.
On
note des licenciements abusifs et fantaisistes (cas de Doyo où 300 employés de
Wilbross ont été licenciés le 08 – 04 –2002). Les femmes sont marginalisées.
Humaniser
les conditions de travail ; respecter la législation camerounaise et les
recommandations du PGE
La
JSCP 20 "Interaction socio-économiques" indique au paragraphe 5.19
que "dans les cas où les camps de l'Entrepreneur sont déplacés pendant une
période de travail, l'Entrepreneur doit héberger la main d'œuvre non locale
dans ses camps et il a l'option de loger aussi sa main d'œuvre locale. Dans le
cas où le camp ne sait pas déplacé pendant la période de travail,
l'Entrepreneur peut choisir, soit de loger ses travailleurs dans son camp, ou
de s'arranger avec la communauté, les entrepreneurs locaux, et le projet, pour
s'assurer qu'un logement et des aménagements sont disponibles dans la communauté pour les travailleurs, sans
déplacer ou affecter d'une manière adverse la population autochtone,
l'environnement, ou surcharger l'infrastructure existante".
Observation : Dans les bases-vies (Belabo, Batchinga, Nanga Eboko,
Kribi, etc.) les pratiques discriminatoires entre employés Camerounais et
étrangers sont nettes et perceptibles. Les Blancs sont logés dans les maisons en préfabriqués douillettes
(appartements avec chambres, salon, cuisine, douches internes, domestiques,
meublés et avec véranda) alors que les noirs résident dans les chambres
collectives. (chambres construites en matériaux provisoires sans aucune
solidité et les toilettes sont externes et collectives).
Dans
les bases vies, pendant que les Blancs sont autorisés à vivre avec leurs
compagnes il est strictement interdit aux Noirs de jouir d'une présence
féminine.
Le
prix du loyer dans les bases vies s'élève à environ 60.000F/mois pour les Noirs
ce qui est extrêmement coûteux comparativement à l'investissement et au salaire.
Améliorer
le niveau de confort des logements
"Africains".
Des
terrains supplémentaires sont nécessaires. Leur acquisition ou occupation
n'avait pas pu être planifiée.
Les
machines et engins de COTCO travaillent au delà des limites, à l'exemple de
Mbaki I Janvier 2002, détruisant parfois des cultures, sans des modalités de
dédommagement précises; il arrive que les sous-traitants ayant achevé leur
travail s'en aillent sans que la question soit réglée.
Dédommager
les populations ou les propriétaires selon des modalités claires. Recenser les
cas litigieux nombreux et leur apporter les solutions nécessaires.
En
conformité avec le Plan de Gestion de l'Accès Induit[3],
les ponts temporaires mis en place pour la construction de l'oléoduc doivent
être enlevés une fois que les travaux sont terminés.
Les
ponts sur le Lom et sur le Mba construits par le projet dans la partie Est
devraient être démontés depuis le mois d'Août 2002. De très vives contestations
et revendications des populations locales pour leur maintien ont été
enregistrées y compris les autorités administratives locales.
Ne pas s'accrocher au PGE, qui comporte une marge d'erreurs héritée de celle de l'Etude d'impact, pour refuser un besoin réel aux populations. Maintenir le pont et les autres ouvrages temporaires en s'assurant de leur solidité (en les renforçant le cas échéant).
Cet
élément de la compensation est destiné à compenser les pertes communautaires
telles les ressources naturelles, ainsi que les dérangements divers.
Dans
la partie Sud du pays, les localités (Makouré I et II) Bidou I, Ngovayang I, II
et III, Bibia, Bipindi, Mandougou n'ont pas reçu des compensations
satisfaisantes : les localités riveraines dans le tracé du pipeline pour la
plupart, n'ont pas perçu leurs compensations régionales parce qu 'une mésentente a régné quant au type de
compensation : les populations réclament les tôles ou groupes électrogènes.
COTCO et Wilbros refusent d'exécuter la demande et les compensations restent
sans suite parce que les populations sont fermes sur leur choix.
Dans
d'autres localités, les populations exigent du consortium la construction
d'écoles primaires à cycle complet, les forages pour eau potable, la
construction de dispensaires comme compensations régionales. Malheureusement,
COTCO refuse de s'exécuter en arguant que l'enveloppe prévue pour une localité
précise ne peut couvrir le montant de ces choix et impose d'autres choix non
convenables aux populations; c'est le cas du village Deng-Deng où COTCO et
WILLBROS en janvier 2002 ont plutôt donné comme compensations: 1boeuf, 2
dammes-jeannes de 20L de vin rouge, 4 douzaines de cartons de vin rouge d'un
litre (Gandia ); 5 sacs de riz et 500.000frs CFA en espèces déposées chez
le chef du village et même ce dernier s'en est accaparé à lui tout seul
suscitant vives colères de la part des populations. Dans de nombreux cas, les
populations reçoivent quelques lots de petits matériel agricole (brouettes, machettes,
etc.) difficiles à gérer collectivement et générateurs de conflits.
revoir
le système de compensation; reconnaître que son montant global, du reste décidé
arbitrairement par COTCO, est largement en dessous des ambitions desdites compensations,
et autant que possible accepter de procurer aux populations l'apport en argent
liquide lorsqu'il s'agit de leur cote-part pour des projets vitaux
d'électrification, eau, etc.
Des
procédures détaillées ont été préparées aussi bien au Tchad qu'au Cameroun pour
identifier les usagers des terrains et leur donner une compensation
correspondant aux pertes que le Projet leur a causées. Le projet a également
préparé un processus de gestion des plaintes en conformité avec les
dispositions légales applicables. La compensation est payée en liquide, en
nature, ou les deux à la fois.
Le
comptage des plants à compenser s' est fait sans la participation des populations . Les taux accordés pour
chaque plant détruit n' ont pas été
bien accueillis par les populations riveraines . Certains arbres et
cultures détruits n'ont jamais été compensés jusqu'à ce jour : c'est le cas de
Ghambiri au Nord .
Il
persiste le problème des arbres forestiers plantés par des particuliers et leur
appartenant, ce qui leur confère le statut de plantes cultivées pour lesquelles
le système de dédommagement est connu, à l'exemple des Okoumé dans la zone de
Kribi, ou des Azobés à Ngoumou. Les compensations individuelles payées par
COTCO pour la plupart en nature (vélos,
tôles ,motos) n'ont pas servi comme prévu aux récipiendaires parce que les
matériels étaient très vite abîmés mais aussi et surtout parce que ces
compensations en nature n'ont pas abouti à la création de nouveaux champs .
Un
cas de compensation fantaisiste dans le
village Nkoa–Ayos dans le Centre: une
partie de l' exploitation agricole de
Mr BETI SAMBA ROBERT comprenant des tiges de bananiers et de manioc n' a pas été recensée lors du
passage de la commission. En outre ,la moto pompe qui lui avait été remise dans le cadre de la compensation
individuelle mais qui ne fonctionnait pas et avait été rendue pour réparation à
COTCO, ne lui est pas revenue à ce jour.
Payer le différentiel du montant revalorisé de compensation dans les zones où se sont effectuées des levées topographiques destructeurs des champs et démobilisateurs, même si par la suite des modifications de tracé y sont intervenues.
Régler les cas litigieux en suspens (Okoumé, pygmées non compensés ou même visités, etc.)
Remplacer le matériel défectueux avant la fin de la période de garantie
Prendre les mesures d'engagement d'encouragement et de capacitation des populations à l'agriculture, etc., par l'octroi des moyens nécessaires y afférant.
