Chapitre 3

 

LES NOUVEAUX DÉFIS

 

Vingt ans après les conclusions de la Commission MacBride, l’UNESCO atteste dans son « rapport mondial sur la communication » que le monde a connu de profondes mutations d’ordre politique, économique et technologique qui ont généré de nouvelles géographies, de nouvelles cultures et de nouveaux marchés. Comme nous l’avons fait pour une autre époque dans le chapitre précédent, nous analyserons les nouveaux défis de la fin du XXe siècle à partir du constat qu’en fait l’UNESCO. En effet, bien que l’UNESCO soit un acteur à part entière de la vie internationale, elle n’en demeure pas moins à l’origine de la notion de régime du nouvel ordre mondial.

 

1. Les bouleversements de l’ordre international

 

Sur le plan géopolitique, l’UNESCO constate que le monde est devenu hybride, à la fois libéré et difficile à saisir. En effet, l’UNESCO affirme que la chute du mur de Berlin en 1989 et l’effondrement des Etats communistes d’Europe ont eu un grand impact sur les opinions publiques mondiales, amplifié par des images qui ont fait le tour du monde grâce aux satellites. L’UNESCO rapporte qu’au même moment, la radio, la télévision et les autres médias ont fait vivre en direct la naissance de nouvelles démocraties tant dans les pays d’Europe centrale que dans d’autres régions du monde. L’UNESCO défend l’idée selon laquelle de nouvelles sociétés apparaissent moins conflictuelles et plus dynamiques, fondées sur plus de participation et de démocratie même s’il persiste un peu partout des atteintes aux droits fondamentaux de l’homme et en particulier à la libre expression. L’UNESCO conclut que les rivalités idéologiques laissent place à plus d’interdépendances économiques et d’interactions culturelles qui rendent floues, sinon caduques les anciennes divisions du monde.

 

Selon P. Braillard et M.R. Djalili , l’effondrement des régimes communistes en Europe et la dissolution de l’Union soviétique ont mis un terme à la structure bipolaire du système international et ont ouvert la voie à une nouvelle configuration des rapports internationaux, caractérisée par la domination des Etats-Unis en tant que seule superpuissance. P. Braillard et M.R. Djalili affirment que si le rôle américain dans la conduite de la Guerre du Golfe a donné l’impression qu’un nouvel ordre mondial était en train d’émerger sous l’égide des Etats-Unis et de sa puissance militaire, il n’en demeure pas moins que cette guerre a démontré que les Etats-Unis n’étaient pas en mesure d’assumer à eux seuls le poids économique du rôle qu’ils cherchaient à jouer dans le monde. P. Braillard et M.R. Djalili en concluent qu’aujourd’hui, force est de constater qu’en lieu et place de l’ordre annoncé, on est en présence d’un système international décomposé sans qu’il n’y ait émergence d’une structure claire. Le monde serait dès lors entré dans une ère d’incertitude et d’instabilité.

 

Dans son ouvrage au titre évocateur, Géopolitique du chaos, I. Ramonet affirme que nous vivons en cette fin de siècle, une période de ruptures, de cassures, de recomposition générale des forces géostratégiques, des formes sociales, des acteurs économiques et des repères culturels : « Partout alarme et désarroi succèdent à la grande espérance d’un nouvel ordre mondial. Celui-ci, on le sait à présent, est mort-né. Et nos sociétés, comme lors de précédentes époques de transition, se demandent si elles ne s’acheminent pas vers le chaos ».