Que le Consortium fasse effectuer un audit complet au processus de compensation et en rende publics les resultats.
Un
Plan pour les Peuples Autochtones (PPA) doit être mis en œuvre à travers la
FEDEC[4]
pour fournir de l'assistance aux communautés Bagyeli/Bakola (Pygmées) dans la
zone du Projet.
Les
pygmées Bakola et Bagyéli dans la zone sud du projet à proximité de la route
Lolodorf –Kribi vivent dans les logements surpeuplés aux conditions d' hygiène
mauvaises . Au cours de l'année 2001-2002,on a noté une épidémie de tuberculose
en leur milieu . On ne note pas de dispensaires dans leurs régions et ces derniers dépourvus de moyens ont un accès
limité aux hôpitaux .Ils connaissent en ce moment des maladies diarrhéiques
attribuables en partie à la pollution des eaux de boissons. On note également
une forte mortalité chez les jeunes enfants. Les efforts annoncés pour eux ne
sont pas mis en œuvre.
La
FEDEC telle que prévue par le projet, doit impérativement voir le jour.
-
Le projet doit mettre à
la disposition des pygmées des centres de santé, d'éducation et des programmes
d'adduction d'eau (des forages, etc.)
Les
pratiques agricoles devraient être encouragées dans les milieux par le projet à
travers l'octroi du matériel agricole et des moyens nécessaires y afférant.
Le projet prépare une procédure pour
atteindre la conclusion des questions sociales dans chaque village, notamment
des questions de compensation individuelle et villageoise, des recrutements
locaux, de la réhabilitation des chantiers et des conflits divers éventuels.
De très nombreux cas en divers
domaines restent mal ou non réglés. La procédure pour atteindre la conclusion
des questions sociales dans chaque village est "top-down" et non
"bottom-up" comme cela est souhaitable. Le processus retenu par COTCO
se contente du Gouvernement – qui comme chacun sait est juge et partie –, et
d'un "observateur indépendant" qu'il peut suffire de choisir sur
mesure. De plus, les populations ne sont pas du tout informées de manière profonde et transparente de la signification
de cette clôture sociale et des implications de leurs signatures à apporter. Le
processus sent l'arnaque et la supercherie. Curieusement, alors qu'il n'est
même expérimenté en première approche qu Cameroun où il est né, déjà
D'Appolonia le recommande au Tchad.
Sensibiliser franchement et
profondément les populations concernées par des canaux et méthodes
d'information convenables : équipes de sensibilisation composées d'ONGs comme
pour les compensations régionales, production de manuels simplifiés
explicatifs, clairs ; utilisation de jeux de rôles pour une meilleure
compréhension, etc…
Gérer au préalable ou dans l'intervalle les litiges.
Tester le processus dans quelques villages pionniers.
Le
Projet attire l'attention des travailleurs sur les questions de patrimoine
culturel et les archéologues ont mené leurs investigations avant les travaux.
Un livret intitulé "Manuel sur les sites archéologiques dans le Projet
d'Exportation Tchadien" a été préparé pour être utilisé par le personnel
PGE du Projet. Le Plan de Compensation (Volume 3 du PGE – Section Cameroun)
décrit les types de sites sacrés contemporains susceptibles d'être rencontrés
par le Projet et les compensations. La Procédure de Coordination et de
Spécification de Travaux (JSCP) n° 20 indique en Chapitre 29, sous-chapitre
5.11 que si des sites d'intérêt archéologique sont découverts durant la
construction, l'entrepreneur doit laisser les découvertes intactes et les
déclarer immédiatement à COTCO qui donne les instructions nécessaires.
Dans
le village Djom, dans la partie Nord du projet au mois de Mars – Avril 2002, la
société SOGEA/SATOM a déterré 3 corps qu'elle a compensé à 70.000 Frs (100$ US)
par corps.
A
Boyou, dans la partie Est du projet, des sites sacrés ont été détruits impunément
et sans réparations d'aucune sorte.
A
Mbaki I Janvier 2002, il y a eu abattage des arbres sacrés en présence du chef
du village et de tous les villageois qui n'avaient d'yeux que pour contempler
la situation impuissants et sans défense.
Le
cas de Mbong au Nord en Mars 2002 est signalé, où des corps ont été exhumés
clandestinement (de manière illicite).
A
Goyoum, depuis des actions similaires à celles citées ci-dessus, les villageois
meurent à un rythme bizarre; pour eux le taux de mortalité s'est accru parce
que l'on n'a pas fait des sacrifices et les dieux sont fâchés.
Le
projet doit associer une expertise nationale représentative et renforcer
l'équipe. Un recensement des dégâts opérés doit être fait et les actions
correctrices adéquates prises.
Stratégie du projet : le PGE
requiert q"un individu capable de fournir des soins de premiers secours de
base, comme la réanimation cardio-pulmonaire et le contrôle des hémorragies
externes, soit disponible sur chaque site isolé de travail. En outre, un nombre
adéquat de personnels non professionnels mais formés en secourisme doivent être
disponibles sous quatre minutes auprès de chaque travailleur, et un secouriste
pleinement formé doit être opérationnel sous 20 minutes pour stabiliser et
transporter le patient vers une formation sanitaire adéquate. Le PGE indique
que 10% de la main d'œuvre devrait être formée en secourisme au premier niveau.
Les solutions pour les évacuations sanitaires sont variables selon les sites et
définies dans les Plans Sanitaires de chaque Entrepreneur.
Dans
bon nombre de localités, l'absence de dispensaires, d'hôpitaux, de centre
d'urgence favorise des décès futiles. L'on note surtout que les employés
meurent pour la majorité en cours de route suite à un accident de travail. Il
faut les transporter dans l'arrondissement le plus proche. Le cas le plus
flagrant est celui de Bélabo village où les employés ont grevé parce qu'un
employé accidenté a été négligé puis est mort par la suite.
-
C'est le cas de Kongolo
à l'Est en Mai 2002 où un agent a été frappé par un câble lorsqu'il
travaillait. En effet, en Décembre 2001, l'ouvrier Gilbert Mba Douba a trouvé
la mort au niveau du pont sur le Mba en plein travail, après avoir reçu un choc
provenant du câble d'un engin; ne recevant pas soins primaires de l'employeur,
il s'évanouit et mourut au cours de son évacuation.
-
Dans la localité de
Mbambo – Santando en Janvier 2002, une voiture de flo-flo (Société
sous-traitante de Willbros) a fait un accident qui a entraîné 17 ouvriers
gravement blessés et fracturés.
Améliorer
les disposition pour premier soins notamment en terme de rapidité
d'intervention et de communication avec les structures de santé.
Stratégies
du projet : le PGE requiert que les Entrepreneurs aient un fournisseur de
services Sanitaires, compétent en médecine préventive, avec la capacité de
traiter les traumatismes et les cas d'urgence, et de l'expérience dans le
travail en zone éloignées. Les entrepreneurs ont également dû préparer un Plan
Sanitaire basé sur les lignes directives présentées dans le PGE. Les cliniques
sur les sites de travail et aux camps principaux doivent être en mesure de
fournir de bons soins primaires, puis assurer le transfert vers des hôpitaux ou
cliniques préalablement certifiés à l'extérieur des camps. Les Fournisseurs de
Services Sanitaires doivent disposer de protocoles médicaux. Un laboratoire et
des équipements radiologiques sont des éléments importants pour assurer le
respect des procédures établies dans les protocoles médicaux.
les
localités situées dans la zone du projet ne disposent pas d'infrastructures
sanitaires sauf dans les camps de Bélabo, Bélel où l'on note une seul centre de
santé; il n'existe pas de laboratoires d'analyses ni de radiographies.