 

Selon I. Ramonet , la fin du deuxième millénaire est marquée par l’incertitude. En effet, I. Ramonet affirme que durant des décennies, l’Occident a souhaité l’effondrement des régimes communistes à l’Est et la destruction de l’Union soviétique. Une fois ces objectifs atteints, l’atmosphère aurait dû être à l’euphorie et au triomphe. Néanmoins, I. Ramonet constate que cette victoire tant attendue a même fini par inquiéter l’Occident dans la mesure où nul ne semble pouvoir identifier le principe fondateur de l’ère post-communiste. I. Ramonet défend l’idée selon laquelle « dans ce nouveau contexte géopolitique, une notion fondamentale paraît sérieusement brouillée : celle de l’adversaire, de la menace et du danger. Ce concept a vu sa signification s’altérer sans que l’on sache désormais qui il désigne exactement. Qui est l’ennemi ? Quel est le péril dominant ? Qui en est le vecteur ? Ces questions auxquelles l’Occident a, pendant soixante-dix ans, toujours répondu « le communisme » ou « l’URSS » restent désormais sans réponse claire ».

 

Si l’Europe occidentale constitue avec l’Amérique du Nord et la zone Asie-Pacifique, une triade de puissances où se concentrent la plus grande aisance financière, les principaux conglomérats industriels et l’essentiel de l’innovation technologique, I. Ramonet affirme que « l’idée se répand, surtout après l’échec de l’économie planifiée en URSS, qu’il n’y a, de par le monde, qu’une façon et une seule (néo-libérale) de conduire les affaires économiques d’un pays ; et que toutes les économies sont désormais enchaînées et interdépendantes ».

 

Si ces bouleversements géopolitiques ont modifié les relations entre pays du Nord, l’UNESCO affirme qu’au Sud, de nombreux pays passent d’un Tiers monde uniforme et pauvre à un Sud plus différencié. En effet, l’UNESCO défend l’idée selon laquelle la traditionnelle distinction entre pays industrialisés et pays en voie de développement apparaît de plus en plus nuancée. Si de nombreux pays tant en Asie, qu’en Amérique latine, ou en Europe centrale et orientale réussissent des percées économiques, l’UNESCO précise que ces nouvelles opportunités de croissance ne peuvent masquer les inégalités économiques majeures, tant entre les pays industrialisés et ceux en développement qu’à l’intérieur même des pays qui bénéficient de la croissance.

 

2. Le progrès technique

 

Définissant la technique comme un ensemble de moyens mis en œuvre par l’homme pour maîtriser la nature, M. Merle affirme que l’évolution de l’histoire a été scandée par une série d’innovations techniques qui ont mené a deux mouvements contradictoires à savoir, d’une part la tendance à l’uniformisation de la condition humaine et d’autre part la discrimination croissante entre ce qu’il appelle les « bénéficiaires » et les « laissés-pour-compte » du progrès.

 

Sur le plan de la communication, l’UNESCO constate que le monde est devenu plus complexe dans la mesure où une multitude de problèmes d’ordre technologique, politique, culturel, économique et réglementaire sont en relation. En effet, l’UNESCO affirme que l’analyse de ces problèmes est d’autant plus difficile que l’intégration des nouvelles technologies de l’information et de la communication en réseaux interconnectés et unifiés modifie les conditions et les moyens de production, les formes de distribution ainsi que les modes de consommation et de fonctionnement de la société. Néanmoins, l’UNESCO défend l’idée selon laquelle les nouvelles technologies de l’information et de la communication symbolisent une nouvelle civilisation basée sur l’information et le savoir en même temps qu’une nouvelle phase de développement économique, social et culturel.

 