C'est
la cas des localités Ngovayang, Bikalla et Bibia où les infrastructures et
personnels médico-sanitaires sont inexistants. Lambi, Bipindi, etc.
A
Essandjani Avril 2002, on a noté l'accroissement de décès des enfants suite à
des diarrhées et dysenteries amibiennes.
Améliorer
la couverture sanitaire dans les zones considérées.
Le PGE met l'accent sur la prévention, le diagnostic précoce et le traitement des maladies contagieuses, notamment celles transmises par l'alimentation, l'eau, l'ai, les vecteurs et de personne à personne. Le PGE insiste sur les risques liés aux maladies sexuellement transmissibles et le SIDA, ainsi que sur l'éducation sanitaire et la mise à disposition de préservatifs. La stratégie est de minimiser la transmission depuis ou vers la communauté, aussi bien qu'entre travailleurs, et dans l'environnement de travail. Les mesures de contrôle des vecteurs comprennent l'élimination des sites de reproduction de moustiques, de mouches et de rongeurs. La prévention consiste en éducation sanitaire et en programmes de vaccination. Les portes et fenêtres des lieux de vie, des cuisines et des bureaux doivent comporter des écrans pour éviter la présence d'insectes. Les contrôles sur l'eau potable se réfèrent aux normes de l'OMS. Les lieux de vie doivent minimiser la probabilité de maladies transmises par l'air. Une sensibilisation sanitaire doit être présentée à tous les employés à l'embauche. Elle porte en général sur l'éducation sanitaire, l'hygiène personnelle, et la prévention des maladies contagieuses présentes dans la zone.
L'évolution
des cas des MST dépistés dans le dispensaire de Dompta en juillet – novembre
2001 sont présentés dans le tableau ci-après:
Tableau n° 1 : Evolution des cas de MST dépistés dans le
dispensaire de Dompta entre juillet
et novembre 2001.
|
Maladies |
Juillet
– 01 |
Août
01 |
Sept
– 01 |
Oct – 01 |
Nov - 01 |
Total |
%
des MST |
|
Trichomonas |
0 |
1 |
5 |
2 |
5 |
13 |
3,51% |
|
Flore
III – IV |
2 |
8 |
13 |
6 |
29 |
58 |
15,67% |
|
HIV |
10 |
10 |
9 |
4 |
7 |
40 |
10,81% |
|
Syphilis |
4 |
16 |
7 |
5 |
5 |
37 |
10,00% |
|
Champignons |
4 |
8 |
12 |
10 |
19 |
53 |
14,32% |
|
Garden
Ella |
7 |
12 |
22 |
11 |
29 |
81 |
21,89% |
|
Gonococcie |
11 |
18 |
15 |
12 |
32 |
88 |
23,78% |
|
Total
des MST/Mois |
38 |
73 |
83 |
50 |
126 |
370 |
|
le
nombre de cas de MST dépisté augmente considérablement dans le temps, malgré
l’augmentation du nombre de préservatif distribué dans le camp (figure 1).
La distribution des préservatifs aux employés et les campagnes de sensibilisations organisées au sein de l’entreprise sont des mesures d’atténuation prévues. On se rend compte que rien n’est prévu pour les populations riveraines qui sont aussi exposées que les employés. Les premières statistiques publiées par le centre de santé sont sans équivoque à ce sujet (voire figure n°1). Si des mesures de préventions appropriées ne sont pas prises à temps et conduites de bonne manière, on risque de contribuer à la propagation du virus le long du Pipe et à sa concentration en foyers épidémiques dans les villes et villages traversés.

Figure n°1 : Evolution du nombre de préservatif distribué dans la base
vie de Dompta entre
janvier et Octobre 2001
En dix
mois, on a distribué environ 16304 préservatifs dans le camp, soit une moyenne
de 1600 par mois. Malgré cette distribution, on constate que le nombre de cas
de MST ne cesse d’augmenter. Il serait intéressant de savoir la proportion des
populations riveraines dans les cas de MST enregistrés.
A
Dompta, l'essentiel des employés qualifiés viennent des zones urbaines, Douala
– Yaoundé (zone à forte prévalence MST et VIH) cette migration des populations
peut s'accompagner d'un glissement de front épidémique.
En
Juillet – Novembre 2001, le nombre de cas de VIH dépistés au dispensaire de
SOGEA/SATOM était de 40 (voir tableau) tandis que le nombre de cas de MST était
de 370 soit environ une moyenne de 74 cas/moi. Cas du village Ngaye Ngaye: Mai
2002, pas de campagne de vaccination.
Bien
que la moyenne de 1500 préservatifs distribués par mois à Dompta soit
constatée, la prévention des MST/SIDA est bien insuffisante.
A
Bélabo, où l'on a pu noter la présence des prostituées européennes, et un
sérieux brassage des populations, la question des MST-SIDA se pose avec plus
d'accuité.
A
Ndoumba – Kanga à l'Est du projet, la doléance première des populations est la
programmation dans leurs villages d'une campagne de sensibilisation sur les
MST-SIDA.
Intensifier
la sensibilisation et l'étendre aux populations locales.
Les activités d'hygiène industrielle et de médecine du travail doivent être coordonnées pour éviter, contrôler et traiter les maladies et les blessures professionnelles. Le PGE met l'accent sur le Contrôle de l'exploitation aux radiations ionisantes et non ionisantes, sur les aérosols, les vapeurs, la poussière, le bruit, la chaleur, les vibrations et les températures et pressions élevées. L'équipement personnel de sécurité doit être adapté aux différentes activités, et comprendre des masques adéquats pour la poussière, les aérosols et les gaz. Les plans Sanitaires exigent que des hygiénistes industriels expérimentés ou des professionnels de santé de qualification équivalente évaluent l'exposition aux agents physiques et chimiques. Ces professionnels doivent être capables d'évaluer les risques relatifs au travail et de diagnostiquer et traiter les personnes affectées. Une analyse régulière des données est également requise.
L'eau
distribuée aux travailleurs locaux parfois dans des citernes ne présente pas de
garantie de potabilité suffisante. Dans certains cas, sa distribution n'a pas
été régulière. Les explications des tests de qualité avancées par les agents
responsables ne sont pas convaicantes.
La stratégie du PGE est de
protéger les communautés contre les maladies et contre l'augmentation de leur
exploitation aux accidents, à travers des activités d'éducation sanitaire et de
sensibilisation. Le PGE met l'accent sur les maladies sexuellement
transmissibles en particulier le SIDA. Le projet s'est également engagé à
mettre en place un programme de Santé
Communautaire (CHOP) mise en œuvre grâce à des accord avec des ONGs qui
réalisent des activités de prévention. L'assistance Technique de la Banque
Mondiale est également destinée à renforcer la capacité des institutions
gouvernementales à suivre l'impact du
projet, en particulier sur le plan de la santé des communautés.
Le
seul exemple suivant des campements pygmées du Sud est relaté (voir tableau
suivant).