L’UNESCO rapporte que plusieurs auteurs et chercheurs s’entendent pour affirmer qu’un nouvel âge de l’information succéderait à l’ère industrielle. Cette idée que l’Occident aurait vécu trois grandes civilisations a été développée par de nombreux auteurs tels que A. Toffler, P. Drucker, R. Debray, J. de Rosnay ou encore M. McLuhan. Si les concepts utilisés pour désigner les trois passages de l’évolution sont différents, chaque phase décrite génère en revanche le même type de production : agraire, industrielle et information. En accord avec ces auteurs et chercheurs, l’UNESCO défend l’idée selon laquelle nous serions passés d’une société industrielle à une société de l’information et des nouvelles technologies : « Dans cette phase de mouvements et d’initiatives, le savoir et la connaissance deviennent des vecteurs déterminants de la nouvelle économie dite à « valeur ajoutée ». Les réseaux mondiaux ne se limitent plus à acheminer des informations, mais génèrent de nouvelles connaissances qui interviennent dans la transformation des produits. C’est dire l’importance des ressources immatérielles comme les logiciels, les applications, les programmes et les services, qui deviennent les nouvelles matières premières et les véritables richesses de la société du savoir. Dès lors, la hiérarchie des valeurs économiques, politiques et culturelles se trouve ébranlée. Le monde de la communication passe progressivement d’une économie de rationnement et de contrôle organisé par les Etats à une économie libérale tournée vers l’abondance de l’offre et la pluralité. Cette évolution accélère la fin des monopoles dans le transport et la distribution de l’information, tant dans le domaine des télécommunications que dans le domaine audiovisuel ».

 

Plus directement liée encore à la déstructuration et à la restructuration des relations, M. Merle défend l’idée selon laquelle la révolution des communications est un domaine dans lequel les prouesses techniques exercent des effets encore plus drastiques : « Celles-ci [les communications] sont désormais affranchies des servitudes qui pèsent encore sur les transports. Grâce à la propagation instantanée des ondes, le monde est maintenant couvert par un réseau qui abolit les obstacles immémoriaux du temps et de la distance entre les communicateurs (téléphone, fax, radio, télévision). Les éléments de ces réseaux peuvent être regroupés en faisceaux dotés de propriétés nouvelles, comme les fameuses « autoroutes de l’information » qui permettront à de multiples usagers de communiquer simultanément entre eux, visuellement et oralement, d’accéder à des bandes de données situées en n’importe quel point du globe, mais aussi d’engager dialogue et discussion sans quitter l’écran de son ordinateur ».

 

I. Ramonet constate que l’écart technologique est non seulement une donnée majeure de notre temps mais un révélateur d’une mutation de grande envergure : « l’accélération de la dynamique capitaliste, dopée par la révolution informatique qui innerve désormais les réseaux du pouvoir, de l’économie et de la culture, a fait vieillir tous les modèles. A l’Ouest, elle a provoqué une douloureuse reconversion industrielle au début des années quatre-vingt et le désarmement idéologique de la social-démocratie. A l’Est, elle a ruiné le modèle d’économie planifiée et entraîné, indirectement, l’effondrement du communisme. Au sud, elle produit un décrochage brutal qui laisse les tiers-mondes comme figés, paralysés par leur propre retard relatif. Partout cette accélération aggrave la perversion majeure du néo-libéralisme : sa formidable aptitude à produire des inégalités ».

 

3. La mondialisation de la communication

 

Selon E. Glaser , la mondialisation, ou la globalisation si l’on préfère le terme américain, est parfois présentée comme la figure du monde de l’après-guerre froide. En effet, E. Glaser affirme que des études menées au début des années quatre-vingt sur l’évolution des entreprises ont d’abord donné de la mondialisation une image essentiellement économique pour devenir progressivement, au milieu des années nonante, un modèle global couvrant tous les champs de l’activité internationale. E. Glaser défend l’idée selon laquelle « le terme recouvre des réalités tellement multiformes et imprécises qu’il en devient difficile à cerner et qu’on lui prête facilement des vertus explicatives qu’il n’a pas toujours (…) La mondialisation est tantôt vécue comme la source de tous les maux des sociétés contemporaines, notamment dans les pays développés, tantôt utilisée comme l’alibi parfait de l’impuissance des gouvernements, tantôt au contraire idéalisée, quand elle ne devient pas une véritable idéologie. Pour certains, elle est une donnée incontestable et inévitable, ou voulue et souhaitable, mais à laquelle il faut de toute façon s’adapter pour ne pas disparaître ; pour d’autres, elle est un danger qu’il faut combattre parce qu’elle accroît les inégalités entre les pays riches et les pays pauvres comme au sein de ces pays ».

 

Z. Laïdi définit la mondialisation « comme la concordance de cinq grandes mutations prenant place à peu près au même moment et accentuant ainsi l’interpénétration économique, sociale et culturelle des sociétés ». En effet, Z. Laïdi affirme que dans ce que l’on appelle communément la mondialisation, il y a en fait cinq mondialisations qui sont à l’œuvre depuis le milieu des années quatre-vingt :

 

La mondialisation des marchés, qui nous fait basculer de la compétition entre économies à la compétition entre sociétés ;

La mondialisation de la communication, qui à travers la révolution de l’information, crée des conditions inédites de communication sociale ;

 

La mondialisation culturelle, qui à travers l’irruption des sociétés civiles, accroît considérablement le nombre d’acteurs dans le jeu mondial ;

 

La mondialisation idéologique, marquée par la radicalisation du libéralisme et de ses prétentions ;

La mondialisation politique, qui se traduit par la fin de la rente séculaire de l’Occident sur le reste du monde.

 

I. Ramonet défend l’idée selon laquelle la révolution de l’informatique et de la communication ont entraîné l’explosion des marchés financiers et des réseaux d’information : « La transmission de données à la vitesse de la lumière (300.000 kilomètres par seconde) ; la numérisation des textes, des images et des sons ; le recours, devenu banal, aux satellites de télécommunications ; la révolution de la téléphonie ; la généralisation de l’informatique dans la plupart des secteurs de la production et des services ; la miniaturisation des ordinateurs et leur mise en réseau sur Internet à l’échelle planétaire ont, peu à peu, chambardé l’ordre du monde ».

 

En tant que processus qui se caractérise depuis quelques années par le développement spectaculaire des technologies de l’information et de la mise en place de réseaux planétaires, l’UNESCO définit la mondialisation de la communication comme « le symbole du triomphe mondial de l’économie de marché et de la libéralisation du commerce international ». En effet, l’UNESCO affirme que les Etats sont collectivement confrontés au défi de la mondialisation et de l’ouverture internationale rendues possibles grâce à la généralisation des satellites et des autres réseaux mondiaux. L’UNESCO défend l’idée selon laquelle ce phénomène sans précédent accélère l’effacement des frontières politiques et favorise l’émergence progressive de nouveaux droits, reconnus par les Etats aux citoyens et liés à l’exercice des technologies de l’information.

 

Soulignant que de nombreux pays en développement saisissent les opportunités de la mondialisation pour apparaître comme des acteurs à part entière sur le marché mondial de la communication, l’UNESCO constate que certains pays en développement engagent une politique d’innovation en matière de communication audiovisuelle tandis que d’autres investissent dans l’industrie du logiciel et accèdent aux services à valeur ajoutée. Dans l’ensemble de ces pays, l’UNESCO rapporte que les nouvelles technologies de l’information et de la communication apparaissent comme une des priorités du développement économique.

 

Néanmoins, la problématique de l’accès aux réseaux et à leurs contenus reste une priorité pour l’UNESCO : « l’avènement d’une société fondée sur le savoir ne peut être envisagé sans la mise en place de conditions permettant un accès universel aux produits et services à vocation culturelle ou commerciale diffusés sur les réseaux (…) Grâce à l’accélération de l’innovation technologique, aux enjeux industriels et à la concurrence, les nouvelles technologies et les infrastructures de réseaux vont devenir moins coûteuses que les prix des contenus et plus accessibles au plus grand nombre. En revanche, l’accès à l’information diffusée par ces infrastructures sera beaucoup plus complexe, voire problématique. Le coût des services pourrait constituer un frein important et provoquer une rupture entre ceux qui ont les moyens de financer l’accès aux contenus et ceux qui ne pourront ni accéder à l’information, ni la diffuser. Dès lors se posent les questions de l’usage des nouvelles technologies de l’information et de la communication, et de l’accès à leur contenu. Comment favoriser un large accès aux personnes, aux entreprises et aux pays peu nantis financièrement et faire partager dans le même temps les avantages de la société du savoir ? (…) Le débat que suscite ces interrogations montre combien le savoir est devenu une ressource précieuse et coûteuse. Il montre également combien il est important pour les pouvoirs publics de mettre en place un cadre réglementaire qui, d’une part garantisse un libre accès à l’information dans sa diversité et, d’autre part, favorise la libre concurrence et le pluralisme dans un environnement économique équilibré ».