Tableau récapitulatif du suivi dans
les villages Bakola situés à moins de 2 km du tracé du pipeline
|
Date |
Campement/Distance au
tracé |
Chef de la communauté |
Nombre d’habitants |
Nbre. d’enfants scolarisés |
Nbre. de visites du
Consortium |
Besoins exprimés |
Modifications
constatées dans le milieu de vie |
Observations |
|
09.7.02 |
Kour Mintoum 1700m |
Manga Mangiong Pierre |
13 |
00 |
00 |
-
Scolarisation des enfants -
Amélioration de l’habitat et des conditions de vie -
Soins de santé -
Sécurisation foncière |
-
Eloignement du gibier -
Les cours d’eau qui ont vu leurs lits modifiés ou simplement troublés -
Plantes médicinales détruites |
Le sieur Ekouang Laurant
propriétaire d’un champ de cultures vivrières détruit par le tracé n’a pas
été compensé. |
|
|
Nkaga 700m |
Ndziela
Mathieu |
05 |
02 |
01 |
Idem |
Idem |
Ils ont arrêté de pêcher
dans la Kienké depuis le début des travaux sur interdiction des personnels du
consortium |
|
|
Bilolo 300m |
Kouombi Jacques |
16 |
02 |
02 |
Idem |
Idem |
|
|
10.7.02 |
Nkoundou
Nkoundou |
Yima
David |
24 |
02 |
07 |
Idem |
Idem |
Ils ont déjà reçu des dons
de fournitures scolaires et de matériels agricoles du consortium |
|
11.7.02 |
Giangou 150m |
Ndtoungou
Albert |
37 |
01 |
08 |
idem |
idem |
Distribution du petit
matériel agricoles et nourriture Aucun Bagyély n’a été
recruté pendant les travaux Ils relèvent qu’aucune
réunion n’a jamais porté sur leurs attentes |
Intensifier la sensibilisation sanitaire des communautés et apporter des solutions concrètes à leurs difficultés à se faire soigner.
Le projet met fortement l'accent sur la question de la sécurité routière. Concernant cette dernière, des progrès significatifs ont été faits le long des routes réhabilitées par le projet (porte-drapeaux, sensibilisation des communautés riveraines, mesures physiques de réduction de la vitesse, contrôle radar de vitesse, etc.). Comme cela a été souligné dans les précédents rapports du groupe ECMG, aussi bien au Cameroun qu'au Tchad, la conception des routes est cohérente avec les normes gouvernementales, et les détails de conception ont été approuvés par les deux Gouvernements. Au Cameroun, COTCO a préparé un plan d'action de sécurité Routière, qui est lié à un programme de sensibilisation (phase 1) des communautés. Un programme analogue est encore en cours de préparation par David Terrassement (DT) au Tchad.
A
Mbaki I Janvier 2002, la population locale et leurs bêtes domestiques comptent
un taux très élevé d'accidents et même de morts à cause de la vitesse et
régularité des voitures de COTCO et Willbros.
Tapare
au Nord en Janvier 2002, les chauffeurs ne respectent pas les signalisations,
roulent à vive allure et on note l'absence des dos d'ânes.
A
Djom Avril 2002, le constat est plutôt différent ; il y a des dos d'ânes mais
les chauffeurs ne ralentissent pas leur vitesse.
A
Daukali en Mai 2002, on a noté une forte fréquence d'accidents de circulation
avec morts qui s'en suivent depuis l'installation des voitures et engins de
COTCO et Wilbros.
L'insécurité
routière est pratiquement évoquée dans toutes les localités de l'oléoduc.
Définir
et appliquer des modalités de sanctions aux chauffeurs fautifs et s'étendant à
leurs employeurs. Intensifier les activités d'éducation des populations peu
habituées à une intense circulation routière.
Le
projet met un accent considérable sur la question de l sécurité incendie. Des
règles internationalement reconnues et
des recommandations ont été adoptées pour minimiser le risque d'incendie sur
les lieux de travail durant les activités de construction.
Dans
la localité de Djom au Nord, un aveugle a été surpris par le feu de son retour des
champs le soir et a été sauvagement brûlé.
Ce
dernier a reçu 80.000 d'indemnisation de SOGEA/SATOM
Etendre
la sensibilisation du risque incendie au niveau des villages.
Le PGE comprend des exigences relatives à la protection des ressources en eaux souterraines : Installation de puits de contrôle autour des installations de gestion de déchets, et suivi des puits villageois environnants afin de s'assurer que les prélèvements d'eau pour le Projet n'affectent pas ces ressources, ni en qualité ni en quantité. Le PGE contient également une prescription relative aux prélèvements d'eau de surface, qui ne doivent pas excéder 10% du débit ou du volume du cours d'eau. Si la consommation d'eau du projet a un impact négatif sur une ressource villageoise, les habitants affectés sont fondés à disposer d'une ressource alternative.
Du 14 février au 17 février 2002, Wilbros a procédé une fois de plus à un hydrotest. Les milliers d'hectolitres ont été déversés au PK647 au lieu du joint venture entre squard 1 et 2 créant ainsi des dommages énormes aux populations des villages NTAL et DEA. L'eau déversée du haut de la colline dévalait vers les bas fonds zones où toutes les rivières qui desservent les villages cités plus haut prennent leurs sources.
Les sources en eau potable sont submergées d'eau sale et pleines de déchets.
Dans la partie Sud du projet, les localités de Ndata, Petit Tambi, Bidoung I, Bipindi, Mandougou, Bissangui et Bikondo dans la période de Septembre ont vu leur point d'eau perturbé par les travaux de terrassement de traçage et d'aménagement des routes. Les eaux de surface servant d'eau de boisson et d'usages domestiques ont été polluées et détruites soit par remblai de terres, soit par la chute des grands arbres déviant parfois le lit des ruisseaux.
Dans le village Mayene / Ntal, la pose des tuyaux a perturbé et dévié les lits des cours d'eau obstruant par là le passage d'eau et entraînant une stagnation en amont avec formation des lacs à la coloration verdâtre.
Au Nord, le village Sakoudi a vu sa rivière Soudoum changée depuis l'enterrement des pipes: les eaux sont devenus stagnants et blanchâtres. Cette rivière s'assèche également. Il faut signaler que Wilbros pratique les explosions de mines aux environs de la rivière (Janvier 2002).
A Belabo village, Ndoumba Kanga, les lits des cours d'eau n'ont pas été déplacés et sont plutôt remplis de terre rouge (Février 2002). Le 10 Février 2002, à Mbaki I, les villageois ont barré la route pendant plusieurs heures et le motif de grève était la pollution des cours d'eau par COTCO et l'absence d'eau potable. Le 12 Février, COTCO fait venir alors une citerne de 1.000l d'eau.
Au Nord, le constat est le même. Presque tous les cours d'eau et marécages traversés par COTCO changent de couleur et d'odeur (pollution) et cela est très alarmant parce que l'activité économique est pratiquement freinée. C'est le cas du village Essandjané où tous les cours d'eau sont pollués par la terre rouge or, l'eau potable et domestique est extraite de ces cours d'eau et de plus, il y a un abattoir dans les environs (mai 2002).
Dans la localité Goyoum, 14 cours d'eau aux abords de la rivière Lom ont changés considérablement et l'activité de la pêche a diminué consécutivement.
La question d'acquisition d'eau potable se pose avec acuité sur tout le tracé de pipeline. Un dicton commun ne dit-il pas "l'eau c'est la vie ?" comment les populations riveraines peuvent elles alors se trouver privées d'eau sans aucun signal de solution rapide. C'est par exemple le constat qui a été fait à Batala dans le Centre où depuis le mois d'Octobre 2001, l'unique source de ravitaillement d'eau de boisson, de cuisine et même pour les bêtes est contaminée par les eaux de ruissellement découlant de la buse fixée par SATOM. Le sous-préfet de Nanga Eboko un agent de COTCO et les responsables SATOM étaient descendus dans les lieux de très près. Ils ont fait des promesses aux riverains mais jusqu'ici rien n'est fait et l'eau de pluie reste la seule source d'eau. Est-il possible de vivre dans de telles conditions ? jusqu'à quand pleuvra t-il ? l'eau de pluie est-elle si potable ? A quoi sert donc la carte des sources villageoises dans un rayon d'1 km des points d'eau du projet?
Trouver une alternative rapide aux populations (forages, etc.).
La gestion des déchets telle qu'elle est définie dans le PGE inclut l'éducation et la formation, le recyclage des déchets, leur transport, leur traitement, leur élimination et le contrôle des déchets solides dangereux (décharge de déchets dangereux, décharge de déchets solides banals, incinérateurs pour déchets dangereux, et pour déchets banals) ; le suivi des eaux souterraines, enfin la collecte et le traitement des eaux usées et le suivi des effluents.
Les entrepreneurs chargés de travaux de construction ont préparé leurs plans de gestion des déchets, en conformité avec les exigences du PGE. Les plans des entrepreneurs ont été approuvés par Exxon. Les entrepreneurs doivent mettre en place la collecte et le traitement des eaux usées dans les camps. Ils doivent collecter, trier et éliminer leurs déchets, et livrer leurs déchets dangereux non recyclables dans les installations approuvées par Exxon pour élimination. Ces dernières sont situées dans la zone des champs pétroliers (OFDA) au Tchad, et sur le sites des stations de pompage au Cameroun.
Depuis le départ de Satom en octobre 2001, certains feux fument encore à Batchenga à ce jour, à l'exemple du village MABASSA situé à 7km environ du centre ville sur la route Nachtigal, carrefour SA’A. Ce village a été victime de la pollution à haute échelle pendant une semaine au moins. En effet, il s’agit du déversement des déchets des fosses sceptiques des cadres de SATOM à quelques mètres dudit village par le service de vidange de cette société. Ce qui a tout de suite souillé les deux champs de manioc voisins appartenant à Mme Eloundou Marcelline et à Mr Kele Biloa Protais. Le village a aussi respiré des odeurs sui generis durant tout ce temps. La source d’eau qui se trouvait en aval a également reçu les eaux de pluies d’écoulement avec tous ces "déchets". Aujourd’hui, elle est abandonnée et le village privé d’eau potable. Alors que c’était leur seul point de ravitaillement. Ils parcourent à ce jour des dizaines de kilomètres pour avoir de l’eau potable. Lorsque le problème a surgi en octobre dernier, les autorités administratives et militaires ont effectué chacune une descente sur le terrain ainsi que les responsables chargés de l’environnement à SATOM qui y sont également passés. Les requêtes ont suivi et jusqu’à ce jour, rien n’est toujours fait. On attend …et les populations se plaignent davantage avec la saison sèche qui arrive.
Instituer les pénalités franches contre une gestion hasardeuse des déchets et des eaux usées.
q
Que les
principaux acteurs mettent en place un audit complet et indépendant du
processus de compensation, qui permettrait de recenser tous les conflits
latents, tous les cas de revendications liés au processus de compensation et au
projet en général, afin d’y apporter des solutions concrètes et définitives
q
Que le
Consortium prenne toutes les mesures pour mettre fin aux pratiques
discriminatoires ayant cours dans les bases vie et les différents sites des
travaux
q
Que COTCO
apporte des clarifications pertinentes sur tous les sujets à controverses
notamment en qui concerne :
o Les endroits où les tuyaux ne seront pas
enterrés
o Les populations à déplacer
q
Que COTCO et le
gouvernement prennent toutes les dispositions nécessaires pour une élaboration
concertée du plan d’urgence d’intervention en cas de déversement accidentel des
hydrocarbures et un plan d’échange et d’information au moins un an avant le
début de l’exploitation
q
Que la Banque
mondiale, le gouvernement et la COTCO cessent de bafouer leurs promesses
solennellement faites et accélèrent la mise en œuvre effective des nombreuses
mesures d’accompagnement et d’encadrement prévues (CAPECE, PPAV,…)
q
Que le
Consortium procure aux populations affectées des sources alternatives
d’approvisionnement en eau, notamment des puits ou sources aménagées ailleurs
que sur les lieux traversées par l’oléoduc.
q
Qu’un cadre de
concertation à fréquence définie, multipartite ( Etat, Banque Mondiale, COTCO,
Société civile) soit enfin mis en place pour rendre possible la discussion
directe et la résolution rapide de différentes situations de non-conformité.
Il n'est pas superflu de rappeler que l'urgence est signalée pour les
problèmes prioritaires annoncés en introduction, à savoir :
-
La question de
l'eau potable ;
-
La question du
Pont sur le Lom ;
-
La question de
l'encadrement des peuples autochtones (Pygmées).
Au sein des entreprises SATOM/SOGEA et Tchad Cameroon
Constructors (TCC), la direction du chantier est confiée presque exclusivement
aux expatriés (français). Ces expatriés qui sont tous des « chefs »
appartiennent en générale à 2 classes d’âge. Les vieux qui sont à plusieurs
dizaines d’années de service en Afrique et les jeunes élèves des écoles de
techniciens et/ou d’ingénieurs à peine sortis d’école et à leur toute première
expérience professionnelle. Ils viennent en Afrique pour le compte de stage ou
du service de coopération tenant lieu de service militaire. Les premiers sont
pour la plupart sans grande instruction et tiennent les reines des chantiers
(le directeur de site de TCC est soudeur, et a de grosses difficultés de
communication et celui de SATOM/SOGEA est conducteur d’engin). Le comportement
des jeunes fait croire qu’ils ont été briefés sur la manière de traiter le
personnel national avant d’être envoyés sur le chantier en Afrique. Les travaux
demandés à l’ouvrier pour la journée de travail sont dans bien de cas
supérieurs à ces capacités physiques. On a entendu un expatrié dire à des
ouvriers criant famine à 2 heures du matin : « vous pouvez manger le
béton ». Ces derniers étaient à l’œuvre depuis 6 heures du matin sans
repos.
Bien que le personnel national et local soient la véritable
cheville ouvrière de l’entreprise, le comportement du personnel expatrié laisse
croire qu’à tous les degrés de responsabilité, les Camerounais font figure de
poussette et de girouette servant à combler les vides de l’organigramme. Ils
sont les premiers à être indexés et virés quand l’entreprise fait des conneries.
A titre d’exemple, il est arrivé que SATOM/SOGEA soit convoquée par son client,
TCC pour mauvaise exécution d’un ouvrage. Tout le personnel impliqué dans la
construction dudit ouvrage devait se rendre à une réunion de crise avec le
client. Les expatriés ont tenu une réunion préliminaire (sans les 2 camerounais
concernés également) pour convenir de la manière dont ils se dédouaneront au
détriment du personnel du service « Qualité » qu’ils n’avaient pas
voulu écouter. Des consignes préalables avaient même déjà été données afin que
ces derniers soient licenciés. Aux yeux du client, SOGEA aurait ainsi
sanctionné son personnel « indélicat ».
Les
cadres nationaux sont ridiculisés aux yeux des ouvriers afin qu’aucune
considération ne leur soit donnée, rendant très stressant leur séjour au sein
de l’entreprise.