 

A. Mattelart rapporte que, sur base d’extrapolations des leçons de la Guerre du Vietnam - la première à se dérouler en direct télévisuel -, M. McLuhan imagine déjà en 1969 que le monde ne serait plus qu’une sorte de « village global ». En effet, selon McLuhan « non seulement l’ubiquité et la transparence cathodiques vont rendre les guerres plus difficiles, mais elles vont propulser les pays non encore industrialisés vers le progrès. L’impératif technologique commande désormais le réaménagement politique de la planète ».

 

Contemporain de M. McLuhan, A. Mattelart constate que « Z. Brzezinski voit quant à lui dans l’avènement de la révolution technétronique, fruit de la convergence technologique, la consécration de la superpuissance américaine comme « première société globale de l’histoire ». Globale parce qu’elle est celle qui communique le plus et la seule a avoir réussi à rendre universels sa façon de vivre, ses techniques, ses productions culturelles, ses modes et ses modèles d’organisation. Selon lui, il n’y a pas lieu de parler d’impérialisme puisqu’elle est la seule à avoir réussi à proposer aux autres peuples un « modèle global de modernité », des schémas de comportements et de valeurs qui fixent la norme partout sur la planète. La vieille diplomatie de la canonnière est désormais à ranger au magasin des accessoires, l’avenir est à la diplomatie des réseaux». 

 

Conclusion

 

Soulignant le fait que la vie internationale ne saurait se réduire à l’un ou l’autre paradigme et que nous aurions pu aborder la problématique du déséquilibre Nord-Sud de l’accès à l’information sous l’angle de l’impérialisme, nous pensons que le paradigme de l’interdépendance et de la coopération présente l’avantage d’élargir le cadre des relations internationales par sa prise en considération d’acteurs non-étatiques. Centrée sur la question transnationale et sur le rapport entre le système et ses acteurs, la problématique des réseaux semble pertinente dans la mesure où elle prolonge et actualise les premières théories transnationales. Néanmoins, force est de constater que, contrairement à la sociologie, les relations internationales contemporaines ne connaissent que peu de théoriciens de ce que l’on pourrait appeler « la diplomatie des réseaux ».

 

Acteur à part entière de la vie internationale à l’origine de la notion de régime du nouvel ordre mondial, nous ne saurions assez insister sur l’importance du rôle joué par la Commission MacBride, qui une fois mise en place par l’UNESCO, a énoncé les principes d’un nouvel ordre mondial de l’information et de la communication en tenant compte des préoccupations des pays du Tiers monde et donc en parfaite inéquation avec la doctrine néo-libérale américaine du « free flow of information ».

 

Enfin, l’UNESCO a fait l’objet d’une large fresque dans la mesure où nous pensons pouvoir affirmer que celle-ci nous éclaire sur les enjeux de demain. Si les nouvelles technologies d’information et de communication sont, à priori, l’occasion d’un rééquilibrage des flux d’information entre les pays du Nord et ceux du Sud, il n’en demeure pas moins que les questions de l’accès aux infrastructures physiques, aux contenus et aux mécanismes de production de l’information restent les préoccupations de la société de l’information dans laquelle nous entrons.