Sur le chantier, le personnel national fait office de parent pauvre. Chez SOGEA/SATOM par exemple le personnel de tout rang doit se rendre au travail à bord de 2 camions Boungalo et 2 cars SAVIEM. Les 8 expatriés pour leur part ont 10 pick up double cabine. Chaque expatrié est logé, nourri, blanchi, véhiculé et même distrait aux frais de l’entreprise. Toutes leurs factures sont supportées par les caisses de l’entreprise.
L’accès au
téléphone, fax, courrier électronique est refusé aux cadres nationaux dont
aucun ne dispose d’adresse électronique. On estime « qu’ils n’en ont pas
besoin ». Dans les locaux administratifs, la séparation entre les bureaux
des cadres expatriés et ceux des cadres noirs est lisible par le recouvrement
avec la toiture. Les bureaux d’expatriés sont recouverts de toiture jusqu’à la
limite avec les bureaux des nationaux. Le plus élémentaire ordinateur de
travail « n’est pas nécessaire » pour une partie du personnel
d’encadrement noir qui en a besoin.
Les malaises qui peuvent être ressentis dans la vie au
chantier sont liés au contexte du projet. Les procédures qui y ont cours sont
des plus élaborées et appliquées dans le contexte européen et américain. Ces
concepts nouveaux portent sur la formation, la santé, la sécurité, la qualité,
le socioéconomique et l’environnement. Les différents services suscités sont
tous confiés à des cadres camerounais. Le personnel expatrié membre de l’équipe
est soit inapte à ces pratiques parce que sans expérience, soit a cultivé
depuis des dizaines d’années pour beaucoup une habitude de malfaçon, puisque
exerçant en Afrique. Du coup, les conflits de compétence sont nombreux entre
les expatriés et le personnel africain. Ces confrontations créent par cette
situation sont le plus souvent gagnée par les locaux, d’où les rancunes
enregistrées. Pour dévaloriser ces derniers, leur travail doit être sapé et ils
doivent être traités comme tous les autres ouvriers (transport dans le même
camion du personnel, restauration au même réfectoire, insultes publiques …)
pour lesquels ils ne sont que « des cadres en bois, des cadres de portes et
de fenêtre ». Cette pratique est bien développée chez SOGEA SATOM dans le
cadre de son chantier de la PS3.
Du 14 au 17/02/02 Wilbros a procédé une fois de plus à l’HYDRO TEST. Des milliers d’hecto litres en milliers ont été déversés au PK 647 lieu du joint venture entre les spuads 1 et 2 créant ainsi des dommages énormes aux populations des villages Ntal et DEA.
L’eau déversée du haut de la colline dévalait les bas fonds. La zone où toutes les rivières qui desservent les villages cités plus hauts prennent leurs sources. Par conséquent, toutes les sources en eau potable sont inondées en eaux sales et pleines de déchets.
La pilule est forte pour le village DEA. Car certaines populations de ce village utilisent les quelques mares restantes dans le lit de la rivière via pour tremper le manioc, soit tremper leur récolte de concombre pour après laver. Mal leur en a pris car la puissante quantité de l’eau a ramassé tout sur son passage ( Manioc et concombre).
Et comme un malheur ne vient jamais seul, les populations annoncent la présence dans le lit de la rivière VIA plus loin en aval la présence de poisson mort. Peut être du fait qu'en période de saison sèche, et alors que l’eau commence à manquer, les poissons trouvent refuge sous les racines des arbres où ils se dissimulent et lorsque l’eau arrive, ils sortent croyant à la saison de pluie et l’eau repartant comme elle est venue, ils sont surpris.
Les populations sont indignées du fait qu'après constat des préjudices aussi importants, Willbros est venu (après revendication) laisser de l’eau potable quelque quatre jours après. Il n’approvisionne plus alors qu'avoir de l’eau à boire est devenue un casse-tête pour les populations de DEA. Du moins celles qui s’approvisionnent à VIA.
La revendication des produits agricoles détruits est restée lettre morte et les populations qui ont plus en tête les grèves, commencent à ce mobiliser malgré la formule du dialogue qu’on leur prône.
Village Déa :
v SINFOUDA Timothée: 24 cuvettes de concombres
v NTANG AVON Barthélemy: 12 cuvettes de concombres, un champ de maïs noyé,
v SABENG AVON Joseph: 15 cuvettes de concombres, 4 habits, 3 cuvettes de manioc, et de maïs endommagés ;
v NTANG Pélagie: 5 cuvettes de manioc, et 2 cuvettes de maïs endommagés.
v ETOH AVON Blaise: 8 cuvettes de manioc et 12 cuvettes de concombre.
v NGABEN Sylvie : 16 cuvettes de manioc ;
v ANDING Catherine : 9 cuvettes de
manioc ;
v ASSENGUE Jeanne d'Arc : 6 cuvettes de manioc.
Famille SIMANG BENG Louis
v SIMANG BENG Louis : un champ de maïs noyé
v NGON MENYENGUE Marie : 7 cuvettes de manioc
v MENGANG Lucie : 9 cuvettes de manioc
v NGADOA Françoise : 4 cuvettes de manioc
v NYANKANG Jeannette : 14 cuvettes de manioc
v BENG Odile : 15 cuvettes de manioc
La buse sur la rivière Via a été endommagés, rendant impossible la circulation automobile entre EWANKANG et DEA. Les populations ont mis en place une traversé de fortune en bois pour palier à cette situation (photo n°4 et 5).
N.B: Le pont sur la rivière VIA s'est effondré et la source d'eau potable a été polluée.
Village NTAL
v NGANDEL Martine : 1 cuvette de maïs à germer et 7 cuvettes de manioc
v TINA Marie : 5 cuvettes de manioc
v EBENG Hélène : 6 cuvettes de manioc et une parcelle de macabo et de légumes verts (400m²) inondée
v NGON NTAMACK : 4,5 cuvettes de manioc
v NDONGO Basile : 3000 plants de caféier endommagés
v EMINI SAMBON Félix : 500 pieds de cacaoyer inondés pendant 9 jours.
La source d'eau potable du
village a été inondée.
L'évaluation des cultures par la commission mise en place à cet effet dans son interprétation des textes et ses appréciations ont créé beaucoup de désagréments aux populations riveraines. En effet, la qualification des arbres à indemniser n'a pas toujours été faite dans le respect des textes. Monsieur Abega Otele Nestor a fait les frais de cette pratique. Lors des évaluations de mise en valeur sur le tracé du pipeline, il a vu sa plantation d'arbres mis en place dans les années 1987 et 1988 dans le cadre de la campagne de vulgarisation sylvicole dont l'ex-Office Nationale de Régénération forestière (ONAREF) être incorporée sous la rubrique "ressources naturelles". Cette exploitation d'une superficie de 3 hectares environ compte :
530 plants de FRAMIRE (Terminalia ivorensis) ,19 ABALE ,15 AZOBE, 01 EWONE.
Ces arbres ont été dédommagés à la somme de 107.000 frs CFA au lieu de 1.801.000 frs CFA si la qualification d'arbres cultivés avait été prise en considération. Après plusieurs requêtes adressées à COTCO, la situation reste à ce jour sans solution satisfaisante pour l'exploitant.
Du fait
de la présence d’une main d’œuvre nombreuse et solvable pour la plupart, Belabo
est devenue un point de chute pour des prostitués occasionnelles ou professionnelles du commerce de sexe.
Elles viennent de partout et surtout des villes et villages des provinces de
l’Est et de celle du Centre. Un contingent important serait également venu de
la partie angloxasone du pays. L’activité comme de tout les temps s’effectue le
soir au retour du travail. Les points de chutes ci-après sont les plus
visités : Ambassade de Colombie, Rue de la joie, la Parisienne, Chaise
blanche…
L’hôtel Girafe de Bélabo est appelé
Ambassade de Colombie du fait de l’abondante présence tous les soirs de la
très forte colonie sud-américaine en général et surtout colombienne travaillant
au sein de l’entreprise Willbros. Ces ouvriers du tuyau sont réputés de bons
payeurs. Certains attribuent leurs largesses à l’épaisseur de leur porte
monnaie : 40 000 FCFA d’argent de poche par jour avec 3 repas servis par
l’entreprise et beaucoup de millions de salaire mensuel. Ce lieu est le plus
visité de la ville et tient sa dénomination actuelle aux colombiens qui y sont
essaimés. Le plein d’œuf est atteint le
week-end. La dépravation des mœurs est très forte chez ce peuple. Il arrive que
plusieurs prennent une seule prostituée. La Rue de la Joie est la « boite de
nuit » de Belabo. Elle ouvre les jours de la semaine comme simple bistrot
et fonctionne comme boite de nuit le week-end. C’est ici que se font les
exhibitions les plus saugrenues.
La Parisienne est un Snack-Bar-Restaurant de classe. Elle est visitée
par les cadres expatriés des entreprises
basées sur place. Du coup, ce n’est pas la même influence qu’ailleurs, mais les
mêmes activités « d’exposition vente ».
Le commun des ouvriers locaux qui travaillent dans la
localité se retrouve surtout à Chaise
Blanche qui est un bar dancing pour prostituées peu ambitieuses et peu prisées.
Contrairement aux différents Global Projects Specification
(GPS) qui limitent l’accès des visiteurs dans les camps, les colombiens
reçoivent leurs visiteuses dans les
logements du camp. D’autres sources affirment qu’une partie du personnel
féminin exerçant dans cette entreprise serait recrutée pour autres chose que
leur tâche officielle. Ce serait le cas
de certaines ménagères de Willbros .
Dans la
ville de Bélabo, la mode est de se procurer un travailleur du projet. Les plus
veinardes et les plus courageuses se sont servi un colombien et sont donc
appelé des « colombiennes ou amiga » (féminin de amigo qui veut dire
amis et que lancent les colombiens a qui conque sympathise avec eux). Le
courage nécessaire à la lycéenne ou à la fille ordinaire de se taper un
colombien tiens au fait qu’elles sont huées par leurs compagnons dans la rue
et/ou dans leurs établissements. Il faut donc avoir la carapace résistante à la
honte pour faire l’exposition que nécessite l’amitié d’avec un colombien.
D’autres problèmes sont nés de la
présence des entreprises sous traitantes à Bélabo : la frustration des
anciens partenaires de la gent féminin, des crises de ménages, des cas de
rupture de promesse de mariage et même des mariages ont été enregistrés.
par CED[6]
Le campement est situé à la périphérie de la ville de Kribi, au bord du fleuve de la Kienké en direction de Bipindi.
Sa population est évaluée à 13 personnes.
Avant le début des travaux de construction de l’oléoduc Tchad-Cameroun, ces dernières menaient diverses activités dans leur territoire, la pêche, la chasse et les cultures vivrières.
La mise en œuvre du projet va entraîner des changements dans les conditions de vie de ces populations.
Ce campement n’a jamais reçu de visite ni du consortium, ni d’un sous-traitant. Ses habitants n’ont jamais jusqu’au jour de notre enquête entendu parlé ni du PPAV et encore moins de la FEDEC.
Le cas du sieur Ekouang Laurant, 30 ans, illustre au mieux les impacts sur cette communauté.
Selon lui, au moment où les
travaux commencent, les cultures se trouvant sur son champ ont été simplement
détruits sans compensation. Le préjudice est évalué à un lopin de terre
cultivable désormais hors d’usage, plusieurs dizaines de plants de manioc,
igname, macabo, patate douce, banane plantain, légumes…
Interrogé sur les modifications intervenues dans leurs vies, suite aux travaux du consortium, le sieur Ekouang nous a avoué que nombre de nuisances sont perceptibles notamment le manque de gibier, la modification de certains lits de cours d’eau ou alors l’état de souillure que connaissent ceux-ci, la disparition de certaines plantes médicinales, …alors que l’espoir était de voir leurs conditions de vie améliorées, la scolarisation des enfants pygmées assurée, la lutte contre certaines maladies dont la tuberculose et la sécurisation foncière promues.
Notre interlocuteur malgré les déceptions enregistrées jusqu’à ce jour, continue d’exprimer le vœux que ce gigantesque projet, après avoir autant détruit dans leur environnement, leur apportent quelque réalisation qui leur permette de garder des souvenirs autres que ces tableaux noirs jusqu’à présent enregistrés.
1. Nous avons visité les campements pygmées autour de Kribi et situés à maximum 2 km du tracé
2. Notre séjour dans les campements de la liste ci-jointe nous a donné de constater que les consultations prévues avant la phase de démarrage du projet n’ont pas été conduites dans tous les campements et ceux dans lesquels elles l’ont été, les résultats escomptés ne se vérifient pas dans la réalité. On en voudra pour preuve quelques faits relevés:
a. Nos interlocuteurs rencontrés dans les campements n’ont à aucun moment fait preuve d’une quelconque connaissance du projet et de ses enjeux quant à ce qui les concerne
b. Ils n’ont jamais entendu parlé du PPAV et encore moins de la FEDEC
c. Ils n’ont aucune information de la part du Consortium quant à ce qui concerne leur avenir à court terme dans le contexte de ce projet
d. Le sentiment partagé partout est celui qu’ils sont marginalisés, discriminés par rapport aux Bantu voisins
3. Les populations Bakola savent très bien ce qui leur convient. Ils ont des besoins très précis qu’ils savent exprimer eux mêmes quand ils en ont l’opportunité. De manière que c’est à notre grande surprise qu’il nous a été donné de relever les mêmes besoins (attentes) dans tous les campements visités
4. Les pygmées dans les campements visités par le Consortium relèvent leur mécontentement quant à la manière dont les réunions avec ce dernier sont jusqu’à lors conçues et organisées. Dans le campement Giangou (entre Bissiang et BidouI) par exemple, nos interlocuteurs ne comprennent pas pourquoi les réunions jusqu’à ce jour organisées se sont résumées à des distributions de dons divers pourtant au même moment, ils auraient souhaité échanger sur d’autres sujets qui malheureusement ne sont jamais à l’ordre du jour
5. Le pourcentage d’enfants pygmées non scolarisés est préoccupant. Notre interrogation quant à cette situation a donné à deux types de réponses : d’une part les brimades dont sont victimes leurs enfants de la part de leurs camarades Bantu et d’autre part certains adolescents et jeunes Bakola qui à l’ère du projet pétrolier ont abandonné l’école dans l’espoir de trouver un emploi dans une des entreprises du projet
6. Les impacts sur leur environnement sont aussi relevés, indifféremment dans tous les campements. C’est le lieu de redire l’urgence d’aller au delà des mutations culturelles chez ces populations du fait de ce projet, pour s’interroger sur les implications matérielles de tels changements, notamment sur la recrudescence de certaines maladies consécutive à la disparition de certaines plantes médicinales, ou alors de la famine dans les campements étant donné que le changement d’habitudes alimentaires ne se fera pas immédiatement et automatiquement.
par le SEP[7]
Malgré les efforts fournis pour que ce pont soit
maintenu, COTCO persiste et signe. Le démantèlement du pont sur le LOM aura
lieu en Octobre 2002. A moins que,… comment réagiront les autres partenaires de
la négociation du 17 Juillet 2002 ?
Au lendemain de la réunion du 17 Juillet qui avait connu la participation à la table de négociation de toutes les parties intéressées par la question du pont sur le Lom, l'interrogation de départ demeure : quel sera le sort à réserver à ce pont ?
A cette rencontre, deux grandes tendances s'étaient dégagées avec force. La première, favorable au démantèlement du pont, était soutenue par la Banque Mondiale et bien sûre COTCO et dans une moindre mesure une des ONG présentes.
La deuxième tendance, très favorable au maintien du pont était défendue par les populations locales bénéficiaires du pont, le Comité de Pilotage et de Suivi des Pipelines (CPSP) et deux ONG dont le SEP sur trois invitées à la négociation. Pour l'une et l'autre tendance, ses défenseurs avaient usé de tous les arguments pour soutenir la cause.
I
– POURQUOI LA DESTRUCTION DU PONT ?
Pour COTCO, le respect de son cahier de charges et des engagements contenus dans le Plan de Gestion Environnemental (PGE)/Plan de Gestion des Accès Induits l'oblige à démonter le pont à la fin des travaux afin d'éviter un accès induit à une zone de système écologique est jugé très sensible.
Cet argument se trouve renforcé par le fait qu'il y a deux à trois ans, le tracé du pipeline avait été modifié pour ne pas traverser la forêt de Deng-Deng qu'il (le pipe) contourne aujourd'hui. Les ONG dénonçaient le passage de l'Oléoduc dans la forêt de Deng-Deng très riche en diversité biologique. Les ONG avaient ainsi joué un rôle essentiel dans la défense de cette forêt qui referme des espèces protégées au rang desquelles les gorilles. Un accès induit, soutenaient-elles et soutien COTCO aujourd'hui renforcerait le braconnage et la destruction de la forêt. D'où la nécessité de démolir le pont.
Pour la Banque Mondiale, le maintien du pont sur le LOM constituerait une non-conformité de niveau 3 (niveau le plus grave de non-conformité) à cause de l'impact du pont sur une zone essentiellement sensible.
Les ténors de cette tendance sont d'une part les populations bénéficiaires du pont (représentées par deux chefs traditionnels), le CPSP et d'autre part les ONG dont principalement le SEP, en tant que structure qui s'emploie à la promotion humaine à travers la résolution non-violente des conflits à l'effet de la participation de tous à la gestion de la société. Le SEP qui par ailleurs est chargé du monitoring du pipe dans cette partie du territoire.
Pour les populations locales estimées à quelques six mille cinq cents âmes (6500 habitants de Lom à Ngaidara), le maintien du pont désenclave la zone et permettra les évacuations rapides des malades vers les centres hospitaliers de Bélabo. Car l'irrégularité du train couchette et les déraillements fréquents constituent un danger pour la survie des populations. En outre, le pont facilitera l'écoulement des denrées alimentaires à Bélabo ou Bertoua étant donné que les populations produisent beaucoup de vivres et de bétail qui pourrissent et périssent faute de moyens de transport pour l'exportation vers les marchés. C'est dire que ce pont est un point d'encrage pour le développement de la zone. Le chef de Lom 1 et du canton Mbitom ont d'ailleurs rassuré les autres parties de l'interdiction formelle du braconnage dans la région comme en témoigne l'existence d'un poste de gendarmerie et d'un poste forestier nouvellement créés.
Pour les ONG, la protection de la faune et de la flore ne doit pas compromettre l'épanouissement et le développement de l'homme. Une meilleure protection passant par l'implication directe et la responsabilisation des populations locales dans la surveillance. La pression sur la forêt due par les villageois ne peut se justifier que par l'absence d'autres sources et ressources de revenus. L'exploitation de la forêt ne relevant pas de leur capacité, il faut regarder du côté de ceux qui exercent des opérations modernes de commerce, donc les industriels. Se faisant, maintenir les populations dans un état d'enclavement dans un contexte de lutte contre la pauvreté s'assimile davantage à une lutte contre les pauvres. Parallèlement à ce qui précède, les ONG pensent que pour viabiliser et rentabiliser les parcs nationaux créés dans cette région, les infrastructures de communication et d'accompagnement sont indispensables. Le pont constitue à lui tout seul une des infrastructures.
Enfin, les ONG pensent que COTCO doit penser aussi à compenser l'utilisation des infrastructures existantes qui n'ont pas été construites par lui à savoir les routes, les pistes et les ponts…
Pour le Comité de Pilotage et de Suivi des Pipelines (CPSP), il reste solitaire des clauses de la convention d'établissement signé le 20 Mars 1998 entre le Gouvernement du Cameroun qu'il représente et le Consortium pétrolier. Toutefois, il ne saurait agir en faveur et au détriment de ses populations qui demandent le maintien du pont. Pour le CPSP, le gouvernement du Cameroun veut répondre aux besoins légitimes et clairement exprimées des populations. Ce qui va nécessairement entraîner un ajustement de ses engagements vis-à-vis du PGE.
Bien que COTCO soit favorable au démantèlement du pont sur le LOM, il n'en demeure pas moins que sa position n'est pas tranchée. COTCO serait prêt à (faire) maintenir ce pont si et seulement si trois conditions jugées par lui très importantes sont satisfaites :
1– Le gouvernement et les bailleurs de fonds (entendu le groupe de la Banque Mondiale) doivent s'accorder que nonobstant les dispositions du Plan de Gestion Environnemental (PGE), le pont peut demeurer permanent.
2 – Le gouvernement du Cameroun doit dédouaner COTCO et l'épargner de toute responsabilité future en cas d'éventuels incidents causés par le pont sur les populations, l'environnement et leurs biens (propriétés).
3- Un accord commercial et financier parfait doit être signé pour transférer la propriété du pont du projet à la République du Cameroun.
… Avec une mise en demeure
Evoquant toues ces conditions, COTCO a rappelé au CPSP en date du 31 Juillet 2002 que le propriétaire du pont, Wilbros Spie J.V entend démonter le pont au mois d'Octobre 2002. Par conséquent, le Gouvernement du Cameroun aurait donc jusqu'au 1er Septembre 2002 pour faire connaître sa position au sujet du pont et au regard des conditionnalités sus-énoncées.
Véritable mise en demeure qui oblige une intervention rapide et efficace sinon les populations vivront la triste expérience de leur abandon à eux-mêmes.
La société civile laissera-t-elle passer cette
injustice ???
Même si la balle semble beaucoup plus se trouver dans le camp du Gouvernement Camerounais, la voix de la Société Civile compte. Car elle a la possibilité, de concert avec les membres du Steering Committee du Groupe Indépendant de Suivi et d'autres ONG, de mobiliser ou de faire mobiliser l'opinion nationale et internationale autour de cette question cruciale pour le bien être des populations
[1] ONG responsable du volet communication (banque de données, analyse des données et diffusion des informations)
[2] PGE, Tchad et Cameroun, Volume 1, Aspect du domaine socio-économique n°1
[3] PGE, Cameroun Volume 1, Annexe D
[4] PGE, Cameroun, Volume 4
[5] ONG en charge du suivi indépendant pour la province du centre
[6] ONG responsable du suivi indépendant dans le Sud
[7] ONG responsable du suivi dans le Nord et l'Est